Posted by: Loula la nomade | 9,05, 2008

Encore, encore..

Qui d’entre nous n’a pas refermé un livre en pensant: “encore, j’en redemande.” Malheureusement, les auteurs ne produisent pas au rythme qu’on le voudrait. J’écris “produisent” parce qu’une fois un auteur ayant publié et nous affreux lecteurs ayant aimé, nous nous attendons à ce qu’il ou elle produise, comme son éditeur d’ailleurs. Dans un monde de l’édition où les élus sont rares, il devient difficile de faire un choix devant une série de titres en librairie.

J’ai découvert une préférence pour les auteurs d’origine sud-asiatique et ce depuis la lecture dans les années 80 de Midnight’s Children (Les enfants de minuit) de Salman Rushdie. Ce roman relate les événements de l’après partition de l’Inde. Saleem, le narrateur, est né au moment de la partition et de l’indépendance de l’Inde. Soit à minuit le 15 août 1947. Seulement, voilà un autre enfant nait en même temps que Saleem, Shiva. Les deux sont accidentellement interchangés lors de leur premiers jours de vie. Mille et un enfants naissent ce jour là entre minuit et une heure du matin. Ils possèdent tous un don et Saleem celui de la télépathie qui lui donne le pouvoir de convoquer mentalement ces “frères et soeurs” que la nouvelle réalité du 15 août 1947 impose et Shiva qui tente de s’imposer à travers la tête de Saleem. Surréel, ce roman a plongé la lectrice que je suis dans un monde égal à l’Inde avec ses contradictions, son génie, son mouvement perpétuel. Midnight’s Children, reste à mon avis le meilleur livre de Rushdie car sa narration est superbe, hors du commun, toujours là à surprendre et le style que dire du style. Simply precious. A lire et relire.

J’ai découvert Jours de pluie à Madras de Samina Ali. Jeune fille partageant sa vie entre les US of A où elle réside et Hyderabad (Inde) où ses parents l’envoient passer des vacances pour ne pas être victime d’acculturation, Layla accepte d’épouser un homme qu’elle ne connait pas. Juste avant les noces, son comportement inexplicable (en fait, elle a tenté d’avorter et saigne continuellement) plonge sa mère dans un tel désarroi qu’elle décide d’emmener sa fille voir un Alim soufi qui essaie de la convaincre de retarder le mariage et leur apprend par la même occasion que le futur marié claudique d’une jambe, jambe cassée que la mère a refusé de soigner préférant les soins du Alim. Malgré tout, le mariage a lieu. Nuit de noces ratée, le couple tente tant bien que mal de laisser le passé de Layla derrière eux. Layla s’installe chez sa belle-famille qui l’adore et au moment où une complicité réelle s’installe entre les deux, Layla découvre la vie cachée de Samir. Un roman dense où apparaissent, encore une fois, en filigrane les tensions interreligieuses de l’Inde multiconfessionnelle, les pressions familiales, la lourdeur des traditions et les secrets qui finissent par miner le vécu.

Et j’ai été subjuguée par la narration et le style de Tahmima Anam dans son premier roman A Golden Age qui raconte les événements qui conduisirent à la “partition du Pakistan” et à la naissance du Bengladesh. Rehana Haque voit sa vie bouleversée à la mort de son époux. Elle est obligée de voir ses enfants partir vivre avec son beau-frère au Pakistan sur ordre du juge. Elle fait tout pour parvenir à récupérer ses enfants et y parvient. Rehana personnifie ce Pakistan de l’est, membre pauvre de la famille, oublié et laissé aux intempéries climatiques. Puis vinrent les années 70 et la colère de la population contre le régime de Zulfikar Ali Bhutto et ce lointain Pakistan. Avec un talent bien certain Tahmina nous ouvre une page de l’histoire de Bengladesh à l’époque où Mujib et son parti gagnent la majorité des sièges au parlement et menacent ainsi l’establishment politique qui n’a rien fait pour justement établir une équité entre Pakistanais de l’ouest et Pakistanais de l’est. Le gouvernement pakistanais décide d’envoyer l’armée mater la population qui demande seulement que l’on reconnaisse la victoire du parti de Mujib. S’ensuivit une guerre civile, des massacres, une population hindoue qui regagnera l’Inde, un gouvernement en exil à Calcutta et finalement l’aide militaire de Delhi qui sera décisive dans la bataille et forcera la défaite du Pakistan. Ainsi naitra le Bengladesh. Tout une histoire vue par les yeux d’une femme qui découvre que même si elle parle urdu elle appartient à cette terre qu’elle habite et non celle qui lui a enlevé ses enfants et maintient le joug sur la population. Rehana que les épreuves forgent, réalise qu’elle ne peut rester sans rien faire et s’investit dans cette lutte qu’elle ne comprenait pas ou du moins refusait de comprendre pour ne pas voir ses enfants rejoindre la cause indépendantiste du Bengladesh. C’est aussi l’histoire de l’éveil charnel quand elle est obligée de cacher un officier indépendantiste. Bref, magnifique premier roman à lire.

