
Après l’orage, nous disaient-ils, surviendra le beau temps. Il a tellement plu sur nos mémoires, sur nos réalités que l’érosion a emporté sur son sillage les plus prometteurs des arbustes, les autres à force d’être élagués en sont réduits à mourir ou du mieux à nous rappeler qu’ils furent un jour hauts et beaux, ne nous laissant qu’un vague souvenir de leurs frondaisons . Ni étant ni néant, nous nous débattons entre l’oubli et la mémoire. Ils disent aujourd’hui que l’histoire décidera, que les historiens se prononceront alors que nous n’en sommes qu’aux premiers balbultiements apprenant à peine à déchiffrer, difficilement, ces bribes d’histoires rebelles qui refusent d’obtempérer et d’être ensevelies par l’oubli. Comme à chaque fois, nos aspirations, notre volonté d’apprendre sont remises aux calendes zinzbabéries, comme dirait mon ami Rachid, celles du temps figé. Ils nous ont promis et ont même inscrit que la liberté d’opinion, que le droit de se réunir étaient garantis et tout de suite ont précisé qu’il nous faudra apprendre à nous exprimer dans les limites permises, que nous ne saurions être tous égaux. Souvenez-vous que nous sommes tous égaux, mais que certains naissent plus égaux que d’autres et comme à chaque fois se trouveront sur le chemin bien des voix pour nous le rappeler. Ils crient au viol, à la traîtise à chaque fois qu’une voix s’élève, qu’une question est posée, qu’un pan est levé. Ils continuent à masquer l’horizon, à semer des grains de sable dans l’engrenage. Ils continuent de museler tout ce qui n’est pas conforme à leur réalité, alors que la nôtre lacère les voiles opaques de l’embellie de par nos visages défaits, notre rage au coeur, les cerceuils vides, les noyés, les laissés pour compte, la liste est longue et nos innombrables visages si anonymes. Ils nous ont promis l’ère du verseau et ressortent celle du marteau. Et sonne l’hourvari! Wrong to love. Yes indeed, nous voilà presque condamnés à taire notre amour. Il est désormais interdit, comme par le passé, d’aimer et de crier cet amour pour la terre et ceux qui l’habitent. Telle une portée disparate nous voilà encore les uns contre les autres, affamés contre repus et ces derniers parlent d’une voix plus tonitruante. Voilà donc nos paroles étrangères, voire belligérantes pour certains. Elles nous sont confisquées. Nos traversées seront-elles toujours tissées de chimères? Semblables à des funambules, nous errons sur de drôles d’hauteurs avec pour seul vertige cet attrait de la terre. Tels les derniers survivants, on nous dit de dormir en paix. Encore et toujours, dormez, dormez, nous veillons au grain, vous êtes un peuple mineur, incapables de comprendre, incapables de vous prendre en main. Sujets d’une période féodale qui ne perdure que pour vous protéger de vous-mêmes. Dormez, dormez. Et aussitôt qu’une voix déchire la toile, ils disposent de leurs lois, de leurs jouets. Et revient à nouveau le big control. Big brother is not dead, he was only taking a nap. Combien de redditions aurons-nous encore à signer? Et toi, mère, terre,pendant encore combien de temps verras-tu ton ventre meurtri revivre des accouchements à rebours à chaque fois qu’un des tes enfants aura parlé, aura osé. Demain, le soleil brillera toujours, demain, demain… alors que nous aspirons tant à vivre, à conjuguer sur un autre mode que celui des silences et résignations. 
Instantanés
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Siacará
Au début, il fallait comprendre et si on avait la tête dure il se trouvait toujours unE volontaire pour faire avaler les préceptes. Puis, il y eut la déshumanisation, histoire de briser l’individualité. C’était sans prendre en compte son expression préférée, Siacará qu’elle répétait sans cesse. C’était devenu sa muraille, sa forteresse, sa protection. Tout comme le souvenir du vieux fou havanais sur le Malecón. Tout comme Mercedes qui survivait dans cet ancien immeuble colonial. Tout comme Kenia nommée ainsi parce que son père avait fait la guerre d’Angola. Sans oublier Belkis parce que son père aussi avait soigné des Africains. Elle en oubliait les discours du chef ou le visage du saint immortalisé lors des funérailles des victimes de l’explosion de La Coubre. Quelque part, elle en venait à confondre les noms et les époques, les professions et les origines. Elle n’était certaine que d’une chose, le batey lui rappelait encore aujourd’hui que l’esclavagisme était toujours de mise.
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Pause musique, pause beauté
De ces soirées enivrantes, où tout semble sorti d’un conte féérique. Il suffit de si peu pour embellir le quotidien. Un sourire, un merveilleux crépuscule, une mélodie et une voix envoûtante et me voilà dans une bulle. C’est beau cette sensation de planer tout en observant son univers. Non, Loula n’abuse jamais de substances illicites
, je me laisse juste aller. La brise devient caresse et, ma foi, je ne suis pas le genre à dire non aux sensations fortes surtout quand elles sont aussi belles que celles que nées après avoir écouté cette belle chanson de Cameleon (Algérie)
Après tout, n’est-ce pas beau d’être encore capable de s’émerveiller de tout et de rien, d’avoir les larmes aux yeux d’émotion, de remercier la vie pour les moments qu’elle nous offre. Cette chanson a la particularité d’avoir de belles paroles, un chanteur avec une belle voix et une mélodie entraînante. Comme dirait Larbi, je suis hbila
et en plus je deviens économe du verbe
Merci à Akli qui m’a fait découvrir cette merveilleuse chanson et viva la Darija!
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A Picture for Marrakech/Une photo pour Marrakech
Une belle initiative vous invitant à témoigner de votre solidarité avec les habitants de Marrakech suite à l’attentat du 27 avril 2011. Merci de visiter I Love Marrakech

Publié dans Le pays des ancêtres, Maroc | Tags:I Love Marrakech, J'aime Marrakech, Maroc, Marrakech
Attends-la
Avec la coupe sertie d’azur,
Attends-la
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir,
Attends-la
Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,
Attends-la
Avec le bon goût du prince raffiné et beau,
Attends-la
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Attends-la
Avec le feu de l’encens féminin omniprésent,
Attends-la
Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux,
Attends-la
Et ne t’impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,
Attends-la
Et si elle arrivait, avant,
Attends-la
Et n’effraye pas l’oiseau posé sur ses nattes,
Et attends-la
Qu’elle prenne place, apaisée, comme le jardin à sa pleine floraison,
Et attends-la
Qu’elle respire cet air étranger à son cœur,
Et attends-la
Qu’elle soulève sa robe qu’apparaissent ses jambes, nuage après nuage,
Et attends-la
Et mène-la à une fenêtre qu’elle voit une lune noyée dans le lait,
Et attends-la
Et offre-lui l’eau avant le vin et
Ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine,
Et attends-la
Et comme si tu la délestais du fardeau de la rosée,
Effleure doucement sa main lorsque
Tu poseras la coupe sur le marbre,
Et attends-la
Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce que vous réserve un lendemain,
Et attends-la
Et polis sa nuit, bague après bague,
Et attends-la
Jusqu’à ce que la nuit te dise :
Il ne reste plus que vous deux au monde.
Alors porte-la avec douceur vers ta mort désirée
Et attends-la!…
(Mahmoud Darwich, La terre nous est étroite et autres poèmes)
NRF, Poésie/Gallimard Traduit de l’Arabe par : Elias Sandar
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J’ai lu, j’ai entendu et j’appuie les jeunes du 20 février
Revenir sous cette tente en pareilles circonstances est, ma foi, hasardeux. Mais qu’à cela ne tienne! J’ai lu de tout et je crois que je suis confiante de dire que la marche du 20 février sera un succès. J’ai lu les insultes qui avec le temps sont devenues des avertissements ou des appels à la vigilance. Ce que j’en retiens? Pas grand chose, à chacun sa conscience et ses scrupules. Je ne sais juste qu’une chose, personne ne peut ni n’a le droit de stigmatiser son pair avec de viles insultes. Je vous souhaite une belle marche, je serai collée à mon écran. Je vous lirai sur Twitter ou Facebook. Bref, comme beaucoup, je vous soutiens!
Pourquoi? Parce vos revendications sont l’écho de celles formulées il y a bientôt 56 ans. Parce qu’il est temps tout simplement. Je ne suis pas une politique et encore moins une faiseuse de mots, mais c’est là mon appui.
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Ben Barka, l’équation marocaine
Soyez le bienvenu mon cher automne
L’automne s’est installé et l’air est de plus en plus frais. Les dernières fleurs sont chose du passé. Les feuillus si éclatants de leur vraies couleurs seront bientôt des squelettes figés que seul le vent fera frémir. Puis, la première neige les drapera d’une majestuosité éphémère avant que le soleil ne les dénude à nouveau. Et l’hiver viendra s’installer pour quelques mois. Et je me remettrai à espérer le printemps, à m’émerveiller à l’apparition des premiers bourgeons.
Que voulez-vous, je suis impatiente et j’ai beau essayer de me soigner, rien n’y fait. Il faut bien des automnes et des hivers pour que reviennent les printemps et les étés. J’ai toujours besoin de me fixer un but pour continuer. J’échaffaude des plans pour le plaisir de me maintenir dans l’expectative. Je suis mal faite, je suis une inguérissable optimiste. Cela fait plus d’un mois que je compte les jours qui me séparent du prochain voyage. Je sais qu’à mon retour, je rêverai de repartir ailleurs avec toute ma petite famille. Et je me prends à imaginer un autre lieu où nous vivrions avant qu’ils ne prennent le chemin de l’université. Je ne sais pas pourquoi, mais je rêve d’ailleurs. Besoin de dépaysement constant. Envie d’admirer d’autres paysages, de rencontrer d’autres personnes, d’apprendre une autre langue. Bref, je veux du changement. Au fait, comment nomme-t’on des expatriés rêvant d’ailleurs?
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Parce que
Dans la vie, on se raconte tellement de conneries. Parce que tu es mon rocher et plus encore. Ah, j’ai oublié, man, I am so lucky to have you by my side. Je ne crois en aucun gourou du net et encore moins en Le Mythe
)
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Babor Ghraq de Slimane Ben Aissa
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L’île suspendue

Samedi la course, toujours la course. Echevelée, paniquée, je poursuis mon sprint. Plus loin, on crie:
-Des pulsions corticales et une certaine ondulation (accidentelle).
-Le temps s’étire qu’il pousse de lianes dans le sous-sol.
-La ballerine sur échasses joue de l’accordéon pendant que sur la piste les banquiers entament le dernier tango.
-Moi je vous dis, les corridas c’est vachement mieux. Des humains volants, c’est bien mieux que les taureaux de gradins. Et viva Pampelune! Accours, Ernest, accours! Le spectacle est ben mieux vu d’ici.
-Regardez-la courir!
-On dit d’elle qu’elle est militante du Front des sans retour, des sans visages.
-Oh Non! Pas le Front des sans visages, fermons portes et fenêtres!
- Barricadons la ville, l’anarchie va bientôt gagner notre île suspendue!
-Lançons appel aux champions de la ratiocination!
Poursuivant mon sprint tel un springbock…. évitant les sharpnell, je parviens à atteindre le fromager majestueux. Nimba m’apparaît . Là, défilent sous mes yeux hagards et fatigués caosars, nandous, colibris à poitrail rubis. La liste est longue, mais la course n’est pas finie. Je compose le 911.
-911, how may I help you?
-J’ai des visions!
-Avez-vous pris des substances illicites?
-Des quoi?
-Marijuana?
Choeur: uana uana
-Non pas du tout
-Mescaline?
-Je vous dis que j’ai des visions!
-Sorry, try the psychic network.
De l’autre côte du mur, les abeilles s’affairent. Les antilopes se refont une beauté avant d’aller rejoindre le reste des sprinteuses. Tout compte fait, je vais abandonner, courir pour courir autant vivre pour autre chose. Les chimères, toujours les chimères. Les mirages et les oasis desertées. Ne reste que l’azur du ciel qui ne sera jamais que celui de mes souvenirs.
Courir pour courir, autant apprendre à déployer ses ailes. Vu de haut, le monde pourrait être plus beau. Tout compte fait, autant reprendre la palette de couleurs et placarder les murs de la cité de couleurs chaudes et chatoyantes. Je pose mes mains sur les murs cimentés, de mes doigts déformés coule l’arc-en-ciel de la vie. Rose crépusculaire, orange brûlé, mauve du delta. Dansent les couleurs pour inscrire sur l’immobilité le cri de la vie.
Jason Mraz, I Am Yours
Publié dans Exils, Mes errances, Palabras
Exercice : Lettre de rupture
Il se trouve que plusieurs personnes se retrouvent sous la tente en recherchant comment annoncer une rupture. Devant le succès de cette recherche
et n’étant absolument pas inspirée ni pas le scandale des alliances entre partis politiques au Québec et la Mafia , ni par la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 ou par quelque autre sujet, je reposte ce billet qui semble attirer bien des âmes sous la tente. Excellent début de semaine à vous nobles passantes et passants. Cependant, une pensée toute particulière à feu Fadi, blogueur mort il y a quelques années et qui a commis le premier commentaire. Tes mots me manquent, Fadi. Sois bien là où tu es.
Je n’ai jamais eu à écrire une lettre de rupture. Lorsqu’on quitte quelqu’un faut pas lui tomber dessus, c’est absolument malsain.
Donc, comme je ne sais pas quoi reprocher au mâle et que Najlae parlait d’une lettre de rupture, germa en moi une idée. Pourquoi ne pas s’amuser à écrire des lettres de rupture drôles puisque fictives. Je me suis inspirée de textes d’un petit bouquin intitulé Un jour, tu me remercieras (Louise Leblanc et Alain Paucard, chez Stanké).
Bon, bein, à vos claviers, rigolons un peu et sortons donc le méchant qui semble déprimer une partie de la blogoma. Il y a trois types de lettre (J’ai du en ajouter deux autres afin de ne pas recevoir de tomates, c’est dire combien je dorlote les visiteurs:-))
****
Amour,
Vu que je ne fais pas le ménage souvent et que tu me le reproches tout le temps. J’ai décidé de m’y appliquer et de te faire plaisir. Que ne ferais-je pour mon mâle! J’ai épousseté, passé l’aspirateur, j’ai ciré les meubles, arrosé les plantes. Puis, j’ai frotté le plancher de la cuisine. Tu avais raison la maison avait besoin d’un grand coup de ménage. Pendant que je frottais ce maudit plancher, je me suis mise à penser à notre rencontre. Comme le temps passe vite, il me semblait que c’était il y à peine deux mois. Mais attends, cela ne fait que deux mois que nous vivons ensemble. Le coup de foudre total. Ah les premiers repas, le premier et dernier mot doux.
Tu avais raison, il me fallait mettre de l’ordre dans mes idées et rien de mieux que le ménage pour nous aider à voir clair.
J’en suis arrivée à comptabiliser notre vie et cela est indigne (je t’entends me le dire encore une fois). Tu sais que je n’ai jamais osé noter tes prouesses malgré ton insistance, mais je le fais de bon cœur aujourd’hui.
Ton sens de l’humour 0/20
Ta sensibilité culturelle 0/20
Ta vie culturelle 4/20
Contribution financière 3/20
Contribution au ménage 0/20
Personnalité 8/20
Tu noteras que je ne cite point tes prouesses sexuelles, ce serait trop indigne et tu risquerais d’oublier ce mot qu’une autre pourrait lire ce qui porterait ombrage à ta réputation d’homme viril.
Voilà, j’ai fait le ménage comme tu le demandais.
Avec mes meilleurs souvenirs,
Ta disciple
****
Serai-je un jour capable de reboire à tes lèvres, figues douces et raisins ruisselants. Serai-je en mesure d’oublier l’étreinte lascive que tes mots tracent sur mon être. Effacer le souvenir de ton regard ombragé, et plonger dans ton univers aux fleuves tourmentés. Redeviendrai-je le navire de la dernière traversée, quitterons-nous les méandres de ce labyrinthe dans lequel nous nous sommes égarés. Reverrons-nous la première éclosion des roses du sud et sentirons-nous leur parfum inonder la plaine, Retrouverons-nous les opuntias de l’amour contre lesquels nous aimions tant nous lover. Ne sommes-nous plus qu’un minuscule point à l’horizon.
***
Enfin la troisième n’est pas de moi, mais d’Alain Paucard coauteur du livre cité plus haut:
Gina
Tu me remercies de mon envoi, mais tu m’en demandes le pourquoi. Si je t’ai adressé ce roman de Moravia, c’est bien sûr à dessein, pour que tu y voies une comparaison à nos relations. Le titre déjà, L’Ennui, aurait dû te mettre la puce à l’oreille.
Il me semble que le début du chapitre III, puis la suite, résument assez ce que je t’aurais dit si j’en avais eu le courage et le talent.
Lis donc consciencieusement L’Ennui, ou relis en imaginant le narrateur sous mes traits.
Si vraiment tu ne saisis pas l’allusion, alors, je me verrai contraint de t’annoncer une très désagéable nouvelle. Roger
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Mon l’Un, mon l’Autre

Nu, Zoubir Najib
Couchée à même l’herbe, je laisse les saisons reprendre le dessus sur l’argile que je suis. Je me défais de tout et le laisse, lui, me submerger de la mémoire commune. Il est si attendrissant dans son hésitation que je délaisse subitement mes innombrables masques.
Je le rejoins. Lui, que je souhaiterais voir peindre sur mon canevas de nouveaux tons. Dans cet occident qui s’emplit subitement de sa présence, je sème des graines avides de la chaleur de son regard et du trémolo de sa voix. Je m’émerveille et imagine ses lèvres sur le sourire des gens. Les vents atlantiques charrient son chant qui s’allie à ma voix. De lui Autre de l’une que je suis à l’est, qui n’est que l’ouest d’un autre est, mes rêvent soudainement en débordent. Il me contera encore et encore la fable du scorpion et de la grenouille et me fera découvrir le secret des nuits et des matins originels. Ce soir, ses paroles sonneront pour chanter les nuits unifiées quelque soit leur durée dans le temps et l’espace. Les horloges s’arrêteront et à deux nous composeront ensemble une symphonie en regards. Le ciel descendra nous envelopper et l’oranger l’illuminera.
Nous logerons entre deux rives tout en retombant en enfance. Kane 7etta ma kane, il sera une fois et plusieurs fois. Il m’arrime. Je suis l’autre sans crainte, sans exigences, sans aucune promesse. Je m’expose consentante, à lui et à ses brasiers. Bientôt, peut-être, il résidera sous ma peau, coulera en moi. Il saura sans le moindre mot parcourir ma mémoire, mon ossature,
A la limite des autres, je l’invite tout en me projetant dans des passés aux replis incertains. Sur ses rives, je me défais de mes futurs imparfaits, de mes passés décomposés pour le laisser me conjuguer le temps d’un aveu. Ce soir, je rejoins le limon pour mieux le retrouver, lui mon l’Un, mon l’Autre.
Publié dans Histoires de femme
A la demande de Chakazoulou, Alain Souchon Le parachute doré
Publié dans La vie la vie | Tags:Alain Souchon, Chakazoulou, Crise financière, Parachute doré
Les canadiens éliront un nouveau gouvernement dans quelques heures

Source:Elections Canada
Mardi 14 octobre, nous irons aux urnes. J’ai surtout hâte d’arrêter de consulter les sondages à tout bout de champ. Hâte de déposer mon bulletin de vote, de manger et de m’installer devant la tv et d’aller de Radio-Canada à CBC. Dans mes rêves les plus fous, le le Parti conservateur est défait, Stephen Harper quitte la scène politique. Mais tout porte à croire qu’il formera un autre gouvernement minoritaire. Sauf, si.. Bein quoi je peux bien me permettre de rêver les yeux ouverts. Alors, votons stratégiquement et ne votons surtout pas pour Harper.
Publié dans Uncategorized | Tags:Canada, Elections 2008
3 semaines d’acrobaties
Source: Wikimedia pour les amateurs de MASH
Parfois, il nous arrive de nous regarder et de nous demander si nous parviendrons à survivre les horaires et les voyages. Notre crainte est de ne pas être présents pour les adorables monstres que sont nos deux ados. Demain, il repart vers la Louisiane pour ne revenir que samedi prochain. Puis, ce sera à mon tour de partir. A mon retour, il sera déjà en route vers Londres et Harbin. Fin novembre, un autre voyage vers Mar del Plata, gourde que je suis j’ignorais que c’était à 400 kms de Buenos Aires, que ferions-nous sans les cartes sur internet, je me le demande encore. Réserver le billet ou attendre? J’attends jusqu’à jeudi au cas où le ciel ne me tombe sur la tête. Que sera, sera .
Que serions-nous sans ces incessants voyages? J’avoue me le demander souvent. Mais bon, il faut surtout s’assurer que les enfants ne soient ni seuls, ni malheureux. Et avec les horaires qu’ils ont, faudra assurer et assumer. Lundi, musique jusqu’à 7.30pm pour Scorcese. Foot d’intérieur jusqu’à 8.30pm pour Mamoizelle. Mardi, chant et musique jusqu’à 8.00pm pour les deux. Mercredi 7.15am musique pour mamoizele, foot et refoot le soir, plus classe de vidéo pour Scorcese. Jeudi 7.30 musique pour Scorcese et même chose vendredi matin. De plus, il faudra composer avec la clarinette basse, le saxophone, le piano et la guitare et avoir patience tout en donnant des tonnes d’encouragements. Bien entendu, il y aura les imprévus du genre “Je dois aller travailler chez untel” ou encore “Est-ce qu’untel peut venir?” Faudra faire à manger, nettoyer, laver, s’assurer que les devoirs sont faits et aller travailler. Parce que nous ne pouvons pas seulement nous contenter d’être chauffeurs pour ces adorables monstres qui ne cessent de nous juger, de nous critiquer, de penser que nous sommes bien ignorants de la vie. Ah les joies de vivre avec des ados..
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Il y a des fois, mais il y a des fois ..
Mais comment passons-nous de l’enfance à l’âge adulte? Et devrait-on? Ai passé une sacrée journée. Le monde qui déboule dans mon bureau avec quelques jours de préavis et qui demande que j’accomplisse des miracles. La gourde que je suis ne sait jamais dire non. On annonce la première chute de neige demain soir. Super! Juste quand nous reviendrons du cours de chant et musique. Eh oui! Gourde, que je suis, je n’ai pas pris rendez-vous avant que les prévisions météorologiques me rappellent que l’hiver est à nos portes. C’est pourtant limpide. Mais, allez comprendre, moi, tant qu’il fait encore jour à 16 heures, c’est l’automne. Alors que je devrais lire le temps du genre: quand les feuilles tombent et que les arbres ne sont que des squelettes décharnés; c’est l’hiver qui s’en vient. Puis, il y a eu le tarla, la teigne, la colle. Bref, j’ai beau me culpabiliser d’avoir des pensées aussi basses, mais je ne peux pas lui trouver d’autres superlatifs. Lui, c’est un mec du genre bien à première vue et qui dégringole dans l’estime tellement le conflit d’intérêts est flagrant. On a beau lui expliquer, il revient toujours. Sans lui, nous serions en panne, parait-il. Sans lui, nous serions en bien meilleure position aux yeux des membres. Il a toujours des plans pour gaspiller nos deniers et croyez-moi, le secteur où j’évolue n’est pas des plus jojo. Mais cette sangsue est toujours là, à l’affut. Après une sommaire réunion, mon patron m’appelle pour répondre aux questions auxquelles il ne peut répondre. Dossier machin chouette, pourquoi n’as-tu pas commandé ce qu’il fallait? Ai besoin d’une motion, tout simplement. Je ne m’amuse plus à faire plaisir, donne-moi un quorum et j’exécute sinon je ne fais rien. Dossier number two, on fait quoi. Il part dans sa diatribe d’export qui me fait voir rouge du genre j’ai fait, grace à moi. Wow, wow, ça va faire, grâce aux deniers des membres mister cling lefhamate. Et on est reparti sur le mode, ce comité a vu le jour du temps où moi,Nabuchodonosor, j’ai forcé la main. Bein, mon vieux, tu l’as tellement forcée qu’il n’en reste plus rien à retirer. Dossier numéro trois, celui contre lequel je suis complètement en désaccord et qui devrait être revu, même si je l’ai écrit à sa demande. J’étais suis et serai contre, car la logistique veut que nous nous tournions vers notre continent. Mais, je ne dis rien puisque c’est une vérité de la palisse et puis j’ai plus envie de parler. Dossier numéro quatre, un drôle de voyage, mais cela est palpitant, car il il y aura des mômes et c’est sympa les mômes. Pas à ses yeux. Non, lui veut voyager, loin très loin aux frais de ses compétiteurs. Il est 4.00pm et je dois y aller, car foot oblige. J’apprends plus tard qu’il a essayé d’avorter l’endroit primordial, car il ne peut y aller vu qu’on lui a dit non. En fait, môssieu rêve d’un coin riche, mais qui ne consomme pas tant que ça. Et moi, je suis imputable et je me dois de l’être. Bref, j’attends mercredi et le fameux quorum et que sera, sera.
Allez, la familia à présent. El hombre parti au loin. Scorcese parle encore des gnomes qui le traitent de faggot, lui les traite de meat-ball and strangely enough they have no clue what it means. Faut le faire, moi si j’étais eux, je me tiendrais au rencart. Mais, il est ,malgré sa taille, d’une douceur désarmante et d’une provocation incroyable. Son père lui a conseillé de foncer dans le tas, moi je pense à la suspension. Lui, pense qu’un homophobe est tel un raciste et que cela doit cesser. Ce matin, il avait les mains dans les poches, gratuité de Mamoizelle après musique, digne représentante du service secret domestique. En rentrant, je lui ai demandé si les gnomes l’avaient dérangé. Nothing much mom, they saw my blacknail, one of them asked why and I’ve replied, wake up, it is the 21st century. Pourvu que cela reste là.
A demain, parce que j’en ai eu ma dose des intimidateurs. Bonne nouvelle
, l’entraineur de Mamoizelle est Ramocain. Mia me demande pourquoi il est ici et je n’ai pour réponse que: Mia, faut que ce soit l’amour, car qui penserait à venir vivre ici?
Mwah
Logical Song, Supertramp parce que c’est tellement vrai
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Chroniques havanaises I: Délit de faciès et délit d’amour
Vendredi 31 octobre
Les quatres cafés ingurgités n’ont fait que me donner des palpitations. Conduire la nuit est une sorte de passage obligé, mais me fallait être la première de la file devant le comptoir d’Air Canada. Amore est en réunion quelque part, les enfants et la dame qui s’en occupera demain dorment. Jazz s’échappe dans la nuit bleue et veut jouer, j’espère que la moufette n’est pas dans les parages. Une demi-heure de diplomatie, avec cette adorable chienne qui n’en fait qu’à sa tête, avant de la convaincre de rentrer.
4.00am, il a fallu transporter les paquets, les valises etc.. La dame en charge de la sécurité a eu pitié de moi. Elle a accepté de surveiller une partie des bagages pendant que j’allais au stationnement décharger le reste. Dans ces temps de paranoïa sécuritaire, il faut le faire. Payer une somme exorbitante en excédent de bagages et espérer que tout puisse arriver en même temps que moi. La même dame m’aide à pousser les chariots. Le monde est vraiment gentil chez nous. Embarquer dans le petit jet et souhaiter qu’il n’y ait pas trop de turbulence durant le vol. Le guichet automatique de l’aéroport Pearson qui, d’habitude, crache des dollars canadiens ne fonctionne pas. Bizarre.. Par contre, celui qui donne de l’euro fonctionne. Non, mais.. Heureusement que j’ai pris la peine d’avoir du cash sur moi. Il fait une chaleur intenable. Embarquement dans le second avion. 48 heures sans sommeil et Astérix aux jeux olympiques ont eu raison de moi. A mon réveil, le littoral de La Havane se dessine sous la masse de nuages.
¿Dónde está su visa? me demande el chino à la section des visas. Vu que je dormais, personne n’a pensé à me donner le formulaire à remplir et avec la tête que j’ai on a certainement pensé que j’étais Cubaine. Une bonne attente de 45 minutes avant qu’Air Canada ne vienne porter le précieux petit papier. L’Israélien qui était assis devant moi a eu le même problème. Mais aussi le jeune cubain que je pensais, en premier, Marocain ou Dominicain. Comme quoi, nos faciès peuvent souvent induire les gens en erreur.
Une fois la section des visas derrière, c’est la douanière qui veut voir les livres dans mon petit sac. Beijing Coma de Ma Jian. Encore heureux que je sois à Cuba et non en Chine, car le livre aurait été confisqué sur le champ. Ma caravane de bagages m’attend sagement, mais ce n’est pas fini. Il faut passer par la protection des végétaux, sortir les certificats, ouvrir les paquets, signer des papiers. La sortie avec l’aide du douanier qui m’aide à pousser le deuxième chariot chargé à bloc.
Le chauffeur de taxi a failli avoir un malaise en voyant mon chargement. Nous avons parlé des conséquences des ouragans sur l’économie, du prix du nickel à la baisse et des élections aux U.S. of A. La Havane est calme en ce vendredi. Il y a moins de voitures dans les rues, le prix du carburant étant devenu si cher, les particuliers préfèrent ne pas conduire leurs autos. La Havane déambule sur mes yeux. Ici et là, quelques slogans, les chiens prennent une sieste, les écoliers sont encore en classe. Au loin, la fameuse tour de la place de la Révolution fait figure d’horizon à l’avenue de l’Indépendance, je sais que Védado n’est plus très loin. A partir de cet instant, je sais que je suis chez moi. Quelques dizaines de minutes plus tard, je suis face au Malecon. Manuel me dévisage quelques secondes avant de dire tu es revenue et me prendre dans ses bras. Ici, je suis une amie et non une étrangère.. Je suis la Marocaine qui vit et travaille au Canada. C’est une phrase qui revient dans la bouche de celui que je respecte: il aura fallu une Marocaine pour qu’ils comprennent et que nos rapports s’améliorent. J’ai beau essayé de minimiser ce que je fais, il finit toujours par me dire, toi tu comprends et captes les subtilités.. Who knows, maybe Dad & Mia taught me how, maybe my uncle taught me so, maybe my multicultural upbringing taught me so, maybe my cross-cultural background helped to understand, my curriculum or simply the way I am.
C’est si bon de revenir dans son deuxième chez soi. C’est si bon quand tout le monde vous reconnait et vient prendre de vos nouvelles. Et puis, comment expliquer l’affection que j’éprouve pour les Cubains? C’est tout simplement viscéral. Un coup de foudre qui s’est changé en un véritable amour.
Je me prépare à aller faire un tour à Santa Fe, revoir mes parents. J’ai hâte, comme d’habitude.
Pablo Milanéz y Mercedes Sosa, Años
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Chroniques havanaises II: Le lobby
Lorsque je visite La Havane, je préfère être à Vedado. Vedado est la partie de la ville qui est la plus vivante à mon sens. Il suffit de faire quelques pas pour entamer une conversation. Cependant, mon premier jour est souvent dédié à Santa Fé.
Défaire ma valise et ranger mes vêtements. Sortir me ravitailler en eau et jus. Répondre au jeune nouveau de la sécurité près des ascenceurs que non je ne suis pas cubaine et qu’à mon âge je ne me recyclerai certainement à séduire les touristes. Je le laisse avec un grand sourire. Téléphoner et dire que je suis bien arrivée. Tenter de faire parler des enfants occupés par ce soir d’Halloween. Apprendre que j’ai bien fait d’acheter bien plus qu’il ne fallait de friandises. Admirer le Malecon avant de descendre.
Manque de pot, en sortant de l’ascenceur, je tombe sur un monsieur rencontré la veille de mon départ l’an dernier. Bijour, bijour et tous les salamalecs de circonstances. Il tire sur son Cohiba et me demande ce que je deviens, me félicite, admire mon “new look”, trouve que j’ai meilleure mine. On va aller prendre un café, presque tout le monde est là. Tout le monde, c’est bien entendu ceux et celles qui viennent pour affaires. Je tente un non, peine perdue. Me voilà coincée entre des fumeurs de cigares tous aux accents différents. Le sujet du jour: faire des affaires dans la isla grande. Lui, a développé le marché de la viande. Tu veux du foie gras, je te le livre demain dit-il à son interlocuteur à l’autre bout du pays. Ce n’est pas parce que les Cubains vivent de riz et d’haricots noirs que les touristes se privent pour autant. En fait, j’ai honte quand je mange au restaurant ici, si bien que je ne mange que frugalement. C’est plus fort que moi. Les deux ouragans ont détruit presque toutes les récoltes, pas moyen de trouver de l’oignon au marché. Les poules pondeuses ont presque toutes péri et les oeufs sont importants dans la diète cubaine vu qu’ils offrent l’apport de protéines nécessaire au corps humain. La nourriture de base consiste en un plat délicieux de riz et haricots noirs que l’on nomme Congri, un minimum de viande habituellement du porc ou du poulet. Manger du boeuf y est tabou, voire défendu. En fait, tuer une vache par exemple pouvait valoir de 4 à 10 ans de prison à une certaine époque. On voit du boeuf d’Uruguay dans les marchés et il est hors de prix. On sert du boeuf canadien dans les restaurants que fréquentent les extranjeros, mais les Cubains les fréquentent rarement. Partout, on ne parle que d’embargo. Mais si vous avez des sous, vous trouverez des pommes directement des U.S. of A. Presque tout le poulet congelé et découpé provient d’abattoirs américains. En fait, le voisin du nord vend pour quelques 340 millions de dollars de produits agricoles avec en tête maïs, poulet et blé.
Une journée à La Havane et j’ai rencontré plus d’Etats-Uniens qu’en un an au Canada. Des fonctionnaires de l’Alabama, de Georgie, du Maryland, du Minnessota, de la Virginie et tous représentaient des départements d’agriculture. Sans oublier la Fédération des producteurs de riz, les producteurs de jus, les producteurs de farine, les producteurs de dinde. Name them, they are here. C’est que Cuba est un marché que tout le monde espère pénétrer. En fait, le produit intérieur brut de 2005 à 2008 a connu une croissance de 10%. On prévoit qu’il soit aux alentours de 6.0% à la fin 2008. Mais c’est sans compter les ravages des 3 derniers ouragans. Cuba a réussi, néanmoins, à payer une partie de sa dette grace au tourisme, le prix du nickel à la hausse durant l’an dernier (quoiqu’il soit pas mal en baisse ces derniers temps), quotidiennement quelques 90 000 barils de pétrole à prix préférentiel du Venezuela, des prêts de la Chine et une ligne de crédit d’un milliard de dollars tout récemment signée avec le Brésil.
Cuba tire ses revenus: 1) du tourisme avec 2 millions de visiteurs par an soit une recette de 2.5 milliards, 2) des services médicaux au delà de 30 000 médecins cubains travaillent au Venezuela soit 2.3 milliards de revenus; 3) du nickel 2.1 milliards; 4) les envois de fonds par les Cubains à l’étranger s’élèvent à plus d’ 1.1 milliard et viennent ensuite les revenus sur le tabac et le sucre.
Cuba fait face à des obstacles intérieurs et extérieurs. A l’intérieur, personne ne veut travailler pour le gouvernement à cause des salaires très en dessous de la moyenne. Ainsi, quelques 100 000 emplois dans la fonction publique sont vacants. Vu que le prix des produits agricoles est fixé par l’Etat, personne n’a envie de cultiver la terre et 55% des terre arables ne sont pas cultivées. Le gouvernement de Raul Castro a donc décidé de distribuer des terres, mais aussi de divorcer du concept à travail égal salaire égal espérant ainsi augmenter la productivité. La dualité du système monétaire cubain a créé deux classes, une “riche” ayant accès au CUC (monnaie utilisée par les étrangers et ayant remplacé le dollar US) et une pauvre n’ayant accès qu’à la monnaie nationale donc sans aucun pouvoir d’achat et sans économies. Et la population cubaine est vieillissante. A l’extérieur, la note du prix de pétrole est passée de 8.7$ m. à 11.6$ m. par jour. La hausse des denrées de base a augmenté d’1$ milliard depuis 2007 et Cuba importe 80% des aliments. Le prix du nickel à la baisse fait aussi perdre une somme aux alentours d’ 1 milliard. Et c’est sans compter la destruction des infrastructures et des récoltes causées par les ouragans. Mais, les Cubains s’en sortiront comme à leur habitude. Ils en ont vu d’autres et la résilience est l’une de leurs caractéristiques.
Perdue dans mes pensées, je n’ai pas vu le temps passer. Excusez, messieurs, mais je dois y aller. Où? On peut aller avec toi? Non, désolée, cet après-midi il est juste pour moi. Je pars pour Santa Fé..
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Chroniques havanaises III
La Havane est une ville où plusieurs rivières viennent se jeter à la mer. Anciennement nommée San Cristobal de la Habana, la capitale tire son nom de Habanagua ou encore du chef Habaguanex et porte à croire le nom de la capitale est d’origine taïno, une des ethnies des Antilles ou Caraïbes. Cuba tire son nom de Cubanacan
qui signifierait là où la terre est fertile, mais certains disent que Colomb aurait donné ce nom à partir d’un nom portugais. Sante Fé est un ancien hameau de pêcheurs. Avec le temps, le petit hameau s’est développé pour devenir une municipalité. Pour y arriver, il faut longer le Malecon, passer sous le tunnel, une bonne promenade sur la Quinta Avenida (ça ne vous rappelle pas une autre avenue célèbre?) et une bonne partie de Miramar. Miramar est la municipalité la plus cossue de La Havane. Ici, bien des maisons datent du temps où l’argent coulait à flot, où les propriétaires terriens habitaient, où les riches américains avaient leur seconde demeure et où Battista et cie régnaient. Aujourd’hui, ces belles villas logent des ambassades, des diplomates, des compagnies et des étrangers. Miramar est un coin carte postale, mais si isolé que je le fuis et espère à chaque fois que je n’y logerai pas. Puis, on longe le Club Habana, un petit club sélect, qui loge des étrangers, une marina et le meilleur club de cigares de La Havane. Pas que les autres soient mauvais, c’est juste que leurs gérants n’ont pas l’expérience, la connaissance ni le savoir-faire du gérant de la Casa del Habano qui se trouve à l’intérieur du complexe. Lui, il a grandi sur une ferme de tabac à Pinar del Rio, était auparavant en charge de Cubatabaco. Je repars toujours chargée de cigares, mais les meilleurs sont ceux de son cru. Il est vrai qu’un Cohiba c’est bon, parfois je préfère un Montecristo ou un Punch Churchill, mais aussi un Romeo y Julieta. Fumer un cigare en sa compagnie, c’est accéder au monde du savoir. Il a toujours une anecdote à me raconter et j’adore lui faire raconter celle d’un prince du Golfe qui faisait semblant de ne pas comprendre l’espagnol jusqu’à ce qu’il vit la note. Il fait office d’ambassadeur du cigare partout dans le monde, mais aime rester chez lui à Cuba. Tu comprends, tout est beau ici. Ailleurs, c’est le désert. Et puis, mon petit jardin me manque, les plantations de tabac me manquent, mes petits-enfants me manquent. A la veille de chaque départ, j’imagine que l’avion s’écrase dans les Keys et que mon corps ne sera jamais enterré au cimetière Cristobal Colon ou ailleurs à Pinar del Rio.
Il fait beau, il est à peine 13 heures, mieux vaut marcher un peu, remonter l’avenue de Los presidentes. C’est une large avenue divisée par une longue promenade aux arbres bien taillés où siègent des bustes ou sculptures de présidents latino-américains. Ici, l’Alliance française a pignon sur rue et j’assiste à la sortie des classes.
La Havane est dotée de joyaux architecturaux. On passe de Bauhauss à Haussman, à l’art déco ou l’elliptique au baroque. On ne peut y rester insensible, chaque fois que le regard se pose sur un édifice c’est un instant de découverte magique. La Havane me fait penser au centre-ville de Casablance, du moins les édifices.
Des jeunes filles posent devant les beaux édifices. Je devine qu’elles doivent fêter leur Quinceanera. Une tradition qui perdure malgré la Révolution. Les parents épargnent des années durant pour offrir une fête de débutante à leurs adolescentes. Mon téléphone sonne, c’est Roberto, un ami de longue date. Je lui raconte la scène en face de moi. Il me répond que sa fille de sept ans en parle déjà. Je lui réponds qu’il n’est pas si mucho macho machito pour dire oui ou peut-être bien que oui. Il éclate de rire en disant we will not abort the mission. After all, when you’re fifteen life is beautiful.
C’est vrai, il a raison, à quinze ans la vie est belle. La Havane m’engloutit, tout semble si loin maintenant.
Sur Caribe, Ay que felicidad
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Pause humour, le gagnant est Amine
J’allais continuer à “parler” de Cuba. Mais Amine, un de mes bloggers favoris, a écrit une merveille de titre pour son billet humoristique. Merci Amine!, you don’t know how much we laughed reading your line.
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Repose en paix, jeune homme
J’ai beau essayé de mettre des mots sur la perte d’êtres chers, je ne saurai jamais le vide que la mort d’un enfant provoque dans la vie d’un parent, j’espère de tout mon coeur ne pas avoir à le vivre. J’imagine la perte comme une amputation à vif. Une asphyxie. La sensation de mourir. Une crise d’angoisse qui prendra des mois, voire des années à passer. Je tente d’imaginer cette blessure béante, cette naissance à rebours. J’ai beau essayé, je sais que cela doit être d’une douleur extrême.
Dimanche, il a pris l’avion avec 8 autres personnes. Deux d’entre eux allaient commencer leur première journée de travail.
Leur avion s’est écrasé en pleine forêt. Ici, tout le monde attend que ses restes soient rapatriés. Ici, tout le monde est sous le choc. Il était jeune, il était beau, intelligent et d’une gentillesse incroyable. Toutes mes pensées vont à ses parents et aux proches des autres victimes.
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De la main gauche
Parce que c’est une chanson de ma jeunesse. Je revois Nathalie, mon amie bretonne, dans ce salon de la rue St-Jean Baptiste à Sainte-Anne de Bellevue. Avec elle, nous jouions en boucle cette magnifique chanson. Je n’ai plus de nouvelles de Nathalie, faudrait que je la retrouve, elle était si gentille cette jeune femme. J’aimerais tant que Dean, Nathalie, Eliane, Nicola, Patrick, Steve, Johanness, Yebio et tout le reste de la gang puissions nous réunir une fois de plus comme dans le bon vieux temps. Entre Khmiss Batata, Montréal, Ottwa, Toronto, Edmonton, Calgary et la Louisiane, j’espère que nous serons capables de le faire un jour. En souhaitant que cela puisse se produire un jour prochain, j’écoute la chanson du partage.
De la main gauche, Danielle Messia
Je t’ecris de la main gauche
Video sent by sirenemelusine
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So Long Anwar Lahlou
Anwar c’était mon premier compagnon de jeu. C’était mon cousin préféré, mon complice.