Ne pouvant patienter pour la sortie du DVD Persépolis de Marjane Satrapi, j’ai acheté les quatre volumes et ai lu avec avidité les quatre tomes. Bien plus cher que le DVD, mais caresser, feuilleter un livre est un plaisir rarement inégalé.

Dans les prochains billets, il sera question de Khaled Hossaini, écrivain d’origine afghane auteur de The Kite Runner et A Thousand Splendid Nights ainsi que de la différence colossale entre deux mondes différents à savoir l’édition francophone et anglophone.

Et pour finir en beauté, je vais vous avouer que je considère la plus belle histoire d’amour celle écrite par le grand, l’unique Gabriel Garcia Marquez à savoir Love In The Time Of Cholera (L’amour aux temps du choléra). Parce qu’en dehors de l’Asie du Sud-Est, je vibre pour Gabriel Garcia Marquez et Jorge Luis Borges.

Et vous, quelles plumes vont vous font vibrer?

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Posted by: Loula la nomade | 5,05, 2008

Merci!

Je la remercie, car la vie est toujours pimentée lorsqu’elle est dans les parages.  Elle me tient en alerte et d’un regard balaie mes craintes ou mes inquiétudes.  Cet enfant entre deux âges, deux mondes, deux frontières possède mon univers et je l’en remercie.

Samedi le 3 mai

Elle s’est levée ignorant le trac ou encore l’utilisant à son avantage.  Elle a souri, a parlé, a établi le  contact avec l’auditoire.  D’une voix confiante, elle a parlé.  J’ignore qui de nous deux avait plus le trac.  Je pouvais écouter mon coeur battre.  Une heure plus tard.  Elle s’est levée calmement et est allée chercher son trophée.

Les mots me manquent.  Je suis gaga devant ma fille et tellement fière d’elle, c’est aussi simple que ça.

Quand je pense  que des enfants seront bientôt privés du droit d’étudier le français en classes d’immersion, je me dis que cette province et son ministre de l’éducation sont mal barrés. Sous prétexte que l’immersion est élitiste (une des nombreuses excuses de bien du monde dans cette province), voilà que nous retombons dans les noirceurs.  Alors que le monde est de plus en plus polyglotte, notre cher ministre de l’éducation a décidé que les élèves anglophones du Nouveau-Brunswick n’apprendront le français qu’à dix ans.  Bref, elle est belle notre politique d’enseignement et en plus on traîne de la patte..  Et parlons pas des ayant-droit (ceux qui ont le droit garanti par la Constitution d’apprendre leur langue maternelle ou celle d’un des deux parents), eux lorsqu’ils sont francophones et habitent Khmiss Batata, ils ont soit le choix de faire 90kms par jour ou .., bein si on se fie à la décision du ministre ce sera, l’assimilation.  Au lieu d’investir dans le futur des enfants en donnant plus de ressources aux enseignants et plus de soutien, on nourrit le préjudice, l’ignorance et on retourne 30 ans en arrière.  Who cares!  Pas notre ministre de l’éducation!   La cerise sur le gâteau?  Aucun représentant du ministère de l’éducation du N.-B. n’était présent samedi pour se rendre compte du travail accompli par les enseignants et des efforts réalisés par les étudiants. Yeah!  Vive le tiers-monde!

Mais, bravo à tous  les jeunes qui ont concouru!

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Posted by: Loula la nomade | 29,04, 2008

Envie folle

Une envie folle d’écrire plusieurs billets sur mes différentes smalas. Ma conscience m’en empêche. Une envie folle de changer de décor, mon état de santé m’en empêche. Une envie folle de tout casser, mon foutu sens de la diplomatie et cette foutue province m’en empêchent. Une envie folle de tout décortiquer, déconstruire à haute voix, toujours la maudite province! Une envie folle de partir en vacances là tout de suite, le sacré boulot m’en empêche. Une envie folle de finir mon histoire, une humilité idiote m’en empêche. Une envie folle de mater les beaux spécimens de la gente masculine, non rien ne m’en empêche surtout après avoir contemplé et admiré le beau Massimo (tut tut longue histoire et classée secret professionnel). Une envie folle d’envoyer balader le petit con qui croit que lorsqu’on est une femme on n’est pas si brillante, mais dès qu’il entend la même idée de la bouche d’un mec il s’écrie: that’s an excellent idea.