Ensemble, durant nos vacances d’été, nous inventions des jeux et lorsque nous avions fait le tour de la terre, nous allions nous promener dans les ruelles du vieux Safi. Nous avons grandi, nous sommes toujours restés aussi proches malgré les distances. Il est parti pour Bruxelles étudier l’architecture et je suis venue au Canada pour étudier la littérature. Il a épousé une jeune femme superbe qui porte le même prénom que moi. Il avait deux merveilleux enfants. Hier en rentrant à El Jadida, il a tenté d’éviter une barre de fer échappée du camion devant lui. Sa voiture a dérapé et s’est retournée et notre bel Anwar en a été éjecté. Je n’arrive tout simplement pas à y croire même si je viens de parler à Zouhair. Je garderai en souvenir notre dernier moment ensemble durant le mois de février. Mia, heureuse de voir son neveu préféré et moi de retrouver mon compagnon de jeu. Qu’est-ce que tu nous manques.
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Mi arco iris
Today, Havana is under a crying sky. I keep walking and walking trying to remember the name of the street and all I could think of is your name. So instead of looking for you I keep spelling your name like a prayer. I’ve finally found the courage to ask about you. Belkis tells me you work in Vedado, that you still write poetry and that you’ve managed to sell more than 20 paintings.
I keep on smiling and Belkis on talking about you.
“You should see him, he is as handsome as the first time you’ve met him. He still has a picture of you, you know. Loca, how could you have let him go?”
I don’t say much, but I am glad to have some news from you. It has been exactly, how long? I forgot to count the years. I never had the courage to write more than twice a year. You’ve always told me that I gave the impression of being indifferent. I remember when you called the first time and told me: “I need to know. “
“Know what?”
“Was I a one night stand?”
“I don’t think so, were you?”
“Here you again! You never involve yourself, do you?”
“Well, I didn’t want to bother you, so I thought I would call you later.”
“Later? It has been a week, a week!”
I wanted to laugh, but I couldn’t, I wanted to tell you that I was really afraid to bother you and that was the reason why I didn’t call. But you kept talking and finally said: ” I am coming right now.”
I remember how you would take my face between your hands and ask me: “I wonder if you would forget me in an hour or if it would take you less time?”
I like to dream that one day you would appear out of nowhere.
Belkis’ husband calls her on her cell phone. She has to leave but insists on picking me up this evening so I could meet her family. Besides, nothing beats a real Cuban meal, how can you eat in the hotel?
And she has already prepared a flan for me. I must have been Cuban in a past life as I could eat flan every day and she knows it. She sends me kisses and starts running to get a cab.
A soon as Manuel sees me he tells me like that Teresa came looking for me. “Don’t go out again, it will start raining soon.”
I don’t know why people tend to protect me. He laughs when I tell him: “Yes boss, I will not go out without an umbrella.” The lobby is always busy and few guys that I know are still sitting at the bar. I wave and keep going when I hear your voice.
“Mi locura.”
A’la Bali, Hanine y Son Cubano
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Ce qu’il nous reste
Ce qu’il nous reste après une disparition n’est pas grand chose. Alors que chacun de nous fait face à ce genre d’événement quelques fois dans sa vie, il nous faut trouver la force de continuer. Mon amie a enterré son fils de 29 ans aujourd’hui. Je ne sais pas comment elle et son époux feront pour passer à travers. Je lis mon petit cousin parler de son père et j’ai mal pour lui. J’ai mal pour ceux qui perdent les leurs de façon si tragique. Et je comprends leur rage, ce n’est tout simplement pas juste.
La faucheuse venue gauler des fruits encore verts aura eu raison de mes mots. Parce qu’il n’y a strictement rien à dire. Sinon, cette envie folle d’aller dans les champs enneigés afin que personne ne puisse entendre ce cri qui gronde en moi.
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La crue
Je dois être fatiguée ou tout simplement folle. Cela faisait des années que je n’avais pensé à toi.
J’ai parlé de toi il y a 48 heures et j’ai dit que s’il y avait une personne pour qui j’aurais été capable de faire des folies, ce serait bien toi. Je me suis mise à écumer les pages du net à ta recherche, mais sans grand succès. Et puis même si j’avais réussi à te retrouver, qu’aurais-je été capable de te dire? Que tu auras été le premier? Le premier à me subjuguer, moi l’adolescente aux idéaux surfaits. J’aurais tant aimé savoir ce que tu deviens. Je voulais te dire que je ne t’en voulais pas. Je voulais tout simplement prendre de tes nouvelles
Mais, comme à chaque fois, je te repose délicatement dans le tiroir de la cinquième saison.
Stevie Wonder, Pastime Paradise
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Politics Season in Canada
Ce n’est que le début. Avec un gouvernement minoritaire, une récession qui ne va pas tarder à frapper très fort notamment dans le secteur automobile et toute l’industrie qui entoure ce secteur, les commandes de bois d’oeuvre presques nulles. Le pire reste à venir. Il suffit que notre voisin du éternue pour que nous attrapions un rhume. Tout le monde espérait voir le gouvernement Harper donner une vision de ce que le nouveau budget serait. Le chef a failli. Une coalition des 3 partis d’opposition (formant à eux 3 une majorité au Parlement) est en place après avoir signé une entente pour renverser le gouvernement conservateur. On parle de la possibilité de prorogation du parlement une fois que la Gouverneure Générale du Canada sera revenue de sa visite européenne. Ce serait une opportunité pour le gouvernement conservateur de gagner du temps et de revenir avec un budget en janvier 2009.
La possibilité d’un gouvernement de coalition n’est pas à écarté, sauf que la dernière fois que cela soit arrivé au Canada c’était en 1917.
Le problème est que Stephen Harper ne veut pas lâcher prise et a commencé à insulter une partie des électeurs du Québec qui ont voté Bloc Québécois en traitant de Stéphane Dion de s’être associé à des séparatistes. Le problème est que monsieur Harper n’écartait pas la possibilité de s’allier au Bloc Québécois pour renverser le gouvernement libéral de Paul Martin il y a quelques années. So, what’s the difference?
Si la loi prévoit la possibilité d’une coalition formant un prochain gouvernement, je n’y vois personnellement aucun inconvénient. Les gouvernements de coalition sont effectivement presque inconnus au Canada, mais ne pourraient pas causer de tort non plus. Le problème, et il risque d’être émotionnel, est que les Québécois iront aux urnes lundi le 8 décembre. Une autre fracture politique en devenir? A quoi servent les Confédérations sinon justement à faire ressortir les différences, me direz-vous.
Sauf que le timing, monsieur Harper, est bien malvenu. La dernière fois que le Parlement a été dissolu c’était lors du vote de non confiance en 79 alors que Joe Clark était Premier Ministre. Le problème est que Mr. Dion et son parti ont perdu des plumes aux dernières élections et cela discrédite un peu le Parti libéral du Canada, mais cela reste dans le jeu de la démocratie.
The outcome? Je ne suis pas devin. Mais Stephen Harper tout comme Stéphane Dion devront se retirer du monde politique. Le premier parce qu’il est dictatorial et manipulateur et le second parce qu’il n’a pas su expliquer son plan aux Canadiens lors de la dernière campagne électorale ni gagner la faveur de l’électorat.
Well, maintenant que les Alouettes ont perdu la Coupe Grey et que la saison du hockey commence, il est à espérer que la scène politique au Canada aille de rebondissement en rebondissement. One can only dream, no? Comme je ne suis pas sur la colline parlementaire, j’ai hâte que l’adorable Reda en parle
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Histoires de souliers
Enfant, je donnais du fil à retordre à ma mère quand il s’agissait de souliers. Elle avait beau tenté de me séduire en me parlant de confort et de durabilité de la chaussure Bata. Que nenni! Je la tirais par la main et nous allions soit sur l’avenue Mohamed V chez Scalli ou sur l’avenue Moulay Abdellah pour me chausser. Elle avait beau tenté, j’étais sur le sujet d’une intransigence dictatoriale Mea culpa. Elle en rit encore et cela donne des armes à ma fille à qui j’essaie d’apprendre qu’on peut être bien chaussée et confortable, elle dont les pieds plats devraient être dorlotés, mais qui ne sont heureux que dans une paire de Converse.
J’ai toujours eu un rapport quasi fétichiste aux souliers, non langues sales et esprits tordus, pas du tout dans ce sens là. Ceux que portent les hommes m’ont toujours fascinée. Ce n’est pas juste! Les hommes ont les plus belles chemises, les plus beaux pull overs, les meilleures coupes, les plus belles chaussures.
J’ai longtemps observé et tenté de comprendre les hommes en fonction de leurs chaussures. J’aimais ceux qui ne les portaient pas des journées d’affilée car tout le monde sait que porter une paire de souliers plus de deux jours de suite endommage le cuir vu que les pieds transpirent plus que n’importe quelle partie de notre corps. Une paire de chaussures dit beaucoup sur celui ou celle qui la chausse. Je l’avoue, j’aime les chaussures pour hommes. Tenez une paire Consul ou Derby peut changer un crapeau en prince charmant. Une paire Picadilly ou Yale donne un petit air nonchalent et sport à celui qui la porte. Quant au modèle Richelieu, en autant qu’il soit Berkeley ou Edward, je fonds littéralement devant tant prestance. Si la température n’est pas clémente comme aujourd’hui, je rêve de voir les hommes chausser des bottes Eaton. Les fins de semaines, pourquoi pas les imaginer portant un style genre Trawler.
Si je devais comptabiliser mes amours, je dirais que la majorité portait des Yale ou des Berkeley. Jusqu’au jour où je n’ai pas porté attention. Il portait des Stan Smith! Un peu de diversité et de rêveries dans un monde de brutes ![]()
Ce que je chausse? En fait, comme disait quelqu’un: ‘La chaussure a beau être belle, mais si elle fait mal mieux vaut s’en débarasser’. Que d’ampoules et d’inconfort jusqu’à ce qu’une paire de Gabor m’apprenne le confort et le bien être.
J’ai divorcé des modèles italiens, parce que j’ai appris depuis le temps que je préférais marcher sur un nuage que souffrir à vouloir une jambe à la Marlene Dietrich.
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Political Seasons In Canada seconde prise ou y a t’il un pilote dans l’avion?
La Gouverneure Générale, Michaëlle Jean, a accepté d’accorder au Premier Ministre du Canada, Stephen Harper, la prorogation du Parlement jusqu’au 26 janvier 2009. Ce qui veut dire la fin de la session parlementaire, en d’autres termes recommencer à zéro faire table rase et oublier tous les dossiers non complétés. Par ces temps de dépression (avouons-le) nos députés seront en vacances dès aujourd’hui. Pas mal, me direz-vous et au frais de qui bein des contribuables canadiens pardi! On nous dira que nenni nous allons travailler au budget et nous vous promettons qu’aucun secteur de l’économie ne sera oublié. Bizarre venant de la part d’un parti qui refusait il y 8 semaines de parler de crise dans l’économie (alors qu’il rêvait avant d’accéder au pouvoir de dérégulariser les institutions financières) et qui en donnant les grandes lignes de ce qui allait venir (il y a une semaine) disait qu’il n’y aurait pas tant d’argent dans la cagnotte. Facile quand on a dépensé le surplus réalisé par un autre gouvernement. On ne cesse de nous parler d’argent dans la poche du contribuable. Un discours démagogique. Et être sans gouvernement jusqu’au 26 janvier c’est fort. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis que je suis au Canada j’ai vu les libéraux fédéraux serrer la ceinture pour payer la dette et les conservateurs fédéraux dépenser jusqu’au point d’endetter nos petits enfants.
Ne me reste qu’à espérer que le parti conservateur foute à la porte monsieur Harper, plus démago que ce mec j’en ai jamais vu dans ce pays.
Publié dans Uncategorized | Tags:Crise politique au Canada
Islas de Coral
Parce qu’il est des marins qui ne prennent pas le large. Parce qu’il est des récifs bien plus dangereux qu’en pleine mer. Parce que le danger n’est pas là où l’on pense. Parce que nous sommes en quelque sorte des îles traversées par les vents de la vie.
Parce qu’il a neigé hier soir et que quelque part j’ai envie que nous partions tous ailleurs. Parce qu’il est facile de penser aux départs, mais que les retours peuvent être jonchés d’embuscades. Parce qu’il faut montrer patte blanche. Parce que parfois nos destinées sont entre les mains d’autres. Parce que l’angoisse peut s’installer et envenimer des vies. Parce que nous serons toujours des étrangers, des apatrides, des autres pour les autres. Que nous ne sommes vraiment nous qu’ensemble sur notre petite île suspendue.
Parce que je trouve que nous menons une vie de dingues et que je ne dirai pas non à retrouver la simplicité. Parce que j’ai peut-être envie que nous lâchions un peu ce monde de consommation dans lequel nous ne faisons que passer. Parce qu’au bout du compte, exceptée la satisfaction personnelle d’avoir touché à presque tout, vu du pays, reçu la reconnaissance des autres; je me dis que tout ceci n’est que fard. Parce que l’essentiel est ailleurs et j’ai décidé de faire dans la simplicité. Sur ce, je vais allumer un feu pour chauffer la chaumière en rêvant que je suis ailleurs et que tu ne tarderas pas à revenir. Encore 47 heures et vingt-deux minutes…
William Vivanco et Malin Hau, La Isla Milagrosa
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¿Dónde está la salida por favor?
Il est des moments dans la vie où l’on se retrouve face à soi et nul ne peut nous aider. Voir clair, quelle bizarre d’expression. Plus le tout devient limpide, plus le gouffre s’aggrandit. Les parois du puits sont glissantes, il faut continuer à grimper. L’étau se resserre, mais il faut continuer à respirer. Rester?Pourquoi? Partir? Pour où?
La besace vide, je reprends mon errance avec pour seul souhait celui de me retrouver.
Noir Désir, Le vent nous portera
Tête penchée, corps enfin délassé. Sweet darkness, burning fingers. Rêves éveillés. Le corps frontière. Je me divise, me dédouble; mon corps est un point de départ pour la vie qui se fraie un chemin hors de moi. Le gouffre. La douleur qui me fait enfanter ou que j’enfante. La douleur est-elle épreuve ou socle sur lequel j’ai été installée, moi et toutes les femmes avant et après moi? Cette chair qui m’est désormais étrangère fut mienne auparavant. Paradoxe de la grossesse et de l’accouchement. Serai-je arbre vidé de sa sève, squelette vidé de sa vie. Les nuits blanches, leurs corps mielleux, leur chaleur me possèdent à me faire oublier qui j’étais et à me composer un autre statut. Ils ne font plus partie de moi et pourtant ils règnent en conquérants sur mes sens. Envahisseurs de mon corps, ils se projettent ailleurs triomphants. Victorieux lauréats de la vie. Des mots pour décrire. Illusoire corps maternel. Je suis un écran. Dazzling screen. Une femme ne saurait être nomade dit l’homme bien pensant. Et pourtant, mon corps s’est propulsé hors de celui de ma mère. Il est passé par différentes phases avant d’abriter à son tour la vie et l’expulser à son tour. Absorbée par d’innombrables gouttelettes, je reviens à l’océan. Quand vivre rime avec faire et faire avec dire, qu’est-ce aimer pour une femme? Le vertige est-il semblable à celui des mots? Hors temps, hors espace, matrice de l’entrée dans le langage.
Tu, Je. Toi. Moi. Le jeu du pluriel, le jeu de toi, de moi, de nous deux, de nous séparément, de nous sans l’autre, sans les autres.
Tu. Toi. Les yeux dans la brume. Le sourire dévastateur. Toi. Dans ton étendue. Tes grands espaces. Toi. Les océans. Toi, mon pays. Toi. Les rivages… la terre, toi que je croie être un atoll, un archipel et qui te révèles être continent. Toi pour mieux t’aimer, toi pour moins me diviser. Toi pour m’imprégner de tes vies. Toi pour tracer sur mes lignes une autre destinée.
Toi, vision proche et lointaine. Toi, mon débarcadère, mon refuge, mon havre, ma halte. Toi, mes pérégrinations. Toi, mon ivresse, ma griserie, mon enivrement, mon extase, ma volupté, mon enchantement, mon engouement, ma lascivité. Toi qui m’entraine, qui m’étourdit, qui me transporte.
Je. Moi. Toujours en attente. En escale perpétuelle. A la recherche de la terre sacralisée, idolâtrée, divinisée, que je retrouve à chacun de tes regards
Ma mémoire sarcle les visages, cultive les endroits, exhume les souvenirs. Mes sens pourvoient à l’érosion du temps. J’ose approcher le miroir, ma main se tend et disparaît. Mon enfance s’actualise. Je ne pense plus. Mes sens gravent le moindre murmure, la moindre étreinte du vent. Je suis en pleine mutation. Les saisons défilent. Je tamise les événements. Indomptés, mes sens en redemandent, ma mémoire est une futaie que je n’ose défricher. Apparaissent les débris tels des tessons émorfilés… Ma vie est une contraction que j’inscris dans le lœss. Libre, nue, offerte au vent, enivrée par les cieux, émerveillée par le silence de la forêt. Confectionnée de millénaires, je replonge dans le limon. Je subis l’invasion du temps. Ma mémoire témoigne des multiples éloignements.
Je m’explore, découvre nombreuses passerelles. Je creuse, j’évide, je fouille, je cure, je filtre, j’épure, je clarifie. L’espace n’a plus d’emprise sur moi. Je ne suis de nulle part, mais de partout. Conçue à partir de mille et uns exils. Je m’extraie de la glaise. La terre me cerne, me modèle, me façonne. Mes doigts forent, mes identités éclatent, scintillent et m’initient. J’ai tous les âges. Je me transpose, m’humanise, me déshumanise, me transgresse pour mieux me posséder. J’obéis à mon corps. Le ciel s’assombrit, en moi crépitent nombreux feux. L’ondée. Les gouttelettes creusent sillons sur mon masque de terre. Mon corps est une topographie nouvelle. Je survole la mer, l’air salin investit mes pores. La lumière me guide, m’éclaire, m’attire, m’enveloppe, m’englobe, me dépouille de mes innombrables chronologies, me dépossède de mes innombrables naissances. Je suis polie, peaufinée. Je me découvre, me discerne, m’examine. L’océan m’infiltre, je m’entrouvre, offre mes césures, ré possède mes réalités. Je m’arrache aux mains, aux regards, aux voix des historiens équarisseurs, loin des dépeceurs. Mes mémoires revivent, se renouvellent, ressuscitent, me rétablissent, me revigorent, me ragaillardissent. Les nuages défilent. Je ne connais plus l’effroi, je n’ai plus d’âge, je ne suis que saisons.
Ce corps vestige, ce corps cénotaphe est aussi univers aguerri, il raconte une destinée, une épopée. Il n’est ni honteux ni méprisable. Il est carapace et coquille. Armure et enveloppe.
Sauvage, farouche, indomptée et indomptable, je choisis mes solitudes, mes retranchements. Méfiante, cassante, insociable et parfois misanthrope, je suis un univers inhabité que je meuble d’instantanés. Je me déconstruis quand d’autres s’édifient. Je me hasarde, je me teste, je me perçois, je ris, je souffre, je vis, j’endure, je me risque, je me conçois, me neutralise, me cannibalise. Je fais table rase, mais ne repars jamais à zéro. Je m’entête, je persiste, je m’habite. Je suis un logis où j’élis rarement domicile. Je doute et renvoie les certitudes faire un tour ailleurs qu’en moi. Constante dans mes éclatements, dans mes dispersements, je me replie pour mieux savourer le recul. Des dérives, je ne connais que celles de mes errances. Je veux humer la tourbe une fois de plus, retrouver le parfum subtil de la bergamote. Flâner dans les lacis des souvenirs tout en m’ancrant. Les opuscules de la mémoire, je n’en ai que faire. Nul besoin de me dessiner une histoire quand l’instinct de survie provoque tressaillements.
Je suis née un soir d’aurore boréale dans une vallée enneigée. Intemporelle, me formant et me déformant hors des courants, loin des échancrures bâties par les hommes. Je m’aventure dans ce bocage que je suis. Je défriche, débroussaille, éclaircis pour semer le levain de mille et une chronologies.
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Tant qu’il y aura

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Yes yes gimme more. Bande de pervers, vous avez aimé ce billet et bien je le reposte
C’est l’un des billets les plus visités avec celui sur le documentaire concernant la culture du cannabis. Va falloir que je me mette un gardien à la porte de ce blog.
Il est dit ou il est écrit …
Il est dit qu’il y a un temps pour la haine et un autre pour l’amour. Un moment pour les peines et un autre pour les joies. Un instant pour se la couler douce et un autre pour travailler avec acharnement. Un temps pour les semailles et un autre pour les récoltes. Une heure pour naître et une autre pour mourir. Mais il n’est expliqué nulle part pourquoi certains doivent disparaître avant d’avoir accompli bien des choses. C’est peut-être moi qui me trompe.
Elle avait quinze ans. Sa disparition est la perte de toute une communauté. Elle avait quinze ans était joyeuse, belle à croquer. Elle avait l’air d’une fée qui sur son passage semait la joie et la confiance. Elle jouait au hockey, à la clarinette, chantait. Quand elle était autour, son sourire ensoleillé faisait fondre bien du monde. Elle laisse des parents, une fratrie, soixante cousins et cousines, des tantes, des oncles, des grands-parents; des amis et des fans. C’est comme si en partant, elle avait ordonné à tout le monde non pas de se souvenir, seulement ,d’elle et de sa présence, mais dire à tous qu’avec un sourire, une tape sur l’épaule, le sens du partage, l’esprit d’équipe, l’amour et l’estime d’autrui. Parce que telle une petite graine un merveilleux terreau lui a permis de grandir et d’étendre des branches. Sa présence manquera à tous.
On aura beau dire, on aura beau écrire, mais dire adieu à un enfant est la plus pénible des épreuves.
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-29 -46
-26 jours avant Cuba.
-46 jours avant …
Et là, je fais quoi? Zen, zen en attendant le goal ![]()
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Cela se passe de tout commentaire …

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Désobéissances

Octobre est toujours annonciateur des plus beaux orages, ces instants où les feuilles abandonnent les branches pour pleuvoir dans une danse lascive avant de reprendre leur envol sous les murmures du vent.
Les hommes sont encore dans les champs. Les tracteurs-récolteurs continuent de déterrer les trésors enfouis. Ici, tout le monde ne parle que du prix du baril, des prix au vrac, au carton, en sac. Enfin ces prix qui annoncent une belle année tant que personne ne s’amuse à réduire les prix. Comme à chaque année, il faut se hâter, car les premiers gels sont à nos portes.
Dans cette vallée qui est devenue mienne, j’ai encore beaucoup à apprendre. Apprendre des silences. Comprendre. Comprendre ce qui se trame sans en avoir l’air. Jouer du coude sans démontrer la moindre agressivité. Ma vie est une pièce dont le scénario ne cesse d’être réécrit.
Voilà que je repars vers ailleurs. Vers la Isla Grande. Entre un passé flou, un cousin perdu dans la foule havanaise. Encore ma manie d’établir des liens. Je sais qu’il existe ce cousin, j’espère seulement le retrouver. Et pourquoi pas? Ce serait ma façon, une fois de plus, de servir de lien. Ne dit-on pas que je suis celle qui rassemble? Moi qui viens de partout et de nulle part, moi à qui l’on s’adresse en hébreu et qui selon certains ai l’air si yéménite. Moi, la descendante d’une tribu qui a décidé de laisser tomber ses hardes et accepté de se sédentariser, alors que je ne pense qu’à cette grande tente délaissée. Moi qui ai aspiré à d’autres azurs et qui en cours de route ai déposé ma besace de nomade parce que la smala valait bien plus que le Pérou ou l’Égypte. Moi, dont la mémoire est pétrie par La mort heureuse car cette dernière viendra au bout d’un filet de pêcheur au gré d’un crépuscule. Du moins c’est comme ça que j’imagine ma fin. Il me faut avouer que, sur ce point, j’ai longtemps rêvé que je finis sur une plage africaine de l’Atlantique après une longue chevauchée abandonnée par ma monture qui à bout de souffle, se cabre me laissant choir tête première sur une énorme roche. Un filet de sang, et, surviendrait l’obscurité. Que voulez-vous, de ce passé nomade ne me reste que le souvenir d’une monture me transportant de lieu en lieu. Mais les oasis se font rares et je suis fatiguée.
Je suis née à dix-sept heures trente par un soir d’automne pluvieux. Pendant des années, j’ai évolué dans un univers feutré. On raconte que mon père voulut assister à ma naissance, mais que le bougre d’obstétricien l’en avait empêché. On raconte tellement de choses pour embellir une naissance. Chose certaine, une partie de cartes eut lieu et c’est ainsi que je fus nommée juste avant le massacre de sept agneaux qui scellèrent, de leur sang, mon appartenance au clan. Il fut convenu que je devais porter un prénom mi-hautain et mi-conservateur. Mon père, artiste dans l’âme tout en étant énarque, refusait la hamza finale, je ne pouvais être qu’aspirant au ciel, à une altière présence sur terre. Pendant de longues années, je fus prise d’un dédoublement sémantique. La hamza prononcée chez les Doukkalis disparaissait chez les Marrakchis et Souiris, je devins sans le vouloir candidate au dédoublement identitaire et linguistique le plus primaire.
Si j’écris ceci aujourd’hui, c’est que j’ai envie de me défaire de bien de bagages que je traîne sans le vouloir. Je n’ai jamais demandé à naître, mais maintenant que je suis ici autant faire le tour et tâcher de ne pas trop m’attarder sur les futilités. Je n’ai jamais su parler de moi, et là me faudra bien le faire. Non pas pour toi, lectrice et lecteur, mais cette fois ce sera pour moi. De toutes les thérapies, le délire épistolaire est celui qui me convient le mieux. Je te remercie déjà de ne pas sauter aux conclusions, ni chercher à analyser ces propos. Je sais que je peux compter sur toi. Je tenterai de ne point te heurter en te demandant toutefois de ne tomber ni dans l’éloge ni dans l’approche psycho-socio-linguistique d’une transe annoncée et annonciatrice.
The Stranglers, Golden Brown
L’accouchement
C’est fait, le livret de recettes est arrivé. YEY! J’ai juste oublié de mettre mon nom dessus
. Mais pas grave, il est beau et ouvert sur le monde et c’est ce qui compte.
Bon, maintenant que ceci est derrière moi, je vais harceler mes contacts cubains pour m’obtenir une rencontre avec Omar Pérez pour la prochaine expédition. Une longue histoire, je compte sur votre discrétion
pour ne pas me poser de questions à son sujet. Je suis juste omnubilée par sa poésie. A woman can dream, no?
Frank Sinatra, Fly Me To The Moon
Et puis je ne peux passer sous silence la disparition, aujourd’hui, du grand Orlando “Cachaito” Lopez
Publié dans Auteurs, Batata, Cuba | Tags:Batata, Cuba, Omar Pérez, Orlando "Cachaito" Lopez
Trentième anniversaire de la Révolution iranienne
Vous souvenez-vous où vous étiez en ce mois de février il y a 30 ans?
Désobéissances II

Femme fatale, Pastel sec, 1982, 50 x 70 cm. de Dominique Beaudin
-Take off your mask/ Enlève ton masque.
I take off my mask/J’enlève mon masque.
-That’s better, light is perfect. Take off your glasses./Tu vois, c’est beaucoup mieux et la lumière est parfaite. Enlève tes lunettes.
I take off my glasses/J’ôte mes lunettes.
-Feeling better?/Te sens-tu mieux?
Should I feel better? Devrai-je me sentir mieux?
-Who are you?
Bon, là je vous avertis, je commence à perdre patience. Vous devriez le savoir que je n’aime pas répondre aux questions.
-Really? Nous pensions que….
Que quoi? Hein que quoi? C’est parce que je m’amuse à pianoter quelques lettres agencées qu’il faut du coup croire que vous avez mon portrait psychologique entre les mains!
Voix Off Elle a un passé qu’elle ne veut divulguer
Et voilà les amalgames qui commencent. C’est pas parce que j’aligne quelques mots qu’il faut nécessairement penser que j’ai vécu cela! Je n’ai pas de passé, j’ai des passés!
Voix Off Have we met before?
Only in your dreams, mate!
-Are you blind?
Blind to what?
-To this image you project.
Voix Off, celle de ma conscience cette fois-ci. Tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop? Ton imagination un peu trop fertile les induit en erreur.
L’imagination devrait-elle servir de bouc-émissaire à l’autocensure? Si ma conscience me parle comme ça c’est qu’il est temps que je la change!
-Tu es une sans coeur!
Voilà! Tout de suite, les grands mots. Et en quoi suis-je impitoyable?
-Tu ignores les règlements et l’étiquette!
Says who?
-Le bon sens.
Mais qu’est-ce que le bons sens? Une recette concotée en vitesse maintenant pour m’empêcher de parler, mais de me mettre à nu?
-Oh Dear, dear, dear, on ne t’a jamais dit qu’il fallait te faire silencieuse parfois?
Et voilà, on n’échappe jamais au sois femme et nourris l’imaginaire.
Leonard Cohen, Who By Fire
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Tournée vers l’ouest, j’aspirerai à toi
Ne pas oublier le mp3 de Che. Une longue histoire. C’est un jeune qui travaillait dans un des établissements où je loge quand je suis à Cuba. J’ignore qui des deux parents a pensé à le prénommer Che, toujours est-il qu’il porte le sobriquet d’Ernesto Guevara. Parce que che est une expression argentine et que che par ci che par là eh bien les Cubains ne manquant pas d’humour ont surnommé Ernesto Che. Bon, exit l’histoire 101 et passons à Che. Les Canadiens le surnomment Che Viagra et comme nous avions souvent l’occasion de discuter je lui ai écrit pour demander s’il avait besoin de quelque chose, il me répond oui un boulot au Canada, je suis danseur professionnel. Ah si tu savais Che là où je suis il n’y a ni troupe de danse ni endroit pour toi ai-je répondu.
Che biagra qu’il signe ses courriels, j’ai beau trouver l’expression rigolo je n’arrive tout de même à comprendre comment il peut la faire sienne. J’en veux à mes compagnons de voyage de l’automne dernier de lui avoir trouvé un sobriquet du genre.
Mais bon, qui suis-je après tout pour me demander ce genre de questions, moi je ne rêve que de Pérez à chaque fois que j’arpente les rues de Vedado et que je me retrouve face au Malecon. Et du Malecon j’essaierai tant bien que mal de trouver le nord-est vu que mes pensées seront vers le Maroc. Que voulez-vous j’ai toujours besoin de savoir où se trouve l’autre rive quand je me promène à La Havane.
A l’origine, je ne prenais pas au sérieux mes innombrables naufrages dans cette vaste immensité que je suis. Je n’avais nullement besoin de phare. Il y avait toujours l’océan qui m’interpellait, sans doute parce que je suis née et que j’ai grandi au bord de l’Atlantique. Je relis de vieux textes et l’océan est toujours présent bien plus que les plaines. Qui sait vraiment ce qui se cache en nous.Que ceux et celles qui savent, en sont persuadés lèvent la main et prennent la parole. Puis, j’ai découvert et me suis liée d’amitié avec les Cubains de mon village. J’ai trouvé en eux ce qui me manquait atrocement: ce sens de la dérision que possèdent certains peuples. Et mon rêve d’adolescente se réalisait, je partis pour Cuba. Il y avait au loin ce cousin que je recherche encore et que je ne parviendrai jamais à retrouver, du moins je ne me fais plus la moindre illusion. Au fil des visites, au fil des conversations je tentais de lire à travers les lignes. Certes, Cuba est une belle carte postale de l’extérieur. Pour les derniers communistes de la planète elle reste l’irréductible. Mais encore faut-il que nous, riches rêveurs, allions vivre un peu dans ce coin d’univers pour nous rendre compte que si le capitalisme pur et dur est une aberration, le communisme, lui, est contraire à la nature humaine. Cuba c’est un peu le Maroc, parce qu’il y a toujours les Tournevis de service, parce qu’il faut être extrêmement patient, parce qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Cuba, c’est un monde en trois dimensions. La vie de la majorité, la vie d’une minorité et celle des diplomates et des expatriés. Chacun possède sa vision des choses et tout le monde se perd dans le dédale. Toujours est-il que c’est parmi les rares endroits sur terre où je me sens chez moi. Il y aura mon départ après une semaine de filles, oui juste mon adorable ado, la chienne et moi. Il y a aura la route, les bagages. Il y aura l’adorable attaché commercial qui réussit toujours à me faire rire et son assistante devenue une grande amie. Il y aura celui que tout le monde craint, mais avec qui je m’entends très bien. Il y aura la longue liste d’items à acheter une fois sur place. Des centaines de kilomètres d’autoroute. Il y aura des champs et des champs à perte de vue. Il y aura les évaluations de variétés et une fois de plus maudire la mentalité de ploucs qui sévit dans notre bout de l’univers quand il s’agit d’ouverture vers le monde.
Il y aura ce pincement au coeur car je ne sais si je reverrai tout ce beau monde, tout ce monde pour qui je me suis battue pendant trois ans. Trois ans de lobbying, trois ans de diplomatie, mais trois ans de franc succès. Souvent lorsqu’on me demande qu’elles sont mes sources de fierté, je réponds mes enfants et mes rapports avec les Cubains. Et un brin de tristesse car je doute avoir l’occasion de rencontrer Omar Pérez alors je continuerai à peaufiner mes connaissances en espagnol juste pour le plaisir de le lire et de découvrir à travers ses mots la vie selon lui.
Il y aura les visages connus, celui qui danse comme personne, il y aura à manger et à boire. Et ce jour là après tous les discours, après les salamalecs, quand tout le monde aura mangé, je me mettrai à danser. Danser pour enfin respirer. Danser pour me dire mission accomplie. Danser pour me libérer du stress aussi bon soit-il. Et au retour lorsque nous serons tous assis au bord de la piscine à faire le point sur la journée, je leur dirai merci de m’avoir fait confiance pendant ces trois années. Merci tout simplement. Puis je tenterai de demander une fois de plus aux Cubains où se trouve mon Atlantique à moi. Parce que j’ai longtemps bourlingué et que j’aimerais tant fouler ma terre et ne plus avoir à dire j’ai toujours tes senteurs en moi.
Publié dans Afrique du Nord, Batata, Cuba, Exils, La vie la vie, Le pays des ancêtres, Ma tribu à moi, Mes errances | Tags:Atlantique, Che, Cuba, Errances, Identités, Maroc, Omar Pérez, Se ressourcer, Sources, Viagra
Before Leaving
Je reprends la route en emportant tes paroles. Tant à te dire, si seulement le temps pouvait nous être conté. A défaut de pouvoir te le dire, je dessinerai sur le sable cette histoire en gestation.
Radio Dervish, Amara Terra Mia
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Désobéissances III (Plus capable de supporter l’idiotie!)
C’est une adolescente sage, vive, brillante, sensible et éprise de justice. Alors que je pensais que la discrimination était chose du passé pour sa génération, voilà qu’une fois de plus; elle se retrouve à panser une plaie suite à une insulte.
Dans ce petit bout d’univers, il y a de tout. L’an dernier, elle s’est fait dire que vu qu’elle avait une ascendance arabe elle ne pouvait qu’être sympathisante d’un certain terrorisme quand elle demandait seulement de ne pas tomber dans le stéréotype. Puis, il y eut un autre incident qui la fit fondre en larmes. Aujourd’hui, quelqu’un l’a une fois de plus insultée en la traitant de juive. Elle sait que la personne est ignorante. Ce qui m’émerveille en elle c’est qu’elle ne supporte pas la banalisation des insultes à caractère discriminatoire. Elle me dit qu’aujourd’hui dans son entourage les ados pour insulter intimider quelqu’un le traiteront de juif ou de gay. Je me demande si tout n’est pas à refaire. Comment sommes-nous arrivés là? Souvent, je me suis fait dire qu’est-ce que j’aimerais avoir un peu de ton sang juif, tu sais marchander le prix d’une voiture. Hello, la dernière fois que j’ai vérifé être juif était une confession. A d’autres moments, j’ai entendu ostie que t’es dure en affaires, une vraie arabe. La dernière que j’ai vérifié était arabe quiconque parlait arabe. Evidemment, j’ai aussi eu wow tu fais trop amazigh. La dernière que j’ai vérifié, amazigh ce n’était pas une ethnie, mais un groupe linguistique.
C’est sans parler de Scorcese qui était ‘trop’ brun pour jouer avec les blonds du coin. Il m’arrive de me demander si par amour de ce multiculuralisme que j’ai hérité je n’ai pas condamné mes enfants à porter un fardeau supplémentaire.
Ce soir, elle a pleuré toutes les larmes de son corps. Ce soir, je n’ai fait que la bercer et lui parler avec tendresse. Je lui ai rappelé cette phrase que son oncle dit souvent : “what does not kill you makes you stronger”. Et cette autre phrase que mon amie prononce souvent: “les gens n’ont que l’importance que l’on leur accorde”. Seulement, ce soir, j’ai mal pour elle, mal pour cette société qui fait que les enfants répètent ce que leurs parents radotent. Marre de voir que dans les écoles même après tout le travail accompli ne sont pas capables de maintenir le cap. Ce soir, j’ai mal pour tous les enfants qui selon les autres ne font pas dans le moule à cause de la couleur de leur peau, de leurs origines, de leur différence cultuelle ou culturelle. Et juste avant qu’elle n’arrive en larmes, CBC dans un reportage parlait d’un exercice éthique où l’on demandait à des enfants de 4ème année (10 ans) de choisir qui sauver en cas de danger. L’exercice parlait d’un Acadien, d’un Canadien-Anglais, d’un Amérindien ou membre d’une Première Nation, d’un Chinois et d’un Africain (lire Noir) et demandait aux enfants de faire un choix éthique. Hello ? Comment en sommes-nous arrivés là ?
Ma soirée des Oscars
C’est le rendez-vous annuel que je ne rate jamais. Non, ce n’est pas pour mater les beaux specimens et encore moins pour ces belles robes que l’on porte une fois dans sa vie. Je me suis donc installée confortablement devant la tv, ai souri durant le numéro de Hugh Jackman. Bon, d’accord, j’ai toujours eu un faible pour les Australiens. Ou est-ce le fait qu’il me fasse particulièrement penser à Gregory Peck. Toujours est-il que je ne me suis pas rendue plus loin que l’Oscar de la meilleur animation. Dur dur, je sais. Mais j’ai peut-être bien fait de tomber dans les bras de Morphée car j’ai passé ma nuit à rêver. Parti Hugh Jackman, Brad Pitt aussi (mais lui fait pas partie de mes préférés question physique). Je me suis donc promenée de Cuba au Maroc, je suis passée par l’Ethiopie, ai fait une halte à Lausanne. Ai déménagé deux fois. J’ai conduit un bus et un tracteur, si si un tracteur. Suis allée m’excuser à des profs que je ne connaissais pas dans un cours de chimie que je n’ai jamais suivi d’avoir langoureusement embrassé mon amoureux alors qu’ils avaient les yeux ailleurs. Ai passé quelques moments sur une plage d’Asie. Ai repoussé les avances d’un gars que je trouvais collant. Ai retrouvé mon amoureux qui me disait prends tes cliques et tes claques on part en Malaysie. Me suis réveillée à 4 heures du matin me demandant qui avait eu l’Oscar du meilleur film et regrettant que Gran Torino n’ait pas été sélectionné. Dehors, le blizzard fait des siennes, espérons que ce soit le dernier. Un(e) scénariste sous la tente?
Publié dans Histoires de femme | Tags:Gregory Pech, Hugh Jackman, Oscars, Songe d'un nuit d'hiver
La cigale et la fourmi (versions anglaise et française)
Je n’ai pas pour habitude de poster ce genre d’humour, mais faut avouer que cette adaptation me fait sourire. Les cocos, ne lancez pas de tomates, elles sont précieuses par les temps qui courent. Je remercie Hamza d’avoir envoyé ce qui suit.
LA CIGALE et la FOURMI VERSION ANGLAISE
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été.
Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri et meurt de froid.
FIN
VERSION FRANCAISE
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été.
Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux comme elle, ont froid et faim.
La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.
Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance.
Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.
Les journalistes organisent des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie “sa juste part”.
En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination. Les impôts de la fourmi sont augmentés
La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer l’amende et ses impôts.
La fourmi quitte la France pour s’installer avec succès en Suisse.
La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.
L’ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir.
Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens de rénovation.
Une commission d’enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d’euros.
Libération et L’Humanité commentent l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
La maison est squattée par un gang d’araignées immigrées.
Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France.
Désobeissances IV Mon inventaire: nous n’avons que les défauts de nos qualités
Cela fait longtemps que je n’ai fait l’inventaire et ce soir une envie soudaine de me prêter au jeu que je me propose.
Je n’ai jamais été fortiche pour verbaliser ce que je pense vraiment
Je me retranche très souvent
Je fais confiance à très peu de personnes
Mes confidents se comptent sur les doigts d’une seule main
Je suis prête à beaucoup en autant que je puisse sentir que les gens sont sincères
Je lis entre les lignes et je peux être d’une grande cruauté quand il s’agit de disséquer un discours, je m’abstiens la plupart du temps mais quand je fesse je peux culpabiliser grave si je dépasse les limites de la bienséance et les lignes rouges
Je fuis les vitrines et les politesses
Je parle darija tout le temps dans ma tête si bien que mon français fleurit autrement et je n’ose même pas avouer les crises de fou rire de mes enfants quand j’exprime tout ceci en anglais
Je suis capable de plonger loin en moi et croire que plus jamais je ne serai capable de remonter à la surface
C’est quand on s’y attend le moins que je rebondis
Oui, je suis machiavélique par moments
Je suis capable de grandes crises d’angoisse
Je pleure très rarement et devrais le faire plus souvent
Je suis une sonde et crois en mon instinct qui ne me trompe jamais
Je suis généreuse et fait preuve d’abnégation envers ceux que j’aime
Je ne crains pas la mort
Je ne crains pas les conflits d’idées, le conflit est toujours source de progrès
Je suis impatiente malgré les apparences
Je suis une avalanche de colère lorsque je me laisse aller
Je ne suis pas rancunière, mais j’oublie rarement
Je passe l’éponge même quand l’attaque est injustifiée
Je ne monte plus aux barricades comme auparavant, assez donné dans ce volet
Je suis à gauche, mais crois fermement au mérite, t’es capable de travailler do it!
Je suis entière, j’aime pas les demi mesures
Je comprends et me mets à la place des autres, mais je n’accepte pas qu’on me dise quoi faire je n’ai plus l’âge ni la patience de me taper de tels discours
A suivre
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Désobeissances V (avant le départ)
Un petit billet avant de lever les voiles vers Cuba et en espérant vous retrouver, vous fidèles lecteurs et lectrices. Vous n’êtes pas nombreux, mais vous savoir de passage est un baume. Je suis à la croisée des chemins et sincèrement j’ignore de quoi mes lendemains seront faits. J’ignore encore si je me réveillerais au parfum de lavande, de géranium ou de pin. Je ne sais plus rien, sinon que le coeur ne bat plus aux mêmes rythmes que les vents du nord. Que mes crépuscules n’ont plus les ondes chatoyantes de la brunante. J’ignore si mes voyages ont érodé le meilleur de moi-même ou si à force de rechercher l’ultime, je me suis perdue en cours de chemin. Je sais seulement que je serai seule avec mes gouffres et mes décisions aussi pénibles ou apaisantes puissent-elles être. Je sais que j’entame mon chemin d’ordalie avant de me retrouver seule juge et partie. Mais comment être juge et partie, moi qui ai toujours juré que par l’impartialité? Je pars sereine, car je sais qu’au fin fond de moi-même que cette course vers l’absolu ne me fera que du bien. Parce qu’il est des moments dans la vie où il faut se regarder en face. Et mon miroir, pas celui des autres, me dit qu’il me faut faire le vide. Et je n’aime pas ce reflet surfait, cynique et blessant que je suis devenue, je n’aime plus mes remarques ni mes réflexions. Je ne veux plus du chantage émotionnel, ni devoir trancher qui de nous est le meilleur. Je suis prête à mettre tous les torts sur mon bord en autant que je puisse pouvoir naviguer de mon propre gré. Je n’ai pas failli, je me suis juste embourbée dans mes idéaux surfaits. Parce qu’à force de vouloir, j’ai cru que le monde m’était conté. Je dépose mon butin de vie et m’en vais chercher ce que j’ai perdu, à savoir moi. Ce ne sera certainement pas facile, mais le chemin vaut la peine d’être arpenté. Merci de votre passage sous la tente.
Un abrazo y saludos cordiales,
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Bye Cuba See You Soon Marruecos

Conter le voyage serait trop long. Il y a eu énormément de moments forts. Beaucoup de remerciements que j’en fus gênée, mais comme disait un de mes patrons: Loula c’est toi qui as bossé alors apprends à dire “ceci me revient”. Les gars étaient adorables. Et dans mon milieu de travail avoir des mecs comme eux comme patrons est un privilège. Ce sont des hommes qui non seulement travaillent la terre et en vivent, mais capables de faire prospérer leurs compagnies et faut se rendre à l’évidence que les femmes sont extrêmement rares dans le milieu sauf une dont j’ai entendu parler et qui fait la pluie et le beau temps en Turquie. Bref, réussir à se faire une place et se faire entendre est un exploit et me dit-on je suis la perle rare. Maintenant ceci dit, le voyage fut beau, court, intense un peu surprenant.
Merci à Julio d’avoir fait l’impossible pour que je récupère ma cargaison samedi et non lundi. Merci à toi d’avoir démontré toujours autant d’amitié et de professionnalisme. Merci à Julio bis pour avoir supporté le soleil malgré la grippe pour transporter la cargaison jusqu’au Melia Cohiba. Merci à Mark pour l’écoute et les moments de fou rire.
Merci à Fifi et Enrique, ma seconde famille, qui me reçoivent toujours à bras ouverts et me comblent d’amour et d’attention.
Merci à Joachim, Zineida et Vanessa pour ce merveilleux 8 mars passé en leur compagnie. Merci à Joachim d’avoir eu la gentillesse de m’écouter et de sécher mes larmes quand je lui racontais combien mon pays me manquait. Ces trois là sont devenus membres de ma famille étendue.
Merci à Beatrix et Diana, vous êtes définitivement dans mon coeur et jamais n’oublierai-je ces instants d’au-revoir, nous nous reverrons sous peu c’est une promesse. Diana, tu as maintenant une seconde maman et juste sentir ton émotion m’a fait chavirer. Une jeune fille en or tu es et une belle jeune femme tu deviendras. A vous deux toute mon affection.
Merci à Gillian qui a accepté de m’accompagner danser et pardon à Alex de ne pas lui avoir dit que nous allions tarder si tard.
Merci à Henk qui malgré m’avoir fait veiller toute la nuit m’a permis de découvrir une autre facette de lui. Un mec aussi humain que toi, cela ne court pas les rues même si j’avais peur de tomber sur le Malecon car mes souliers m’ont déjà fait le coup.
Merci à Felix, Rodolfo, Gary et Madelyn pour m’avoir soutenue lors de la crise de lundi. Merci à Madelyn d’avoir pris ma main et être restée près de moi. A Gary pour avoir eu si peur et avoir tenté de me faire rire. Merci au personnel du ministère de la santé de Cuba qui a eu la gentillesse de s’occuper de moi sans avoir à me demander si j’étais Cubaine ou pas. Merci aux jeunes infirmières d’avoir été aussi adorables. Merci au beau Dr. Mario de m’avoir écoutée, réconfortée et m’avoir dit de rester zen et d’avoir refusé quand j’ai voulu payer pour la consultation et le traitement. Vous étiez absolument merveilleux. Thumbs up Cuba!
Merci à Denis, Stephen, James, Ivan, Henk, Gary, Brian, Ivan, Gilles, Paul pour m’avoir fait confiance dans cette aventure. Un plaisir et privilège que d’avoir vécu ces moments avec vous.
Merci à Darge, José Luis, Luis, Maria Antonia, Felix, Yaili, Caridad, Rodolfo, Juan, Salomon et tous mes amis cubains. Je ne vous considère nullement comme des clients, mais comme faisant partie de mon petit cercle. Gracias por todo.
Merci à tous les Cubains et Cubaines qui ont fait plus que tout pour rendre notre visite agréable, quand il s’agit d’hospitalité vous êtres imbattables.
Merci au personnel du Melia Cohiba de tant de sollicitude et de diligence d’avoir fait l’impossible pour rendre mon séjour des plus beaux. Merci à toutes et tous, sans vous mon séjour à La Havane serait pas le même.
Bref, merci de m’aimer telle que je suis, vous êtes uniques!
Moins onze jours et je retrouverai mon pays d’origine, je sais que j’aurai la gorge serrée et les larmes aux yeux, mais ce sera de bonheur. J’ai trop galéré, envie de me retrouver parmi mes semblables.
Mwah à vous qui passez et repassez sous la tente
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A bientôt