Une envie folle de dire à plusieurs que je suis dégoûtée par les conflits d’intérêt qui minent le quotidien, mais je le fais diplomatiquement pour ne pas les ridiculiser devant d’autres. Une envie folle de me départir de ma constante fatigue et retrouver mon enthousiasme d’antan. Une envie folle de me remettre à cuisiner comme avant (merci, Amore de le faire avec autant d’amour et sans faire dans la comptabilité du geste).

Une envie folle de me retrouver avec mes amis longtemps négligés à cause de la course effrénée que je mène. Une envie folle de me débarasser quelques jours de mon éthique professionnelle et juste m’amuser avec mon mec, nos enfants et Jazz. Une envie folle de passer du temps dans le potager et à faire pousser amoureusement fines herbes et légumes, Amore est imbattable côté fleurs alors je me fais toute petite devant son pouce vert. Une envie folle de ne plus avoir à me taper 170kms quotidiennement. Une envie folle de me réveiller, prendre ma douche, boire mon eau chaude et marcher pour aller travailler, je ne désespère pas.. Une envie folle d’acheter le chalet et aller l’installer à quelques mètres d’ici et écouter Amore au lieu de me dire qu’il faudra payer pour l’éducation des petiots.

Une envie folle de vivre et savourer chaque instant, puisque j’ignore de quoi demain sera fait..

Posted by: Loula la nomade | 22,04, 2008

Montréal le printemps

Bien arrivée. Heureuse car Mia est radieuse. Elle est notre roc et le prouve à chaque jour. Elle va beaucoup mieux et son sourire illumine son entourage. Je la retrouve dans quelques heures après le boulot.

Hier, repas au Beijing. Entre les rouleaux printaniers, fusaient les paroles de Daniel Bélanger, d’Aznavour et le match Canadiens vs Bruins était relayé par les commentaires des serveurs qui ont fêté la victoire en ouvrant une bouteille de vin.

La marche fut émouvante, Montréal revivait sous les cris de joie des Montréalais en liesse. Je vibrais intérieurement, Mia recouvre son autonomie de façon merveilleuse. Une pensée particulière à Billy the Kid qui a du composer avec le choc initial, à Farida qui a pris le relais et à ceux et celles qui ont eu la gentillesse et la finesse de prendre des nouvelles de Mia durant cet hiver particulièrement éprouvant. C’est dans de pareilles épreuves que l’on se rend compte de la solidité des liens.

La vie est belle.

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Posted by: Loula la nomade | 19,04, 2008

La vie en direct et en différé

Alerte, vive et un sens de la répartie pas mal unique, je la contemple et par moments je me dis que je ne serai peut-être pas là lorsqu’elle sera devenue neurologue ou je ne sais quoi. Une chose est certaine, elle possède une telle détermination que son pater et moi regardons Scorcese aka Che Guevara (je jure que sa barbe est aussi rousse que celle d’Ernesto) aka notre fiston en nous disant si seulement il pouvait mettre le centième d’efforts. Parce que lui est dans sa phase rebelle post post post punk, qu’il préfère écrire des scenari et faire des films qui ont le mérite d’être bons pour un adolescent de son âge, je me culpabilise de lui parler un peu trop raide. Il ne faut surtout lui dire qu’il doit finir ses sciences. Lui, c’est allez je produis un travail à la hâte et je me contente d’un 85%, hey it’s ok. Du coup, connaissant son penchant pour les monuments, je lui dis bein tu vois tu ne pourras jamais faire architecture si tu ne finis pas tes sciences. Il me regarde avec un air dépité qui veut dire mom you’re so old and dépassée.

Elle, c’est bûcher des heures durant, elle peaufine, elle y met tout son coeur. Lui, avance sur la scène chante sa chanson, se trompe, s’excuse en souriant et en disant “Oh well” et la juge lui sourit car il a un je ne sais quoi de présence qui en impose. Elle chante avec ses tripes et encourage toutes ses amies. Elle est adorable dans sa robe flamenco et j’ai un pincement au coeur lorsqu’elle chante Whatever Loula wants Lola gets. Ils ont récolté chacun 3 argent et un bronze.