Je pars retrouver mon souffle, mes sources, mon soleil, mon bout d’univers natal. Parce que partir c’est aussi se retrouver et se ressourcer. Je pars vers l’est même si cet est n’est que est l’ouest d’un autre est. Je pars les papillons au ventre et avec seuls bagages mes espoirs (petite précision terre à terre: j’ai une valise et un sac, sans compter mon oreiller et mon ordi pour rester connectée au boulot que je reprends en octobre). Je pars, mais je vous lirai vous qui venez et laissez en guise de partage quelques mots que ce soit sur vos espaces respectifs ou ici. Et puis je pars, parce que cela fait tellement longtemps que j’ai envie de partir et que c’est bien la première fois que j’ose le faire sans nulle promesse de retour.
Hâte de revoir les Pieds Nickelés qui se reconnaîtront, d’enfin rencontrer La plus belle plume féminine marocaine et surtout de m’émouvoir à chaque seconde qu’il me sera donné de vivre durant ces retrouvailles.
Merci de venir passer un moment sous la tente.
Mwah,
Loula aka Miiza aka Mjertla (parce que Jethro Tull et moi c’est une bien longue histoire) Mais, ce soir me vient l’envie de partager ce morceau d’anthologie.
Janis Joplin, Summertime. Thanks Mr. Gershwin!
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Bon baisers du Maroc (prise trois)

Il fait beau, fait bon vivre. Ai déserté Casablanca pour Mazagan ou El Jadida (Jdayda pour les intimes). Marrakesh est défigurée et c’est bien dommage, mais le Toubkal est enneigé et cela fait plaisir. Mais d’où vient tout cet argent est la question qui me hante, jamais vu autant de voitures de luxe et ww
, autant de construction. La circulation à Casablanca est bordélique, l’air un peu plus respirable. Les gens toujours aussi charmants lorsqu’on leur parle avec respect. Les policiers sont presque tous moustachus. Les gendarmes font toujours la pluie et le beau temps, et quelques irreductibles leur tiennent encore tête et c’est tant mieux.
Je me demande pourquoi les nanas conduisent des SUV/VUS pour aller chercher leurs rejetons de l’école ou encore aller faire le marché.
Ai visité pour la première fois Derb Ghallef (Dolce Gabbana ou tout simplement DG pour les intimes, attention c’est copyrighté
), une première pour la Casablancaise que je suis et ai été franchement impressionnée.
Sinon, bein la vie est belle, je m’adapte lentement et commence à reprendre des forces.
Mwah
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Le bonheur et moi
Trop heureuse pour écrire le moindre mot. Je me contente de savourer la vie. Et elle ne pourrait être plus belle, ne m’en veuillez pas. Suis entre El Jadida et Azzemmour. Ai eu les larmes aux yeux ce matin en me promenant dans la médina d’Azzemmour. Que n’ai-je perdu ma vie à essayer de rendre le monde heureux au lieu de rechercher ma sérénité. J’émerge tranquillement, je me découvre et je déguste chaque moment que la vie fait.
Mwah
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Menu du jour

Atelier de Najib Zoubir, El Jadida, Cité Portugaise
Sardines grillées, soleil, les embruns de l’Atlantique et une infinité de sourires. La simplicité. La vie est belle.
Mwah
Voir, revoir El Jadida et mourir …
Parce que je vis des moments inoubliables

Parce que me viennent des goûts insensés.

Parce que je ne suis bien qu’ici.

Et parce qu’il faut bien manger

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La crue II
C’était l’été ou était-ce l’automne? Je ne m’en souviens plus très bien et encore moins du raz de marée dont on m’a parlé. Tout ce dont je me souviens est ton regard qui n’a pas bien changé malgré les années, tu étais le soleil qui effaçait la grisaille. Les années ont passé et jamais ne t’ai-je dit que je t’aimais. C’est fait, te quiero a rass tarrou
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La crue IV

C’est le printemps, me dit-on. Tout le monde autour est heureux. Les gens sourient pour un oui, pour un non. J’ai la tête ailleurs. Je fais le tri dans ma vie. J’ai un tas de tiroirs compartimentés. Il y a ceux qui servent à garder les souvenirs jaunis. Ceux qui entreposent les histoires inachevées, les moments durs. Mes préférés sont ceux qui tels des coffres forts renferment les jours heureux. C’est le printemps me dit-on, alors j’aère dans mes tiroirs espérant voir leur contenu s’envoler comme des hirondelles.
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La crue III: Momo Cat Aaqoul Annass
Nous étions en bagnole quand me fut donnée la chance d’écouter ce morceau de reggae marocain. Immédiatement, ce fut le coup de foudre et je ne cessais de te demander de mettre la radio espérant l’écouter à nouveau était-ce sur Radio Atlantic ou Aswat ou encore Médi 1. Who cares after all. Ni toi ni moi ne savions de qui il s’agissait. Qui cherche trouve, comme tu dis si bien. Bein voilà, j’ai trouvé comme à mon habitude.
Loula aka Sherlock de Chtouka ![]()
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Désobéissances VI

Il y a un moment que je suis partie, il y a des années que je suis morte. Il y a des siècles que mon regard n’a plus d’étincelle. Il y a des millénaires que je me tais. Mais, voilà, je reprends goût à la vie. J’ai réappris à rire, à m’émerveiller de tout et de rien. Ma voix résonne une fois de plus et je refuse de dissimuler ce que je ressens tout comme je décline toute invitation au silence. Je me réapproprie ma vie et me soustrais à la dictature des bons sentiments.
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La crue V

Réveil tout en sourire. Rendez-vous au Spa. Déjeuner au Club House Le Birdie. Un sacré golfeur jouait sur le green juste devant la table. Les hérons pique-boeuf (tayrabgar
) se pavanaient sur le parcours. Au lieu d’une sieste sur le hamac, le plaisir suprême d’un hammam, d’un massage et d’un brushing dans le secret le mieux gardé du Maroc.
Et voilà que j’apprends qu’un hammam ouvre à Montréal. Quels chanceux ces mourialais!
Mais pas grave, je repars bientôt et m’offrirai encore le bonheur d’un bon hamman, d’une sieste sur le hamac, d’une marche sur la plage et voir les chevaux y trotter, de visiter le Haras régional d’El Jadida, d’aller voir les hommes miser le mercredi à l’Hippodrome Princesse Lalla Malika, de reconnaître la vache tâchetée qui n’en finit pas de se libérer de la corde attachée à ses sabots, d’admirer le courage des femmes qui 7/7 récoltent du fourrage pour le bétail, de voir le soleil plonger à l’horizon, de nourrir les oiseaux, de faire à manger, de parler aux gens, de déambuler dans la Citadelle, de sourire, de vivre tout simplement. Et avec un peu de chance y être à nouveau pour la seconde édition du Salon du Cheval d’El Jadida. Le décompte débute moonkiri.
Crue ou désobéissances ?

J’apprends le bonheur au milieu d’un chantier en perpétuelle construction. Qui a écrit que la vie était un long fleuve tranquille? J’aimerais bien lui dire deux mots
. Elle est tout sauf tranquille, mais elle est belle et mérite d’être vécue. Le bonheur à petites doses ou pas du tout? Et pourquoi n’est-ce point un verbe? Aimerais pouvoir le conjuguer je bonheure, tu bonheures, il/elle bonheure, nous bonheurons et ainsi de suite. Ce soir, au lieu d’écouter Nougaro chanter Tu verras tu verras, j’écoute la version originale; celle de Chico Buarque O QUE SERÁ. Les paroles me dit-on n’ont pas la même signification.
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En finir, une fois pour toutes
Je n’ai jamais rien demandé à personne. Je me suis toujours tue. J’ai toujours suivi les conseils-même les plus foireux- parce que c’était important pour la smala, celle que je n’ai pas choisie et celle que j’ai choisie. J’ai accumulé durant ces dernières trente années tant d’émotions- pas toujours heureuses- qu’il est peut-être temps que j’évacue ce trop plein.
J’en ai fini d’être la gentille, la timorée la sage. J’en ai fini de dire oui et de ravaler ma salive quand je n’ai qu’une seule envie: celle de crier non. J’en ai fini d’attendre. J’ai fini d’espérer de meilleurs jours qui n’arriveront jamais, de meilleures conditions de dialogue qui ne se présenteront pas. J’en ai fini de sourire. J’en ai fini de patienter. J’en ai fini de la mascarade. La terre ne cessera pas de tourner pour autant. J’en ai fini d’accepter tous les chantages émotionnels, toutes les promesses non tenues. J’en ai fini d’être celle qui écoute, celle qui ne se plaint jamais, celle qui au lieu de pleurer fait son enjouée. J’en ai fini des faux problèmes, j’en ai fini des crises de larmes, j’en ai fini des déprimes d’autrui. J’en ai fini de la sacro-sainte famille. J’en ai fini de tous les salamalecs qui ne font que me miner. J’en ai fini de mon abnégation légendaire.
Fait que prenez vos déprimes, vos conflits, vos espoirs perdus, vos larmes, vos promesses, et allez voir ailleurs si j’y suis.
Maintenant que ceci a été dit, je vais apprendre à être heureuse.
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Coucou
R.A.S. Tout va pour le mieux. La vie est belle, des ami(e)s autour, que demander de mieux? Lecteur, lectrice, puissez-vous pardonner mon silence, je promets de revenir dès que le temps le permettra.
Merci de votre compréhension & Mwah
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Mea Culpa
Je suis mal faite. Je ne sais ni adorer ni détester. J’oscille. Lecteur, lectrice, passant, passante, je tiens à vous remercier de vos passages sous la tente. Je lève les voiles sachant que de l’autre rive je vous écrirai plus souvent. On The Road again ma vie est une scène où les masques sont multiples. Si des choses m’étaient contées, j’emporterais mes masques (une collection) et aimerais être enterrée là où la mer berce ou tourmente nos journées et nos nuits. Shoot, va falloir que j’ajoute cela à mon testament.
Mwah

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Le dictat des mots
Le problème avec les mots c’est qu’ils font parfois défaut et faux bond quand il s’agit d’exprimer l’inexprimable. Ils n’en font qu’à leur tête pendant que je m’efforce de les retenir.
J’ai passé la nuit à leur courir après, pour ensuite me retrouver l’esprit hagard et le regard vide. Ils ne viendront pas, ne se manifesteront pas. Pas maintenant, je le sais, je le sens. Non, il y a bousculade, immense bouchon dans ma petite tête. Ils fusent de partout, mais refusent de rester. Sitôt pensés, ils manifestent leur autonomie. Les mots sont en grève. Ils revendiquent de la passion alors que je ne peux leur offrir que de la sérénité en cette journée. Une course effrénée, dont je suis incapable de décider du parcours, les propulse à travers mes veines. Ils deviennent froidure et doute. Chaleur et espoir. Telle une statue, je subis leurs vents érosifs, leurs saisons imprévisibles, leurs averses printanières, leurs tempêtes de neige et de sable. Je ne suis plus que crevasses, gerçures et sillons. Tout n’est qu’appréhension face aux mots déserteurs. Et je me retrouve à espérer le moindre petit arc-en-ciel.
Like a tormenting nightmare
Words haunt me
Then fade away
While shouting at me
Fill the void
Fill the void
Bons baisers du Maroc
Mystical illusion
Pourquoi refuser ce que nous sommes? Penser, c’est déjà panser. Non?
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La marcheuse
Et sur la route, plusieurs visages, plusieurs histoires. Nous pensons à raison ou à tort que nos sentiers peuvent nous mener loin ou encore nous projeter ailleurs, disait le sage. Il avait, une fois de plus, réuni tous les jeunes de la Cité. Tout en retrait et sans se fondre dans l’audience, une petite fille écoutait. Elle avait entendu ce discours bien des fois, quand autour du feu son père se plaisait à relater le passé. Ce soir, elle se rendit compte que le visage de son père se confondait avec les histoires d’antan. Elle avait beau fermer les yeux et essayer d’esquisser les traits de son visage, rien n’y faisait. Elle réprima un sanglot naissant et essaya de noyer la boule grandissante qui ne cessait d’opprimer sa poitrine. Quand tu seras grande, tu parcoureras des contrées encore inexplorées, disait la voix de ses souvenirs. Tu feras attention à ne pas mélanger récits et géographie, tu feras surtout attention à ne pas te laisser subjuguer par les diamants des sommets de montagnes. Un diamant n’est qu’une pierre, fruit du labeur des sans visages que d’autres vendent au prix fort. Jamais, ne t’attarde à la beauté apparente, scrute et creuse en toi. Il lui semblait que son père était encore tout près. Elle avait cessé de compter les nuits et les lunes qui marquaient le départ de son conteur préféré. Elle se leva, prit le petit sac de victuailles que sa mère avait soigneusement préparé en fin de matinée et décida de quitter la Cité. Perdue dans ses pensées elle ne sentit la petite main la toucher, un enfant plus jeune qu’elle tentait de la retenir. Dis, tu m’emmènes avec toi? Tout autour d’elle ne semblait subsistait que décombres et enfants en haillons. Elle voulut se débarasser du petit garçon, mais le souvenir de son père l’en empêcha. Elle lui prit la main et lui somma, du regard, de se lever. Ce qu’il fit avec certitude. Dis, où allons-nous? Là où le soleil ne se couche jamais, du moins c’est ce que me racontait mon père.
Publié dans Histoires de femme, La vie la vie
Décris-moi mon peuple et ma communauté
Je n’ose apposer le terme Nation car je risquerais de mettre le feu aux poudrières et tel n’est pas le but de ce billet. En fait, je vais demander aux passants et passantes de se définir en tant que Marocains et membres de la Blogoma ou de définir la Marocanité ou les Marocains si ils ne le sont pas. Pour ma part, je dois vous avouer que j’ai, comme tout le monde, mon idée sur la question, mais que je laisse le clavier aux passants et passantes, histoire d’entamer une nouvelle page sur cet espace.
La parole est à vous
Publié dans Afrique du Nord, Blogma, Le pays des ancêtres, Maghreb
De retour sous la tente

Mes plus plates excuses, passant et passante d’avoir négligé cet espace. J’ai pris du temps pour remettre de l’ordre dans mes idées et autant pour foutre le capharnaüm dans ma p’tite tête où continuent à jouer aux bolides sensations fortes et prises de décisions. J’ai fait des rencontres sublimes, ai raté tant de rendez-vous, me suis prise la tête avec moi-même. J’ai même osé, le dernier jour, montrer le doigt à un automobiliste; assisté à quelques ébauches de bagarres et j’avoue avoir eu peur par moments; vu des gens prendre la voie publique pour des toilettes; constaté le déglinguement des infrastructures; parlé à des policiers super gentils et pris en photo tous les canons de la Cité portugaise (là rien à dire les autorités marocaines sont d’une nullité inégalée quand il faut préserver le patrimoine mondial). J’ai aussi réalisé qu’il fallait à la zmagria que je suis bien de la patience pour m’adapter à une dynamique qui n’était plus mienne, à un rythme de vie que je ne comprenais plus et faut avouer que nous devons changer de lunettes quand nous posons le pied dans nos pays d’origine. J’ai détesté cette façon rustre qu’ont certains et certaines de s’adresser aux gardiens de stationnement, aux vendeurs, aux concierges. J’ai abhorré ce snobisme où certains préfèrent parler français plutôt que darija pour se pomper l’égo ou se montrer supérieur à leurs interlocuteurs. Je fus surtout surprise de voir le monde se la jouer. Car, après tout et dans la plupart des cas nous sommes tous né(e)s de la même façon, non? Je ne suis toujours pas allée en Andalousie et me demande si j’y parviendrais un jour. Je ne suis pas sortie, non pas souvent.
J’ai paniqué lorsque je n’ai pas vu ma fille sortir du Terminal 3 bouclé par peur de bousculade. En fait, elle a été retenue pendant une heure car n’avait pas sur elle l’adresse où elle séjournerait et ai été soulagée quand le gendarme a finalement eu pitié de moi et m’a laissée passer pour aller m’enquérir de son sort et la retrouver en train de se faire taquiner par un policier qui lui proposait de la garder quelques heures de plus afin qu’elle apprenne plus de darija. Mais, revenons au Terminal 3 de l’aéroport Mohamed V, Monsieur Benhima, quand donc les horaires d’arrivée seront-ils sur écran? Ce n’est quand même pas la fin du monde d’installer un écran?
J’ai revu Oualidia et la famiglia. J’ai déambulé quelques heures à Casablanca. J’ai élu domicile à Haouzia, suis allée à Moulay Abdellah Amghar, ai rencontré le beau Bouchaïb cultivateur bio du Jorf et lui ai promis d’essayer de lui trouver une copine (avis aux intéressées, il a les yeux d’un bleu azur à faire pâlir Brad Pitt, aime rire et travaille la terre, ça relève du fondamental). Je me suis petit à petit habituée au rythme de vie. J’ai adoré chaque fois que je suis allée acheter du pain de seigle chez mon épicier préféré, un soixante-huitard comme on n’en fait plus, chaque signe de la main de Aziz, le laveur d’autos; chaque mot échangé avec le boucher du marché central, chaque conversation avec l’autre Aziz, marchand de légumes qui se faisait un plaisir de commander basilic à chaque fois que j’en voulais. J’ai ri avec mon cousin et mon frère; revu quelques uns de mes amis; été émue aux larmes de revoir les petits cousins et contasté avec bonheur que ma fille partageait bien des affinités avec ces derniers; imaginé être ailleurs quand les cousines voulaient m’embarquer dans une conversation typiquement tribale; regretté de ne pas savoir conduire une manuelle même si ma fille ne donnait pas cher de ma peau et qu’elle me l’a encore rappelé hier; pleuré par moments et ai été attendrie la plupart du temps.
Maintenant que je suis de retour, chaque moment est un bijou à protéger dans le plus précieux écrin.
Mwah
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Chroniques havanaises IV
Il pleut sur la ville, de loin nous parvient le fracas des vagues sur les murailles du Malecon. Juan et moi partageons une mangue et marchons lentement. Qu’importe si nous n’avons pas de parapluie, qu’importe si nous n’avons pas suivi les conseils de tout le monde, La Havane s’orne de mille et un diamants sous l’effet de la pluie rédemptrice. Nous nous réfugions sous un ceiba, puis nous continuons à marcher. L’Avenida de Los Presidentes semble ressembler à une vague toile impressionniste. Une femme vient déposer des offrandes au pied d’un ceiba. Juan espère que ses prières seront comblées. Il se retourne vers moi et prend son air le plus sérieux pour me dire el fin no justifica los medios
La faim qui te fais basculer. La honte de ne me recevoir. Toi et tes slogans placardés partout . Eux qui sont tombés pour un idéal et la culpabilité que nous devons porter pour respirer. Au bout du tunnel, au fond de cette gare, la faim est un concept abstrait, lointain , mais elle est présente dans chacune de mes rencontres. Elle me bouffe comme tu me bouffes. Et je me demande si j’ai encore envie de jouer même si je t’aime. La musique arrive et j’ai peur de ne plus te retrouver toi mon île, celle des privations qui me font espérer des jours meilleurs, mon île de la disette, mon île des embargos. Siácara! Je jette tous les mauvais sorts à la mer. Siácara, je me dévêts pour vous implorer vous, toutes les déités, de nous foutre la paix. Siácara! Je me rends compte ce soir combien tu me manques et je dois patienter. Je dois me taire pour pouvoir te défendre dans quelques jours. Dis, me donneras-tu la force du silence?
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Mes errances nocturnes
Je rêve beaucoup ces derniers temps. De tout, de rien, de situations cocasses ou encore conduisant une Porsche rouge. Cette nuit, j’ai rêvé que je plantais des légumes pas loin de Sidi Bennour. Et les zucchinis étaient en fleur. Me suis réveillée contente, sauf que je n’ai pas encore trouvé le petit terrain pas cher. Qui vivra verra.
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Dépendances

Dans le ciel les étoiles me font de l’oeil. J’écris dans le vide en parlant d’un de ces quatre. S’il me fallait effacer ces instantanés qui meublent la vie, s’il me fallait attendre que la brunante chasse le jour et patienter que l’aube revienne, s’il fallait que mon nomadisme s’use, qu’adviendrait’il de mes dépendances? Je me le demande.
Publié dans Mes errances | Tags:errances et dépendances, quand le nomadisme s'use
L’art de la délation selon Aujourd’hui le Maroc
Un éditorial digne des auto da fé menant à l’Inquisition pointe du doigt plusieurs membres de la blogoma et de la twittoma. Ce que j’en pense? C’est un appel à la délation. C’est non conforme à la déontologie et puis ça fait tellement barbouze. Le plus malheureux dans tout cela c’est que le lecteur lamdba et encore faut-il qu’il puisse lire ce bout de chou n’y comprendra rien de rien. Vous êtes avertis blogueurs et twitters marocains, vous serez dorénavant fichés si vous avec le malheur de vous exprimer, qu’importe que vous soyez d’un bord ou de l’autre. Vive l’opacité et le manque d’inspiration. Ci ispisses di blogueurs et di twitters qui croient tout savoir, vous avez pas honte ‘révolutionnaires du net’ (fallait la trouver celle-là, chapeau à la plume derrière cette délation!)
?
Publié dans Coups de gueule! | Tags:Autodafé, Délation, journalisme mchermel, La blogoma dérange, mais la twittoma encore plus!, Maroc
Pourquoi?
Pourquoi est-il si difficile de parler du douloureux? Est-ce par pudeur pour les autres? Est-ce par respect pour les autres? Pourquoi est-il si difficile de revisiter certains pans de la vie? Pourquoi faut-il que la mémoire, se fasse si sélective? Pourquoi faut-il refuser de donner sa douleur en pâture? Pourquoi faut-il se taire et laisser l’ire ourdir et nous détruire? Pourquoi faut-il laisser à d’autres ce qui nous revient? Pourquoi abandonner? Pourquoi ce fatalisme qui t’a mené à préférer les autres aux tiens? Pourquoi tant d’indifférence? Pourquoi? Est-il autant de pourquoi que de parce que?
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L’impasse de l’oubli
Une ruelle, perdue dans le quartier de l’oubli. Sous le seul lampadaire, viennent se rencontrer les nostalgiques avant de disparaître dans l’obscurité de la nuit. La rue est sans cesse balayée par les vents. Les sables amnésiques la recouvrent lorsque gronde l’oubli. Les gens du quartier l’ont surnommée ainsi à cause des souvenirs ensevelis sous les attaques répétées des vents temporels. L’oubli n’est pas une faculté donnée à tous. Certains reviennent le soir guetter les fantômes de leurs jours heureux.La nostalgie n’est jamais difficile a reconnaître. Maladroitement, cette dernière tente de cacher le désarroi qui la ronge et la nourrit. Un air de dignité sur un fond de tristesse résignée.Il n’est pas un jour où ne viennent des êtres à la recherche du bonheur égaré. Luttant contres les vents de l’intolérence, ils s’affairent à reconstruire le temps d’un regard des châteaux de poussière. Ils restent là des heures durant à observer, le regard mort, cette rue pourtant bien ordinaire.
Et lorsque passe un sourire, ils ne manquent pas de verser une larme. Le sol de la rue regorge de rivières nommées amertume, de sources maquillées d’amour. Et les marées n’en finissent pas de balayer ces demeures luttant contre les omissions de l’existence.A la recherche d’un signe auquel j’aurais pu m’accrocher, j’ai élu demeure dans cette impasse. Depuis, je survole leurs souvenirs. J’ai vécu les histoires des autres, vu leurs songes, leurs larmes sont devenues miennes. Je suis semblable à ces murs dont la peinture s’écaille au rythme des saisons. Je deviens algues sur leurs parois humides. Ici, nous n’avons pas de noms. Personne ne nous adresse. Et lorsque quelqu’un nous fait don de ses souvenirs nous l’intégrons tout simplement. Je ne peux plus me souvenir du mien. A quoi bon après tout, puisque je vis au milieu de temples en ruines et de déités déchues.Vivre sans amarres me paraissait bien plus douloureux. Ailleurs, les arbres ploient sous le poids de leur parure. Un manteau blanc recouvre le sol. Une jeune femme me prête son regard. Pour elle, je m’amuse à dessiner sur la neige immaculée mots et signes venus de loin. Bientôt, il sera minuit. L’heure de toutes les folies, de tous les interdits. Elle dévalera la ruelle en imitant l’envol de l’aigle et son cri brisera le silence bleu. Elle semblera hésiter et pensera que tout ceci relève de l’onirique, qu’elle ne voudra plus rêver. Elle dira qu’elle est lasse de survoler les mêmes tours, les mêmes regards, les mêmes murs. Elle aura juste envie d’envoyer balader tout ça. Il est minuit et les âmes se terrent. A travers les persiennes de leurs coeurs emmitouflées, les êtres jugent. Elle dit que la vie est une sorte de théâtre à ciel ouvert où l’improvisation est de rigueur. Que nous sommes semblables à ces roches que les incessants fracas du temps finissent par éroder. Que ce serait puéril que de résister à la flamme qui brûle en soi. Le bonheur élude ceux qui le recherchent ardemment. Elle me prête ses mots et m’investit à son tour. Les zones de grisaille s’estompent et au loin scintille une étincelle. L’horizon des uns fait le malheur des autres semble me dire son regard. Sur cette grande piste qu’est notre éphémère passage, les corps s’attisent, les esprits dansent. Ce qu’on pensait hier être unique est aujourd’hui insipide. La dague qui, aujourd’hui, lacère nos chairs ne sera qu’un léger frémissement demain. L’on pense avec tort ou avec raison que rien ne se défait et encore moins puisse être refait. Elle me parle du titan tapi en elle qui excise ses moindres fantasmes. Elle est enfant du vent que nul n’arrivait à maîtriser et encore moins emprisonner. J’aurais voulu être elle. Etre ce sud, ce nord, cet est et cet ouest, ou encore ces vents qui feraient claquer les persiennes closes. Radeaux tissés de rêves, nous traversons l’océan qu’est devenu l’impasse de l’oubli. Bientôt, la tempête se lèvera, mais qu’importe il y a si longtemps que nous avons cessé d’exister.
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C’est sur la Main que nous aimions et sur la rue Bernard que nous pleurions
Aussi loin que je m’en souvienne, j’étais fascinée par Rita Hayworth. Non, je n’avais ni son regard, ni le galbe de ses jambes, mais quand un homme me regardait je ne pouvais m’empêcher imaginer lui décocher un regard à la Rita. Je le sentais défaillir et perdre le contrôle. Certes, on aurait pu m’accuser de jouer à la femme fatale, de toujours attirer les mecs sous le balcon. Certes, j’aurais pu me défendre de n’être qu’une innocente, faire la moue; de traiter ces amoureux transis de pauvres emmerdeurs et de reprocher à mes sœurs de n’être que de malheureuses jalouses. Mais, maintenant que je suis obligée d’écrire des lettres pour les autres, me vient cette idée soudaine d’envoyer balader les conventions et de diffamer, par instants, ceux qui n’ont jamais posé les yeux sur moi et celles qui m’agaçaient avec leurs histoires d’amour. J’ai pendant longtemps eu la phobie de l’amour.
Dans ce temps là, on me surnommait Cafard-Grillé. J’étais maigrichonne, petite au milieu des grandes cousines et je vivais dans un univers interdit à tous. Non que j’ai été victime du mal de rêver, mais je m’aménageais un monde à part. Si tous les bonheurs que vivaient les autres m’étaient interdits, j’escaladais les montagnes, franchissais des obstacles, défrichais des forêts pour dire adieu à une jouvence qui ne venait jamais et surtout, surtout , pour enquiquiner ces êtres qui faisaient partie de mon entourage. Parce que dans cette sacrée sphère qui était mienne sans que je n’ai eu à la choisir, on pensait qu’un petit cafard aussi grillé étais-je n’avait pas le droit de se perdre dans les méandres de la vie et encore moins épier le monde de derrière les volets. Enjamber les clôtures, tel était mon voeu le plus fou.
Montréal il y a de cela une vie
Le Plateau n’avait plus aucun secret pour nous. Nous étions le trio infernal, trois Africaines lâchées dans la luxuriante jungle montréalaise. Lucia distribuait des étoiles à chacun de ses pas.Salomé voulait la gloire et l’amour. Nos calendriers signifiaient-ils bien plus que nos quêtes respectives? Nous étions de drôles d’exploratrices dans cette savane qu’était le Plateau. C’est sur la Main que nous aimions et sur la rue Bernard que nous pleurions.
Nous étions jeunes, nous ne comprenions rien à l’italien, mais nous chantions Sono uno italiano vero comme si nous avions grandi toute notre vie dans un village des Abruzzes, de Sicile ou de Calabre. Outremont croulait sous les arbres aux bourgeons rivalisant, chacun son espèce, pour repeindre la ville longtemps enfouie sous son linceul de neige. Nous dévalions l’avenue Laurier nous imaginant être des cerfs-volants. A droite, avant que le Ciao n’ait pignon sur rue, le Keur Samba et le bar Izaza à gauche, nous accueillaient à bras ouverts. Lucia criait dans la rue: wa Al Mahgrib et racontait le dernier Youm Kippour à Casablanca. Salomé promenait son regard et crucifiait les mecs de son regard indolent. Je me perdais à suivre les pas de Salomé lorsqu’elle essayait de m’apprendre à danser, elle finissait toujours en jurant n’avoir rencontré plus rebelle que moi. Il m’importait peu d’être surnommée Cafard-Grillé Rebelle, il suffisait que je ferme les yeux pour retrouver mon Afrique. Là, sur l’avenue du Parc, il n’y avait plus de frontières, nous n’étions ni Blanc ni Noir, la musique nous emportait, nous scindait…Salomé s’amusait à rêver en couleurs et Lucia étalait, au canif, ses réflexions sur le canevas de ses nuits blanches. Elles disséquaient la vie, chacune à sa façon, pendant que je faisais les 400 pas sur mes passés décomposés. Que sont devenues mes copines d’antan?
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Beirut, I Love You (I Love You Not)
Un bijou de vidéo. Rien de mieux que de partager avec vous nobles passantes et passants mes coups de coeur. Je vous souhaite une excellente journée et un bon début de fin de semaine.
Mwah
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Un musée pour les muses

Cette folle impression que mes manies me manquent. Non, je ne suis pas devenue sage pour autant. C’est certainement l’automne, bein non pas la saison, mais l’automne le vrai, celui qui s’installe insidieusement sans vous avertir. Ce sont les murs qui poussent dans la vallée, c’est le fleuve qui ne charrie plus grand chose. Envie de lâcher mon fou, mais personne avec qui parler ou délirer. Puis, panne d’inspiration. Mince, pourquoi muse n’aurait-il pas de masculin!
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Radiodervish

Je ne connaissais pas, mais en février dernier j’ai tapé terra et je suis tombée sur un premier vidéo. Depuis, je les écoute à tous les matins. Et comme il neige ce matin quoi de mieux que de belles voix et de belles mélodies malgré la mélancolie qui s’en dégage.
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Histoires d’amour
Désolée pour ceux et celles qui ne parleraient pas l’arabe, non la darija comme vient de me le rappeler Chaymaa. Il neige et j’ai besoin d’imaginer un soleil éclatant.
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Alaa Al Aswany: Why are Islamic extremists obsessed with female bodies?
Fanatics view women as objects – of pleasure, temptation and sin – and use strictness toward them as an easy form of religious struggle. La suite ici.
Yes Dany again and again. Merci!
Dany Laferrière, c’est pour moi, les samedi après-midi sur Radio-Canada avec Marie-France Bazzo. Et c’est encore l’émission “Je l’ai vu à la radio” toujours Radio-Canada. Gee, des moments de plaisirs inégalés. C’est son premier roman Comment faire l’amour à un Nègre sans se fatiguer, puis Éroshima; L’odeur du café,Le goût des jeunes filles;Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit?;Chronique de la dérive douce;Pays sans chapeau; La chair du maître,Le charme des après-midi sans fin; Dans l’oeil du cyclone; Le cri des oiseaux foux,; Je suis fatigué; Je suis fou de Vava, 2005 et Je suis un écrivain japonais. Je suis en amour avec sa plume. En fait, il est un tradition littéraire antillaise et africaine qui me fascine. Il y a aussi Patrick Chamoiseau avec Texaco. Et le Congolais Alain Mabanckou. Au-delà des histoires qu’ils nous content, il y a la langue dans toute sa beauté, ils la triturent, l’habillent, la déshabillent, la reformatent, lui donnent des couleurs, des sons, la stressent, la font fleurir, l’annoblissent et la possèdent. L’avenir de la francophonie se trouve définitivement dans ces cultures loin de l’Hexagone. Je suis aux anges aujourd’hui.
Pour écouter un extrait de son roman cliquez ici Dailymotion fait des siennes donc impossible de poster le vidéo à l’intérieur de ce billet.
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Zwaj Lyoum
A prendre avec humour.
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Beautiful Tango
Parce que parfois, il suffit de se taire. Il suffit de vivre, d’assumer et de s’assumer, tout simplement. Il y a eu des visages, des amitiés rares. Suffit de fermer les yeux et laisser le parfum des souvenirs remonter et charrier ces moments de complicité. Ce matin, il vente fort et il me semble être un de ces immenses paquebots attendant une horde de touristes avant de prendre le large. Il y aura des souvenirs; il y aura des projets. Alors que je pensais avoir tourné la page, voilà que je m’embarque vers d’autres horizons professionnels. Je n’en dis pas plus pour le moment. Comme d’habitude, je me retrouve confrontée à mes démons. Qu’importe, ils font partie de moi et j’ai dépassé le stade de décortiquer. Que sera sera, il suffit de laisser la vague nous emporter et si le courant se fait fort, nager autrement afin de ne pas se noyer.
Un bijou que cette interprétation de Zahra Hindi
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Cet autre en moi
Quand j’aborde mes souvenirs, il faut que je les délivre, les détache de mailles… que je fouille, excave, désobstrue ce qui les engonce… que je les libère de cette carapace qui les emmure. Le reste n’est qu’artifice et fange pour orpailleurs du dimanche…
C’est toujours comme ça qu’il débute ses phrases lorsque lui prend l’envie d’adresser quelqu’un. Il sourit quand de jeunes amoureux passent et tempeste à la vue des vieux. Il dit que la misère humaine est une seconde peau et fuit ceux qui se plaignent. Il est arrivé un matin d’été et depuis squatte la terrasse. Il scrute l’horizon disant qu’une bonne nouvelle lui parviendra sous peu.
De lui, personne ne semble rien savoir. Il a eu plusieurs vies, des milliers de sentiers. Il parle de ses amours au passé simple. Car, vois-tu, je ne supporte le décomposé et encore moins l’imparfait. me dit-il avant de fumer son pétard et rejoindre les dunes.
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Águas de Março/Les eaux de mars
Pour le fun, pour chasser la grisaille, pour dire non tout simplement.
Publié dans Musique | Tags:Antonio Carlos Jobim, Ariane Moffat, Águas de Março, Georges Moustaki, Les eaux de mars, Monica Freire
Fragments de femme

Nous sommes tous Laila est une initiative annuelle qui a démarré en 2006 Pour en savoir plus veuillez visiter le site de l’initiative. Hisham a eu la gentillesse de m’inviter à participer à cette édition.
A Larbi
Comme décor, une cuisine, un salon
Personnages
La croqueuse
La rêveuse
L’impatiente
Le mâle
L’enfant
La croqueuse : Ce soir, je sors et je fais la fête. Je me fais séductrice et je fonce! Mon regard invitera à la noyade et mon sourire miroitera les plaisirs interdits.
La rêveuse: Demain, dans un mois, dans un an. Le soleil sur ma peau, mon visage offert au vent. La traversée sera belle et la rencontre envoûtante.
L’impatiente: Quitter cette atmosphère sénile et sclérosée, déguerpir au plus sacrant. Ne pas jeter un seul regard en arrière, ne pas me transformer en statue de sel. Fuir avant de me faire empailler.
Holiday chante « It’s now or never ».
L’impatiente: Cette musique me tape sur le système, vous ne pourriez pas trouver quelque chose de plus gai à écouter. Ca sent la vieillesse ici. Bougez-vous!
La croqueuse: Mais on bouge la jeune, chacune à son rythme chacune à sa façon. Tu me fais rire par moments. Trop pressée pour t’attarder aux belles choses que la vie t’offre. Attarde-toi un peu sur ce qu’il y a autour de toi.
L’impatiente: Tu peux parler toi! Tu sautes sur tout ce qui ressemble à un mâle! Une véritable allumeuse version in. Regarde-toi, tout en toi pue la luxure et la décadence!
La rêveuse: Vous ne pourriez pas vous taire, écoutez, sentez cette voix.
La croqueuse: Toi la rêveuse, rêve! Quant à toi, la petite jeune! Je ne pue pas la luxure. Je respire la vie, tu sauras. Tu t’ériges en moralisatrice, p’tite morveuse! Tout ce qui n’est pas toi, t’est complètement inconnu, ça te fait peur ça te dépasse. Respire un peu la vie au lieu de lui courir après. Et puis, ce que tu appelles la luxure n’est à mes yeux que sensualité, ça s’assume ça ne s’improvise pas!
La rêveuse se lever, se dirige vers le salon, met un disque et s’étend sur les coussins.
La rêveuse: Je rêve à cette terre non foulée. A la révélation. Aux signes enfouis et inconnus. Fermer les yeux. Voyager. Décoller et ne jamais toucher le sol drabe de la réalité. Apprendre le vol de nuit. Survoler la terre et ses merveilles. Reconstruire les jardins suspendus, le phare d’Alexandrie. Passer des nuits blanches à lire des manuscrits anciens.
Chœur : Adonis, porte la coupe à mes lèvres.
La rêveuse: Se réapproprier le verbe, émouvoir par les mots. Griser de caresses verbales. Se consumer.
L’impatiente: Dis donc, la rêveuse, t’as pas fini ta litanie! Tu commences à dérailler, ma parole! Mais quelle paire vous faites!
La croqueuse: Ça te chatouille quelque part qu’elle puisse rêver et que je puisse assumer. Dis-nous,-toi, petit cancrelat. De quoi sont faits tes rêves?
La rêveuse: Ne t’en fais pas. Un jour, toi aussi, tu rêveras. Tu t’installeras ici et tu feras ton propre procès. Tu disséqueras ta vie, jusqu’au moindre petit détail. Tu te demanderas si tu l’as réussi même quand elle te semblera des plus belles. Plus tu seras heureuse, plus tu te poseras de questions. Le bonheur te semblera lourd à porter. Tu auras besoin de tragédie. Car tu ne peux vivre sereinement. Tu seras comme moi attendant le moindre espoir d’évasion. La moindre tourmente, le moindre déchirement.
L’impatiente: Comment peux-tu dire des choses pareilles! Pourquoi deviendrai-je comme toi sensible au moindre mot, à la moindre caresse. J’ai toute une vie devant moi et quoi qu’il advienne, saches que je serai maîtresse de ma destinée.
La croqueuse: (en éclatant de rire) Maîtresse de sa destinée et qu’est ce tu penses qu’on est en
train de faire, écrire un roman Harlequin? Penses-tu qu’on soit là à être passives et sans vie. Soumises au destin et à sa volonté. Non, mais je rêve, elle éclot à peine et nous prend pour des fleurs fanées. Hey, la morne môme! Allez parle-nous de tes rêves les plus secrets. Y a t il un mâle digne de ce nom ou un petit gringalet boutonneux et timoré? Ha haha.
Deuxième acte
La rêveuse: Je me souviens de ma première flamme, Chafik. Il avait le regard doux et déterminé, le nez aquilin, la barbe naissante. Je revois encore ses lèvres rose et juste assez fines. Et ce sourire et ces dents aïe! Comme tout ceci remonte à si loin. Vingt ans déjà! Je me souviens de ces dimanches que nous passions à refaire le monde. Ces dimanches tristes et
sans vie. Gris et maussades.
L’impatiente: Pas lui! Mais il n’arrêtait pas de brandir Marx à toutes les sauces. Puis, cette façon qu’il avait de se prendre au sérieux.
La croqueuse: Il n’était pas si mal, très mignon même. J’aimerais bien savoir ce qu’il est devenu ce numéro un.
La rêveuse: Aux dernières nouvelles, il était quelque part en Amérique. Mais à quoi bon, inutile de réveiller les vieux démons. Ça n’a rien donné il y a quinze ans et puis les âmes à la dérive, ce n’est plus ma spécialité.
La croqueuse: A la bonne heure, ma belle! Enfin, tu commences à comprendre! Rien de mieux que lorsque la conquête à la tête sur les épaules. Le voir perdre pied en même temps que toi. Seul moment où chasseur et proie communient vraiment.
L’impatiente: Moi, je vais le rejoindre bientôt, ailleurs. Loin de tout ce cirque. Nous serons deux et tout à fait anonymes. Nous pourrons enfin être ensemble, loin de cette atmosphère morbide.
La croqueuse: Tu ne t’en iras pas ma belle. Tu as trop peur de ce qui t’attend. Peur de vivre en paria. De ne plus pouvoir rentrer chez toi. Fouler ta terre. Voir ton monde. Tu sais qu’en le suivant, c’en sera fini pour toi. Tu vivras comme lui. Tu déménageras à tout bout de champ. Tu
regarderas par dessus ton épaule au moindre bruit. Je vois déjà ton trajet: Lisbonne, Berne, Malte, Beyrouth. Penses-tu avoir les nerfs assez solides pour vivre l’exil de cette façon. Ne plus voir personne, ne jamais dire où tu es, ce que tu fais. Tu deviendras une copie pâle de ce
que tu es aujourd’hui. Mais, en plus amère. Et un jour tu finiras par partir et le laisser. Alors, autant le laisser maintenant. Donne-lui la chance de se refaire une vie, un nom.
L’impatiente: Mais, c’est que je l’aime, moi!
La croqueuse: P’tite fleur, tu crois l’aimer. Et si tu l’aimais vraiment, il te faudrait le laisser faire son trajet tout seul. Ne freine pas son élan. Si tu l’aimes vraiment, laisse-le tout seul. Préserve ce qu’il y a de plus beau. Crois-tu qu’en laissant un homme on ne meurt pas un peu. Chaque rupture est une mort en soi.
(Musique : Paul Personne chante Ne me laisse pas tout seul avec moi.)
L’impatiente est assise dans la cuisine, elle écrit une lettre: Où se trouve t’il? Je me trouve lâche d’avoir choisi cette terre froide et inhospitalière. Lâche d’avoir abandonné notre rêve. Vile,
voilà ce que je suis.
La croqueuse: T’as vraiment une âme de maso! Mais remue-toi! Il est loin et bien sans toi. Regarde autour de toi, ce n’est pas les hommes qui manquent. Toute catégorie, tout format, tout acabit. Tu aimes les intellos, tu vas être servie! Ils ne demandent qu’a être séduits et toi tu
te morfonds à penser que tu ne vaux rien.
L’impatiente: Je pense aussi à Khalid. A sa démarche et à son sourire ravageur.
La croqueuse et La rêveuse: Ah enfin! Khalid mérite qu’on s’y attarde!
La rêveuse: Je me souviens de notre première rencontre dans ce café. Zak et moi étions allés prendre un verre. Et voilà que je le remarque. Grand, mince, métissé et racé. Je m’en souviendrai jusqu’à mon dernier souffle. Et lorsqu’il m’a approchée et m’a dit, rendez-vous demain ici même heure. J’ai senti mes genoux flancher.
La croqueuse: Première erreur! Ne jamais les laisser vous draguer. Il faut les draguer. En faisant ça, tu les entraînes dans un univers inconnu. Ils sont, presque, sans défense. Lorsque tu joues leur jeu, ils deviennent enfants et savent rarement comment s’y prendre. Les draguer
c’est les déposséder de leur jeu. L’imprévisible.
La rêveuse: Non tu te trompes, Khalid était différent des autres. Il avait ce charisme. Je n’ai jamais compris comment je m’étais amourachée de lui. Pourtant, si je devais compter les heures, les jours, les nuits ce serait bien mince. Ça fait de cela treize ans et nous avons peut-être partagé
deux mois ensemble au cours de toutes ces années. Deux mois en treize ans, c’est peu. Mais pourquoi lui et pas un autre. Je passais des heures à lui écrire. A lui raconter ici et moi. Pourquoi lui?
L’impatiente: Khalid est unique.
La croqueuse: Et voilà! Il suffit qu’un mec vous envoûte, brutalise votre réalité pour que vous perdiez la tête. Mais son jeu a réussi, vous deveniez victime consentante de son charme, de sa stratégie. Et puis, il est plus facile d’idéaliser quelqu’un qui est loin. Je vous dis, il aurait
fait de vous une bouchée. Vous n’étiez qu’un hors d’œuvre dans le fastueux menu qu’il s’était préparé. Ma parole, vous aimez tant vous faire lacérer. God! Vous êtes vraiment irrécupérables!
L’impatiente: Tu peux bien parler toi! Aucun sentiment! Tu consommes et au suivant!
La croqueuse: Consommer, c’est un bien grand mot! Tu penses que je ne suis pas consumée à mon tour. Parce que tu penses que c’est un jeu! Comment ça, je n’ai pas de sentiments? Sais-tu ce que c’est? Les sentiments, vous n’avez que ce mot à la bouche. Et tu penses que je suis sans aucun scrupule. Ma parole, je rêve! Mais chaque homme est aimé de moi. Tu penses que c’est facile de croquer? Tu penses que c’est facile de quitter pour ailleurs, pour quelqu’un d’autre? Tous les efforts, toute la séduction. Et pourquoi? Pour l’illusion qu’il sera peut-être l’homme
idéal. Pour l’étreinte qui te donne l’impression que rien ne sera jamais pareil. Pour espérer qu’il devine qui se cache derrière ce masque. Mais comme ils ne devinent pas toujours et bien je cherche encore. Je sais qu’il est quelque part. Peut-être à jouer mon jeu. Avec d’autres. Et ça
me donne encore plus d’espoir. Eh puis, je suis fatiguée.
La rêveuse: Pourquoi lui. Parce qu’il a su lire entre les lignes. Il a su composer avec mon caractère de rebelle. Parce qu’il n’a jamais essayé de me dompter. Voila, pourquoi Khalid est resté durant des années mon idéal. Je n’ai jamais rien demandé et lui non plus. Voila pourquoi il
était mon réceptacle.
L’impatiente: Aujourd’hui, le beau Claudel m’a fait un compliment. Il a dit que j’étais le soleil de sa session.
La croqueuse: Il te trouve exotique, un point c’est tout. Ne va pas te monter la tête avec ses bobards. Soleil de sa session. Normal, t’es la seule basanée du département et on est en plein hiver! Des gourdes! Je suis entourée de gourdes!
« Désolée bergère, j’aime pas les moutons
Qu’ils soient pure laine
Ou en chapeau melon
Ils broutent la verdure
Ils broutent le béton » (Jacques Brel »
Chœur: Adonis, je viens à ta rencontre.
La rêveuse: On est là à parler d’eux et que font-ils en ce moment même?
Chœur : Ils vivent, tout simplement.
La rêveuse: Humer sa peau. Sentir mes sens revivre et vibrer à nouveau.
L’impatiente: Je sors retrouver la vie.
La croqueuse: Je rentre chez moi.
Troisième acte
La cuisine est baignée dans l’obscurité. La rêveuse s’affaire à ranger.
La rêveuse: Ma mère disait souvent: n’oublie pas de ranger tes affaires. Une femme se doit d’être ordonnée, méticuleuse, que tout brille comme un sou neuf.
Chœur: Une femme se doit d’être propre.
La croqueuse: Une femme se doit d’être elle même! Pas de compromis. Femmes de toutes les couleurs unissez-vous! Haha.
La rêveuse est assise devant une fenêtre.
La rêveuse: Tout ça pour quoi? Pour un sourire, une joie furtive.
La croqueuse: Pour le vertige, ma belle. Pour le vertige que ça procure.
La rêveuse: Pour plus que ça, le vertige finit toujours par s’estomper, aussi fort soit-il. Mais le reste. On ne peut vivre que pour le vertige. Il faut vivre avec gusto comme disait Khalid.
L’impatiente: Mais on en a fini avec Khalid. Il faut passer à autre chose. Le temps, lui n’attend pas.
La croqueuse: Le temps n’a jamais attendu personne. Tout ça pour laisser sa marque. Je ne peux pas croire qu’ils peuvent laisser leurs empreintes gravées sur nos êtres et qu’il en soit autrement pour eux. Tout le monde m’accuse de courir le mâle. Mais suis-je réellement en
train de lui courir après? Pourquoi jamais un homme ne m’a traitée de croqueuse, remarquez qu’ils n’osent peut-être pas. Pourquoi faut-il que ça vienne des femmes? Pourquoi faut-il qu’une femme soit déséquilibrée par l’assurance d’une autre. On se jalouse, on se fait des coups bas. Je n’en connais pas beaucoup d’hommes qui sautent les femmes de leurs amis. Pourtant, c’est courant chez les femmes. Pourquoi? Parce que nous ne délimitons pas notre terrain comme eux le font? Oui, je sais, vous allez me dire qu’ils sont consentants. Mais tout ça, c’est du fast-food verbal.
Je vais vous dire pourquoi, parce que nous sommes perdues sans un mec. Ils sont notre centre. Appelez ça comme vous vous voulez. Vous aurez beau avoir marché sur la lune et bien on vous reprochera de ne pas être mariée. Pire, on vous collera une réputation à faire rougir le diable. On se définit par rapport à l’autre. Et l’autre, c’est le mâle. On fait tout pour lui ou pour l’obtenir. Alors, cessez de tourner autour du maudit pichet et acceptez au moins ça! Finie la séduction. Non, vous êtes des femmes fortes. Laissez-moi rire. Vous morfondez dans votre coin à fouiller dans votre passé, dessiner votre présent et deviner votre avenir afin de vos donner une certaine contenance. L’une rêve et l’autre se languit d’attendre. Descendez vos mecs du
piédestal. Ils sont comme nous, avec leurs failles et leurs faiblesses. Ils sont capables d’aimer, de rire, de pleurer, de s’attendrir. Je ne cours pas après le mâle, mais c’est bien vous qui lui courez après! Vous courez après l’image d’un mec surhumain, froid et sur de lui. Réussissant
sa vie professionnelle et laissant derrière lui une nuée de femmes en pamoison et vous rêvez secrètement que vous serez choisies. Voilà, votre faille, espérer être choisies. Vous perpétuez toujours le maudit complexe de la femme fleur qui attend d’être mise sur une boutonnière! De la femme enfant qui boira les paroles de son pygmalion. De la victime qui s’offre en holocauste à son prince charmant. Trop peu pour moi, tout ça. Plus ça change, plus c’est pareil.
Chœur: Adonis, me voilà!
La rêveuse: C’est dur tout ça. Rien à voir avec ce que je ressens.
L’impatiente: Trop pressée pour gober ça
La croqueuse: C’est ça défilez-vous. Cachez-vous derrière les faux semblants. Vous me pompez l’air. Faites-vous toutes petites et qu’on en finisse avec cette mascherata.
La rêveuse et l’impatiente se fondent dans le décor, figées.
La croqueuse: Marre de devoir me plier au jeu stupide du savoir-vivre. Faire semblant. A quoi ça rime tout ça? In ou out? J’ai toujours été out. Jamais dans le décor, toujours à côté. Je frisais la frontière. Déjà, toute petite on disait de moi que j’étais une tête dure. Pas moyen de me fermer la trappe, qu’elles disaient. Oh elle, un clown. Oui, elles me prenaient pour un clown, un singe savant. Plus tard, pendant que les filles s’amusaient à batifoler et se faire chanter la pomme, je ne rêvais que d’une chose. Me retrouver, moi. Toute seule, loin des images d’odalisques et autres insanités du genre. Bon, d’accord, j’y ai pensé. Mais jamais au point de m’oublier. Elles ont essayé de me mater, de me museler. Tu parles trop fort, tu marches bruyamment. Tu n’es pas ordonnée. Tu devrais te maquiller. Tu devrais être plus coquette. Tu ne fréquentes pas assez. Tu lis trop, ce n’est pas bon pour tes yeux. Tu n’as pas d’amies. Tu n’as que des amis. Ce n’est pas sain d’être toujours juste avec des gars. Tu devrais faire du ballet au lieu de jouer au handball. Apprends à être gracieuse. Tu ressembles à un vilain canard. Tu devrais
apprendre à cuisiner. A tricoter. Tu n’as pas ta place. Regarde tes sœurs, tes cousines. Et là, quand fatiguée je leur présentais mon premier amoureux, elles ont changé. Ouf, elle est normale, qu’elles se chuchotaient! Les leçons de comment faire et quoi faire ont commencé. Mais, je ne voulais pas apprendre, je ne voulais pas m’enliser. Sois belle et tais-toi. Je ne suis pas belle et je refuse de me taire! Et les taloches qui volaient. Et l’autre, la tordue, qui ne cessait de me murmurer à l’oreille et à le crier haut et fort: tu ne vaux rien, tu n’es rien! Tu verras, tu finiras par abdiquer, qu’elle me disait. Et au lieu de les haïr, j’ai accepté leur présence mais je me jurais de ne pas me faire dompter comme elles aimaient à me le rappeler. Tu verras, tu verras, on finira par te fendre la caboche, tout ça finira par entrer. Je les ai intégrées en me disant
qu’on ne choisissait notre provenance, mais qu’à coup sur je pouvais décider de ma destination. On me dit croqueuse, mais je n’ai jamais croqué. On me dit séductrice, mais je n’ai jamais séduit. Mon pouvoir? Ah parce que j’en ai, heureuse de l’apprendre. Non, je suis tout simplement comme tout le monde, quelques qualités et pas mal de défauts. Pas ma faute à moi si j’aime la vie et tous les délices qu’elle peut m’offrir.
Quatrième acte
L’enfant: Lire la Suite…
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L’autre en moi 2
Idan Raichel’s Project – Shuvi el Baiti
J’aimerais bien fumer un pétard, mais je ne sais pas si cela me conviendra que je lui réponds. Il rit en me disant toi tu es du genre qui pense avant d’avoir un orgasme. Faut pas, c’est très mauvais pour la santé. Mauvaise cette manie que vous avez de décortiquer sans jamais vivre le moment qui s’offre, ikh quelle génération perdue!
Que voulez-vous répondre à ce genre de constat. Y répondre serait consolider la thèse du complot de l’intellect sur les désirs. Je décide de ne pas répondre, mais d’essayer le pétard. Ça fait quoi une femme qui essaie un pétard? Et au dernier moment alors qu’il allume son joint et qu’il l’inhale langoureusement, je prends le large. Pas envie de fumer, envie de me prendre pour un papillon. Mais il fait trop froid et les papillons ont déjà migré. Je le regarde fumer et prends mon envol. La ville sera mienne aujourd’hui. Je vais à la rencontre de mon passé. Il y a longtemps, je me fis dire tu es le soleil de ma session. Je vais donc illuminer mes pas dans les dédales de métropolis.
Un buzz, c’est pas tant ce que l’on fait que l’état dans lequel on est. N’est-ce pas?
Publié dans Mes errances | Tags:Idan Raichel Project, Shuvi el Baiti
Merci à toi, toi et toi. Et à vous aussi :-)
A chaque an, j’achète un album Putumayo et je sais pertinemment que je serai toujours agréablement surprise. Que vous soyez du Maroc, de France, d’Allemagne, des Amériques, d’Asie ou d’ailleurs, merci de passer quelques moments sous la tente. En cette ère de nomadisme virtuel, il fait bon de savoir que bien d’entre vous êtes des habitués. Quelques morceaux choisis pour vous, histoire de vous dire merci en musique.
Mwah
Publié dans Musique, Uncategorized | Tags:Bendeniz, Habib Koite, Idan Raichel, Kora Jazz Trio, Mathieu Mathieu, Niraj Chag, Toure Kunda
Boulevard des rêves retrouvés
Parce que l’on a beau éluder la vie, elle finit par nous rejoindre, par nous surprendre lorsque l’on s’y attend le moins. Parce qu’après tout, nous n’avons qu’une vie à vivre et que les plus belles promesses sont celles que nous faisons à nous-mêmes. Parce que lorsque j’y repense, la vie ne s’arrête pas pour autant, elle ne fait que continuer. Parce qu’il suffit parfois de vivre intensément, car ces quelques heures sont souvent bien plus riches que des mois ou des années. Parce que Montréal me rend amoureuse de la vie, de toi, de tout, des passants, des rues, des monuments et même de l’hiver. Parce que chaque rue me rappelle à ton souvenir, parce que le vieux clocher de l’université me fait penser à toi…parce que la fameuse rue Saint-Denis me laisse entrevoir ta silhouette…que j’imagine ta démarche entre mille…que ton sourire recèle encore d’innombrables trésors… Parce que quoi que j’en dise, il est des souvenirs qui ne se consument jamais. Et voilà qu’au-delà de la ville, la Main a cessé d’exister, que les langues ne comptent plus, pas plus que les cultures, parce que Montréal possède ce don qui fasse que nous recherchions la fusion…
Parce que si tu n’existais pas, il m’aurait fallu te rêver, t’écrire autrement…
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Le cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus
Le 4 janvier 1960, Albert Camus décédait lors d’un accident de voiture. Une émission parmi d’autres commémorant l’homme et son oeuvre. Un second reportage de l’émission Second Regard.
Le dossier du Nouvel Observateur consacré à Camus.
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C’est moi, sans pudeur sans fard…

You asked me once if I could define myself in a sentence. I thought about it and then where to find the words that could be used?
Row, row your boat roughly down your soul. If there is one sentence that could define me, this would be it.
The need to release the sounds in my head became urgent. No, I am not an exhibitionist; I am simply seeking the company of words. Words, mine at least are without make-up. Without structure, they belong to no framework, no prerogative they are simply mine. Certain people think of me as rebellious and pretentious. Perceptions are so hard to break. They’re made of prejudice, intolerance. They obey to bias. It’s has been a while that I’ve decided not to answer this kind of violence.
Nevertheless, my friend, your voice reassures me and your remarks are like a sun shine in a gloomy day.
I am a nomad from the south, the east, the west and the north. My identity is not one but many. I carry many stories, many laughs and sometimes sorrow.
J’ai pensé à ce qui pourrait englober le tout. Ma vie pour une seule phrase, quelques mots tout aussi incisifs les uns que les autres qui serviraient de bistouri, de points de suture et pourquoi pas de pansement. Nordique, je suis devenue à force de courir pour échapper aux chimères. Du coup, je me suis débarrassée lentement de ma peau, de mon identité, de mon incohérence de métèque, de ma peau de judéo-musulmane. J’ai tenté de m’habiller de moules qui ne me convenaient guère. J’ai fait éclater les grottes qui n’ont donné que gravats alors que je cherchais l’émeraude à l’oeil de tigre. J’ai tout remis en question. La sainte famiglia, la sacro sainte pudeur, l’intouchable honneur. J’en avais hâte d’en finir avec les innombrables voiles qui ne faisaient qu’alourdir le quotidien, qui sclérosaient toute tentative d’innovation. J’avais mal, mal en moi, mal en ma terre, mal en mes racines. Du coup, j’ai effacé tantôt à coups de canif tantôt à coup de pinceau la grisaille de cette humanité qui tardait de devenir. J’étais devenue aigre. Et ce n’était pas pour rien que mon premier exil fut volontairement intérieur. Je me coupais d’eux, de leur vérité qui sonnait creux à mes yeux. Je ne voulais plus être des leurs. Mon premier exil fut fait de cacophonie, de silences lourds, mais j’étais enfin seule. Seule pour être enfin. Le devenir viendra plus tard entre la nostalgie de la terre que je retrouvais dans les bras de l’homme aux innombrables visages. Je me foutais bien de savoir qui il était en autant que je pouvais encore une fois humer le parfum de la terre lors des premières pluies. Vint l’exil, celui des catimini, du non dit, de l’impalpable irréparable, le point de non retour, mon refus de clamer leur bravoure. Les persiennes closes, celles des coeurs, celles de la raison dictée par d’autres raisons. J’ai fait mes bagages, fatiguée de les voir noircir la grisaille. Mais restait la terre, source de ma nostalgie et de ma mélancolie. Quand la terre gronde, je l’imagine m’appeler. Depuis, j’erre entre les lignes, entre les bombes de mon impatience, entre les tirs de ma conscience, les déflagrations de mes insouciances, les éruptions de mes passions. Je barbouille les murs meurtris du temps et me recompose avec l’illusion de l’errante. L’an prochain, l’an prochain et je continue avec mes espoirs accrochés à mes jambes. Orpheline de l’espace, je demande adoption à la terre et je continue mes errances à défaut de plonger dans la survie à outrance.
El Bicho, Contigo
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Let it Go
For all it is worth, just let it go… Your life is passing by, so live it… Your kids are growing, so be happy… Your plans have been hijacked, so be it and move forward… You’ve lost each other, welcome to the club, life is about losing, living and feeling… You are lost in the maze, find your way out and grow up…Your man/woman is having an affair of the heart, so what? Nobody gives what they’ve lost, learn from it… You feel lonely, let me tell you the story of loneliness…You wanna dance? Do it… You wanna cry… I’ll be the shoulder you’ll lean on…So what? Life is here today, gone tomorrow, learn to let it go, believe me, you’ll feel much better if you learn that we are merely here to enjoy its beauty…
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De retour

Cela fait si longtemps que je n’ai pris soin de cette tente. Je reviens chargée d’images et d’indicible. Je reviens du paradis qui par moments semblait être infernal. Je reviens d’une contrée où j’ai retrouvé la joie de vivre ou tout simplement l’envie de faire autrement. Il s’est passé tellement de choses en une année que je ne saurai commencer à les énumérer. Le plus important est que la vie n’est pas si difficile que l’on aimerait le penser. Se réveiller tous les matins est déjà un cadeau de la vie, pour le reste il suffit de s’appliquer et de parler. J’ai retrouvé la capacité de m’émouvoir et de m’émerveiller à nouveau. Parfois, la perte d’un être cher peut tout faire chambouler autour de nous. Parfois et ce fut mon cas, nous avons l’impression que nos fondations sont de sable. Nous nous débattons contre nous-mêmes et c’est dans ces moments précis qu’il faut garder la tête froide. Que de récifs, que de tempêtes pour enfin réaliser que ces crises que nous traversons sont parfois le ciment dont nous avions besoin.
Mwah
El huérfano, Hanine y Son Cubano
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Bonne fin de semaine en musique
“What do you care about?” I care about my family and friends. “Money?” It comes and goes. “Fame?” We all have our 15 seconds of it. “Beauty?” It fades away, might as well be beautiful inside. “Trust me!” Do I look like a feminine version of Mephisto to you
?
07 Bent el Shalabyia (Instrumental) Jean-Marie Riachi, Belââks
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Elle m’énerve! Non, tu m’énerves!

Comme le temps passe, mais c’est tant mieux. A force de vouloir le figer, impossible de vivre. Il n’y a pas si longtemps, je me plaisais à vouloir le remonter, l’arrêter ou faire du “fast forward”. J’avais bien tort. Qu’est-ce une vie si chaque jour n’est pas un sentier en soi-même? Qu’est-ce une journée si celle-ci n’est pas accompagnée de moments attendrissants ou surprenants?
Il y a des hauts et des bas, soit!
Elle s’amuse toujours à me sortir des réflexions du genre. Faut dire qu’avec elle on ne s’ennuie jamais. Elle a toujours une anecdote croustillante à raconter, toujours une blague à placer. Bien entendu, il me faut la suivre et ce n’est jamais de tout repos. Je ne réussis jamais à la saisir complètement, elle est une de ces équations qu’on ne résout jamais. Vous pensez la comprendre et voilà qu’elle vous file entre les doigts.
Je n’aime pas lorsque tu parles de moi de cette façon, j’ai cette nette impression que tu me donnes en pâture.
Elle devine toujours le fond de mes pensées et du coup, je ne sais plus comment parler d’elle. Pourtant, elle en aurait des choses à raconter.
Et puis, si cela te chante de parler de moi, fais-le. Seulement, ce serait mieux si tu t’adressais directement à moi. Le jeu du elle commence à me peser. Même si ce elle prime dans ta vie, ce serait bien de parler du tu ou encore du je. Le tien, pas le mien.
Elle a cette façon d’exciser ma pensée que je n’ose plus l’écrire ou la décrire. Bein, voilà je ne parlerai plus de toi. Contente?
Oui, forcément, c’est le printemps. Et si nous allions prendre une marche?
Que faire, sinon te suivre en espérant que tu veuilles parler un jour.
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Le somnambule funambule
Le mercure ne cessait d’afficher 36°Celsius. Pourtant, il lui semblait que la chaleur était beaucoup plus intense, plus lourde. La brume qui emprisonnait la ville avait même investi la pièce. Il tenta tant bien que mal de trouver le sommeil, tourna sur lui-même et se retourna. Aucune position n’y fit. Il était bien condamné à subir l’insomnie. La respiration de sa femme étendue près de lui l’énerva. Comment pouvait-elle dormir de ce sommeil profond alors que lui ne pouvait trouver le repos. Vingt ans qu’ils partageaient le même lit. Vingt ans qu’elle s’endormait toujours avec la même facilité. Vingt ans qu’elle le laissait à lui-même. Il avait fini par lui en vouloir de rejoindre les bras de Morphée de cette façon. La première fois qu’un ami lui avait parlé des bras de ce fameux Morphée, son sang ne fit qu’un tour. C’était qui ce moins que rien avec un nom absolument barbare qui rejoignait sa femme durant son sommeil? Il n’avait jamais entendu parler de djinns, il connaissait Aicha Quandisha, mais priait tous les soirs de ne pas la rencontrer. Non pas qu’il ne regardait pas les femmes et les jeunes filles. Non, Dieu était beau et aimait la beauté et des yeux c’est fait pour admirer. Mais un homme invisible près de sa femme, non ça il ne l’avalait pas et personne, personne n’arriverait à lui faire changer d’avis sur le sujet. Son ami le taquinait. En fait, son ami se prenait pour un érudit pensait-il. Il étalait sa culture, se pavanait tel un paon. Mais, lui veillait au grain. On commence toujours par une plaisanterie ambiguë pour ensuite ensorceler les femmes qu’elles soient célibataires ou appartenant à un autre. Car le mariage n’est-il pas vœu d’appartenance et de possession. Lui, n’appartenait qu’à lui-même aimait-il se répéter en silence. Mais ce corps étendu près de lui, ce corps il le voulait sien combien même ce dernier se refusait à lui durant des nuits et des jours. Quant à son esprit, il souhaitait en prendre possession ne serait-ce qu’une fois. Mais n’était-il pas permis de rêver? La voir exaucer ses souhaits sans qu’il n’ait à les prononcer, ni à les justifier. Que de brume aussi, épaisse que ce maudit brouillard, enveloppait le mariage. Mais n’était-il pas permis de rêver? Possession vs exorcisme. Il voulait la posséder non pas pour le plaisir, mais pour savoir ce à quoi elle pensait. Quant à lui, il se trouvait si transparent qu’il aurait aimé en être exorcisé, car malgré le silence lourd qui s’était lentement et sournoisement installé entre eux au fil des ans, il se comparait à un prisonnier traînant un énorme boulet.
Morphée, lui avait expliqué son ami, était un personnage mythique né d’un père apparemment dieu du sommeil avec un nom encore plus bizarre, Hypnos et d’une mère, Nyx, dont le nom signifiait nuit. Morphée, lui avait expliqué son ami, prenait la forme d’êtres chers et les emportait dans un autre monde loin des codes, des tabous et des interdits. Non, il se refusait à l’idée que sa femme puisse rêver, se projeter en dehors de lui et avec la forme d’un autre être cher. Qui pouvait bien meubler les rêves de sa femme? Il lui importait peu que Morphée ne soit qu’un simple personnage mythique, ce qui l’insécurisait était de savoir que sa femme pouvait rêver, avoir un monde en dehors de lui.
Et cette chaleur qui n’en finissait pas de l’étouffer. Lui, ne rêvait plus ou alors s’il le faisait il se voyait ailleurs entouré de belles jeunes femmes au bord de la mer. Parfois, il allait jusqu’à voir la magnifique tente caïdale divisée par des pans aux couleurs chatoyantes. Sa femme ne visitait jamais son univers onirique. Non, elle n’y avait pas accès. Déjà qu’elle le harcelait dans son quotidien. Elle ne cessait de réclamer et de le menacer. Au moins, au milieu de son jardin secret, il se laissait aller. Il vivait au son de la flûte de Pan, aux battements du bendir. Il laissait la mer et ses sirènes le bercer. Il devenait ba7ri lui qui n’avait jamais appris à nager. Il était à chaque songe Amir al ba7r. A lui les contrées lointaines. Les terres non défrichées, les îles inconnues. Il devenait explorateur du plaisir et de la vie. Dans d’autres rêves, il se voyait seigneur avec une armée, des oriflammes portant ses armoiries et son nom. Les guerriers scandaient et chantaient son nom. Une Aïta en son honneur, il allait jusqu’à rêver que ses vassaux n’étaient nuls autres que les ancêtres de Oulad 3guida avec leurs chants et la belle Fatna Bent Lhoucine sans cesse ressuscitée. La plaine rejoignait l’Atlantique, la fumée de la poudre s’estompait pour le laisser apparaître devant ses khemassas, feudataires, lui le roi de la Tbourida sur son étalon pur sang. Dieu, disait-il, était bon de lui permettre de temps en temps de se libérer de son quotidien, des ronflements de sa femme, des demandes excessives de ses rejetons, de ses amis taquins et cultivés, de la chaleur, de la ville, de ses habitants, des factures, des maux de ses vieux parents et encore et toujours de la mauvaise humeur de sa moitié. Non, la femme ne pouvait être tout droit sortie d’une côte car elle était trop susceptible, à fleur de peau. A moins que, comme lui rappelait son ami, toujours le même que, c’était la seule façon qu’avait trouvée Dieu de débarrasser Adam de son côté yin et ne lui laissait que le yang et la lumière du soleil. A lui donc la lumière, l’activité virile. De toutes les façons, elle le narguait sa femme. Certes, il y a longtemps c’était encore le bon temps, elle se faisait soumise et douce. Il en vint à penser que la soumission était la politique de survie des femmes. Toutes ces femmes autour de lui. Sa mère, ses sœurs, ses tantes, ses cousines. Longtemps, comme tous les petits garçons il eut droit à écouter leurs confidences. Il se souvenait du temps où sa mère le berçait. Il se souvenait encore et toujours avoir couru vers elle, avoir enfoui sa tête à la chevelure bouclée entre ses bras et poser sa joue sur son buste. Le sein, la première découverte et la première privation pensa t’il en soupirant. Fallait-il retrouver son enfance pour retrouver la quiétude? Fallait-il qu’il réapprenne à jouer aux osselets, qu’il rechante les comptines d’antan, qu’il se remémore les contes où Hayna était l’héroïne. Il se souvint de ce vieux conte de cette belle de l’Ourika accusée, à tort, d’adultère. Il se souvint de noms, de visages, de danses, de mots chuchotés, de corps effleurés dans la pénombre. Non, sa mémoire était encore intacte.
Il se trouva ridicule à chercher le sommeil, ridicule à espérer de l’affection de sa légitime qui semblait avoir banni cet état de leur quotidien. Ridicule à espérer enfouir sa tête contre la poitrine de sa femme. Comme d’habitude, elle lui tournait le dos et ronflait dans les bras d’un autre. Maudit sois-tu Morphée!
Puis, il se leva, monta sur la terrasse prisonnière du brouillard et appela d’une voix suppliante les sirènes qui avaient déserté ses nuits.
La voix de doc Charlastan le tira brusquement de son rêve. Elle lui était enfin apparue, elle dans sa robe blanche. Elle dont les cheveux dansaient au rythme du vent. Elle dont le regard lui rappelait les eaux tumultueuses de l’Atlantique. Mais voilà que comme à chaque samedi matin et ce depuis 4 semaines doc Charlastan n’en finissait pas de lui gâcher la vie. D’abord, il se déplaçait tous les vendredi soirs pour aller rejoindre sa famille. Roqaya, sa femme, celle qui n’en finissait pas de le faire souffrir; avait enfin gagné la fameuse partie de bras de fer. Cela faisait quatre ans qu’elle insistait pour qu’il leur loue une maison d’été. Quatre ans qu’il s’esquivait, quatre ans qu’elle le lui rappelait à chaque petit moment de plaisir qu’elle daignait bien lui donner au compte-goutte. Dès qu’il l’approchait ardent de désir ou tout simplement avide de tendresse, elle ne pouvait s’empêcher de lui rappeler d’une voix doucereuse. Moulay Tayeb zine rjal (là, il fondait), tu imagines si nous étions dans une maison d’été, loin de la ville et de la pollution. Tu imagines comme nous pourrions être proches l’un de l’autre après une journée passée au bord de la mer? J’en finis pas d’imaginer voulait-il rétorquer à chaque fois. Mais il savait bien que Roqaya n’était pas femme à lâcher prise facilement. Il tentait tant bien que mal d’esquiver, mais elle finissait toujours par l’emporter haut la main. Et cette année à force de privation affective, il finit par abdiquer. Elle se fit douce durant tout le temps qu’ils cherchèrent. Elle ne voulait pas être tout près de la mer, elle refusait de visiter les maisons qu’il lui proposait. Non, elle cherchait une vieille maison de campagne, elle voulait absolument une grande cour centrale à ciel ouvert. Il la trouvait attendrissante cette femme dont il partageait la vie depuis vingt ans et qui redevenait tout à coup enfant en lui contant ses vacances d’enfance. Il était prêt à supporter ces petits caprices tant qu’elle lui ouvrait ses bras et le laissait s’y lover. Bien entendu, il y avait les autres femmes, mais quand Roqaya lui souriait il les oubliait, toutes insipides, même celles qui venaient meubler ses nuits blanches.
Fik soukkar? La7laqam? Tanesiou, rumatizm? Tay derrouk leklawi? Hana khouya hani a khti, rani ma kounte ga3 baghi nji ghir soute arra7ma li gual liya nod nod, sir ddawi khoutek!
Que ne ferai-je par amour pour Roqaya! Il sortit de la chambre, resta un moment au milieu de la cour à admirer l’azur exempt du moindre nuage puis grimpa sur la vieille échelle qui menait à la terrasse. Perché tel un funambule, il vit la foule commencer à s’agglutiner autour de doc Charlastan. Ce dernier gesticulait devant les badauds. Une sonnerie de téléphone retentit, et doc Charlastan se mit à dire:
- La choukr 3ala wajib, goul lha lihoum tta. Ha houwa wa7ed lmoumen kane mrid hana mane khebbi 3likoum walou yallah a khouna fel islam gol lihoum!
La voix surgie d’un haut parleur récita un témoignage appris par cœur :
-Ana kanou halkini lbwasser wa diqqa ou dewezte 3and ch7al men tbib ou klite 3arma del fanide, wash ngol likoum ya lkhoute, wa wafaqni ghir 3laj khouna fel islam, sir Allah inewer iyamek, wi ketter men mtalek wi quawwi imanek, ana bghite lik lkhir wel lkhmir, dawitini, Allah i7efdek wi ghalbak 3la ganss alghafline.
Wash golte likoum? Teqtou biya? Ha ila guatlak roumatiz ha lma issakhene like la3dam, chroub jghayma ou goul besslama li diqqa. Der fi gualbek lamane ou had dwa may khib likch.
Tayeb marmonna : Allah i3tiq le7laquem, tsseketna chwiya ya lmoucha3wide puis redescendit se servir un jus d’orange en attendant que Roqaya revienne du souq.
Ce soir, devaient venir les cousins, leurs femmes et leur marmaille respective alors que lui rêvait encore à un moment en tête à tête sous les étoiles avec comme musique de fond la scansion de sa voix lorsqu’elle prononçait son prénom. Il espérait plus que jamais le silence ouaté de la nuit et son rire mi-pudique mi-effronté lorsqu’il essayait de l’attirer vers lui.
Jabaaane, Jabane koul ou bane criait une voix dans la ruelle. Décidemment, il ne comprendrait jamais rien à sa femme. Lui qui espérait un endroit romantique et elle qui disait que la romance pouvait s’installer partout en autant qu’il veuille bien lui souhaiter la bienvenue. Lui qui voulait voir la mer, elle qui n’en supportait pas les embruns. Lui qui rêvait de retrouvailles, elle qui en organisait pour sa tribu au grand complet. Lui qui n’espérait que quelques moments passés à faire la sieste avec elle, elle qui refusait l’intimité diurne.
Pour sûr, les hommes et les femmes venaient de deux planètes bien différentes. Son copain lui avait parlé d’un livre Men are from Mars, Women are from Venus. Dans son quotidien, c’était plus du genre les hommes de Had oulad Frej et les femmes de Tlate Sidi Bennour à en juger par cette maison d’été et le comportement de sa femme voulant à tout prix revivre son enfance.
D’abord il avait plu pendant une bonne partie de l’après-midi rendant les ruelles du village impraticables. Tayeb se demandait encore ce qu’il lui avait pris d’accepter de venir passer son été à la merci des piqûres de moustiques et des odeurs pestilentielles. La nature, lui avait-elle dit. Si côtoyer le mulet du voisin, les poulets de Lalla Mbarka et les vaches de Haj Sadiq signifiait l’appel de la nature il était bien servi. Après, la prestation de doc Charlastan ce matin; les poubelles amoncellées, vestiges du souk, véritable festin pour les animaux du coin sans compter les insectes, empestaient l’air. Lui qui aimait le poulet s’était juré de ne plus en manger, encore moins en demander aux nombreux bouchers du village.
Roqaya, elle, vaquait à la préparation de son fameux souper. Elle le taquinait quand il se bouchait les narines. Je pensais avoir épousé un homme viril. Je t’en ferai voir de la virilité si seulement je pouvais te toucher un instant eut-il envie de dire. Il se retint au dernier moment. Il savait ce qu’il aurait eu à encourir si cette si petite phrase, si vraie par ailleurs, avait été prononcée. Il se mit à toucher le géranium odorant pour ne pas lui répondre et alla jusqu’à imaginer son odeur entre ses doigts. La virilité selon Roqaya devait-elle impliquer un estomac en béton armé? Son estomac se contracta si subitement qu’il pensa étouffer.
Que cherches-tu continuait-il à se demander depuis ce matin. Un geste, un regard, un sourire affectueux? De la compréhension? Un soupçon de complicité, ne serait-ce que quelques secondes de pure communion.
Dire que Roqaya avait toujours été une femme froide et distante serait mentir. En fait, plus elle enfantait plus elle l’éloignait et s’éloignait de lui. Il avait souvenir des premières rencontres. Elle, timide et rougissante. Lui, hardi et impatient.
Bien entendu, il avait connu bien des femmes charmantes et intelligentes. Mais il y avait en elle quelque chose que les autres, lui semblait-il, n’avaient pas : sa candeur similaire à celle des jeunes débutantes. En fait, elle le séduisit par son silence. Il ne supportait pas les femmes qui lui tombaient dans les bras, mûres et juteuses. Prêtes á être consommées. Elle, par contre, avait cette beauté virginale. Il lui suffisait de l’effleurer pour voir sa peau satinée s’hérisser. Avec les années il vint à croire que ce n’était là qu’un stratège d’ingénue aspirant à devenir femme fatale. Il en était devenu obsédé. Lui qui aimait la présence des autres femmes, qui aimait leurs caresses, leurs taquineries, leurs longs soupirs amoureux, leurs voix chatoyantes et suppliantes lorsqu’il les accompagnait au seuil du plaisir, se détourna complètement de ses amantes aimantes. Il n’en avait que pour Roqaya. Elle était son Ishtar. Il devenait Samson et lui offrait sa force sachant fort bien qu’elle le castrerait encore plus de ses froids silences et ses ce n’est pas le moment, j’ai mal à la tête, on va nous entendre, plus tard, mais t’es devenu insatiable ma parole. Dès lors, il se recroquevillait, il se faisait petit, conciliant, attendait patiemment, comptait les jours, les heures, les minutes, les secondes, espérait ardemment un regard chaleureux, une caresse, un baiser. Non, Roqaya n’en avait que pour ses enfants, sa famille, ses amies et ses interminables conversations téléphoniques. Rares étaient les moments de grâce. Le dernier remontait au début de l’été. Un orgasme contre une maison de vacances. Il était convaincu d’être un objet consentant. Objet se mit-il à répéter, objet, simple objet, insignifiant petit objet, juste bon à inséminer, un misérable petit membre objet qui rétrécissait telle une peau de chagrin et dont la belle ne voulait plus. Il se ressaisit et se réconforta en pensant au bon vieux temps. Quelle période préférait-il? En fait, toutes les saisons de sa vie semblaient s’être donné rendez-vous à l’automne.
Son ami et professeur de mythologie comme il se plaisait à le surnommer lui avait parlé de Demeter. Déesse malgré elle de l’agriculture. Demeter avait une fille, Perséphone, que Hadès, maitre du pays de morts, avait enlevée. Chagrinée par la disparition de sa fille, elle en oublia la terre qui faute de soins condamna Olympe à la famine. Tu vois, elle ressemble à une autre déesse d’un pays plus lointain connue sous le nom d’Amaterasu, déesse soleil du Japon. Son ami le perdait dans ses histoires de dieux lointains. Bref, le comportement de Demeter ne plut pas à Zeus car la famine fallait prendre ça au sérieux. Zeus envoya donc Hermes rencontrer Hades et ramener Perséphone. Cette dernière avait dégusté un miniscule grain de grenade ce qui la condamnait à passer sa vie sous terre, parce que dkhoul l7amman machi b7al khroujou. Mais ils en arrivèrent à un accord. Perséphone irait voir sa mère en automne au moment où la terre se reposait et retournerait vers Hades pour les trois autres saisons.
Tayeb était perdu dans l’univers de la mythologie. Il se demandait si son ami n’en faisait pas un peu trop.
Mais, voilà, avec ou sans la mythologie; Tayeb vivait, bien secrètement, son automne qui semblait effacer les autres saisons. Son univers pensait-il n’était que grisaille et les bourgeons de son être n’obéissaient qu’aux rares et si espacées caresses de Roqaya. Autant dire qu’il se sentait telle une terre craquelée. Il n’était pas aussi cultivé que son ami, mais il savait pertinemment bien que cet amour qui le consumait, ce désir qui l’aveuglait, ce vide qu’il acceptait, cette carence qui le minait, tout ceci ne pouvait être partagé par Roqaya. Il était semblable à un chaton aux mains d’un jeune enfant. Il se laissait caresser et soudain se faisait tasser. Il avait depuis longtemps abandonné la moindre rebellion. Elle l’avait maté, complètement vaincu et pourtant il ne voulait point de se délier de ses chaînes. Il avait signé son acte de soumission et attendait sa délivrance.
-‘C’est bien toi, Tayeb! Les invités arrivent bientôt et tu fais ton fainéant. Mais pourquoi ai-je épousé un homme de la sorte?!’
Les paroles de Roqaya le criblèrent de toutes parts. Il baissa les yeux, chercha à respirer, se leva et sortit sans la regarder. Dehors, le village se remettait de l’orage. Les vieux étaient sortis et discutaient entre eux par groupes de trois ou quatre, les enfants couraient dans tous les sens. Il longea la rue boueuse, tourna à droite et se mit à marcher vers Tnine Al Gharbia. Derrière, les nuages avaient déserté le ciel et l’on pouvait deviner les vagues s’écraser avec fracas contre la falaise.
Your Life as a Stage
Tu marches et les barrages aux testostérones te bloquent le passage. Un bisou et je te laisse monter les escaliers. Tu lui balances un coup de pieds sur ses bijoux de famille et tu prends tes jambes à ton cou. Il te jure que la prochaine fois tu ne passeras pas. Tu évites de sortir seule, car tu sais de quoi ils sont capables ces petits connards qui s’amusent à simuler quand tu passes avec tes copines. Le pire est leur capacité à se transformer en anges quand ta mère porte un sac trop lourd. Tu insistes pour le porter et tu rêves d’avoir un poing solide pour lui arranger le sourire à ce chat de gouttière en chaleur. Puis, il commence à avoir du plomb dans la tête et ne t’emmerde plus, tu respires. Tu te diriges vers ton lycée et d’autres prennent le relais. Si tu oses répondre, t’es une pute, une moins que rien, même pas bonne à baiser alors que trente secondes plus tard il ne demandait que cela bien poliment. T’as envie de tout casser. L’année du bac, certains de tes amis se retrouvent en taule. Ta mère panique, elle vend une part d’héritage et tu te retrouves après ta première cuite à plus de je ne sais combien de milliers de mètres d’altitude dans une ville où la neige étincelle à te faire croire que c’est du sable. Tu veux des gratte-ciel et non Montréal n’en compte pas beaucoup. Zut, alors. Tu vis les premiers jours dans un sous-sol prêté par un copain. Tu trouves un appartement sur la 21ème avenue. T’es en rogne contre le prof de français qui ne croit pas que tu as lu le bouquin puisque tu écris une critique au lieu de lui remettre un simple résumé. Tu te tapes un cours d’économie et tu jures par tous les saints, ceux de Marrakesh, de Safi, de Casablanca, de Chiadma et même ceux dont les noms ornent les rues d’ici que tu détestes le néo-libéralisme sauvage. Tu te tapes sciences-po en pensant à l’Ecole d’administration publique. Puis, un jour , tu prends un cours de littérature et vlan t’as la piqûre. Ton prof de linguistique te donne un C et un A à ta camarade de travail et quant tu remets en question sa notation il te répond, mais les musulmans ne questionnent pas le texte. Yo, c’est de de Saussure qu’il s’agit morpion, pas de la Génèse. T’as la rage tout le temps. Y a juste le beau C. qui arrive à t’inspirer confiance. Tu l’aimes, mais tu ne lui diras jamais avec des mots, à quoi bon il l’a toujours su. Puis, la vie, la vie. Tu te souviens pourquoi. En fait, tu reconnais que ce fut la plus belle rupture, tu enjolives un peu tes souvenirs, tu imagines que vous pleuriez. Lui qui remontait le fleuve, toi qui restais. Tu l’as revu quelques années plus tard à Berri-UQAM, il t’a demandé si tu étais heureuse, t’as répondu oui. Il t’a demandé s’il était blond, t’as répondu oui. T’aurais voulu parler, tout comme lui, mais aucun de vous n’était doué. Vous aviez tous les deux toujours peur de déranger. Vous avez échangé un regard, une caresse et chacun de vous s’est engouffré dans un tunnel. T’as téléphoné au blond et t’as dit: je pars, je suis amoureuse. Il a demandé qui c’était, t’as menti en disant que c’était ton toubib de Casa. Maintenant que tu y penses qu’est-ce que ce pauvre objet de désir a servi comme alibi. En fait, si ce n’était de C., tu n’aurais jamais compris que parfois la solitude était le meilleur remède contre la déprime. Tu remercies la vie de l’avoir mis sur ton chemin et tu continues. L’acteur te demande de reprendre à zéro et tu réponds qu’on ne reprend jamais à zéro, mais qu’on continue son chemin malgré les courants, les bourrasques et les ouragans. Tu ignores encore que le chemin sera lumineux au bout du tunnel. Tu plonges pour ne plus relever la tête et respirer. Tu recherches les moments d’apnée. Puis, un beau jour tu te réveilles. Tu te débarasses de tes cuirasses en le rencontrant et tu lui dis le plus naturellement du monde: let’s go. L’homme te demande où et tu réponds: Only time will tell.
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Llegaré
Le retour de la louve
C’est l’été et celui-ci est magnifique! Il fait beau avec de temps en temps un peu de pluie et nous n’avons pas à nous plaindre. Les champs sont magnifiques et que dire des fleurs!
Tellement à raconter que je préfère prendre le temps afin de tout relater. Il m’en a fallu du temps. Le chemin fut sinueux, mais personne n’a jamais dit que la vie était facile. Aujourd’hui, je sais où se trouve ma place. Un boulot de perdu, une entreprise de démarrée et ma foi cela se passe bien pour l’instant. Suffit de ne pas baisser les bras, suffit de ne pas s’avouer vaincue. Cet espace me manquait. J’espère que je serai en mesure de m’y adapter à nouveau. En attendant, je vous laisse avec un air dansant et vous remercie de vos passages et m’excuse de mes silences.
Mwah!
Publié dans Cuba, Musique | Tags:Clan 537, No me Llames Mas
Ecrit après la visite d’un bagne Victor Hugo chanté par Alain Lecompte
Juste pour dire bonjour!
Publié dans Uncategorized
In3el bou limay 7ebnach
Monologue puissant et tout plein de vérité. Pardon pour les non darijophones.
Publié dans Afrique du Nord, Le pays des ancêtres, Ma tribu à moi, Maghreb | Tags:Jeddi Amazigh, Slimane BenAissa
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