Elle reste des heures à pratiquer son piano, lui gratte de la guitare comme si demain n’arrivera jamais. Il décide de passer une audition et emporte un des rôles haut la main et rate ainsi l’équipe de rugby (but, mom & dad, I didn’t know, à d’autres fiston à d’autres..). Elle sillonne (et nous avec quand ce ne sont pas les parents d’amies ou les profs) la région. Elle a décidé que son sujet d’art oratoire serait la Mésopotamie (enfin, tous les sujets ne lui plaisaient pas et elle dit vouloir apprendre et comprendre l’histoire des civilisations et elle a fait un point d’honneur de parler de l’Irak dans sa conclusion) et pendant des jours elle a répété et nous lui avons servi d’auditoire. Puis, elle a décidé qu’elle ne se présenterait qu’à la compétition de langue française. En anglais, son sujet fut la chasse aux sorcières et décide de ne pas se présenter à la compétition. Elle remporte le premier prix de sa catégorie du district scolaire en français et se prépare au concours provincial. Elle est indignée par la bande d’intimidatrices qui veulent faire la loi durant la récréation ou parfois en classe. Nous avons beau lui expliquer qu’elle ferait mieux de les ignorer, elle pleure en disant qu’elle en a marre d’être gentille. Elle est loyale et pense toujours à partager, il bouffe sa part de gâteau et la sienne et s’excuse après. Il passe de longues minutes à se coiffer les cheveux, se parfumer et on ne cesse de lui demander de relever ses pantalons (ciel, un plombier chez nous!). Il a dépassé la phase “mom do not embarass me”, fait qu’il m’embrasse de nouveau en public et aime de son mètre 80 me prendre dans ses bras et dire qu’il m’adore. Il part pour une semaine participer à un concours de musique et les étudiant d’à travers le pays iront à Rideau Hall rencontrer la Gouverneure Générale Michaelle Jean (Fiston, n’oublie pas de remonter tes pantalons que je me répète dans ma petite tête, parce qu’il doit avoir envie de me trucider vu le nombre de fois que je lui sors la phrase)

Elle a des colères sourdes, il laisse tout glisser sur son dos. Elle s’en fait pour tout, il se fiche de tout. Il rêve de cinéma, de révolution et de musique. Elle rêve de neurologie ou de maladies infectueuses (which specialty mom, which specialty?), elle lit Emily Brontë et entame Midsummer Night’s Dream de William Shakespeare. Elle peut passer des journées à lire. Quant à lui, nullement besoin de faire un dessin, sauf qu’il s’améliore vu qu’il travaille ces derniers jours sur la portée des messages subliminaux chez les groupes religieux (me demandez pas pourquoi, je n’y suis pour rien dans cette histoire).

HIer, elle fêtait ses treize ans et n’a demandé que des livres et des partitions de musique et chant comme cadeaux. Lui, était tout doux avec elle et a fini par finir le gâteau ce matin (hédonisme et gourmandise quand tu nous tiens).

Dans un an ou deux, ils auront certainement changé d’avis ou peut-être pas du tout. Juste un seul souhait, pouvoir les voir grandir et s’épanouir.

J’aime particulièrement cette version de La mer de Trenet par Robbie William. Beyond the Sea.  Sur ce, je vous souhaite une agréable fin de semaine et une excellente semaine.  Je passerai la mienne à Montréal.  Mwah :-)

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Posted by: Loula la nomade | 16,04, 2008

En ton honneur, bel homme..

Tu ne comprenais pas toujours pourquoi, mais tu avais le don de respecter la différence. Ton parcours, ton enfance, ta vie adulte, ta vie professionnelle ont fait que tu contemplais la vie autrement. Tu ne supportais pas les idées préconçues et encore moins celles qui creusaient des fossés entre les humains. Tu avais l’âme bohème, celle d’un artiste et ton flair pour l’innovation était sans pareil. Il y a ce rêve que je fais souvent. Je vais à ta rencontre dans la ville ocre. Il y a le vieux pont avant Marrakesh. Je tente de le traverser, mais il y a une immense lézarde au milieu. Je décide d’emprunter le ravin. Le lit de la rivière est presque sec et lorsque je l’approche, l’eau arrive en trombe. Je m’en fous, je garde mes beaux escarpins plats et décide que je dois absolument atteindre l’autre rive. Ton sourire me guide et je ne dois pas manquer notre rendez-vous. J’ai quinze ans et tu m’as promis que les jaracondas seraient en fleurs. Je réussis à rejoindre la rive et marche longtemps avant d’atteindre la palmeraie. Tu es là, tu m’attends. Tu remarques mes escarpins et tu dis: ″Ne t’en fais pas, ce ne sont pas les escarpins qui manquent, tu choisiras la plus belle paire demain.″

C’est un rêve qui me visite depuis bien longtemps. Du temps où tu habitais la palmeraie. La semaine prochaine, j’irai te visiter dans ta nouvelle demeure. Tu ne me parleras pas. Il n’y aura pas de baisers et encore moins ta main douce sur la mienne, ni ton rire irrésistible. Il y aura une plaque de marbre avec ton nom. Mais je sais que tu m’entoureras de ton amour comme tu l’as toujours fait. Et je te ferai écouter cette chanson que tu as fini par aimer parce que tu disais: ″En l’écoutant, j’arrive à comprendre ce qui se passe dans cet ouragan qui meuble ta tête, ma fille, mon petit être chéri″

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On passe sa vie à courir. On prend sur nous, on se dit qu’on aura le temps plus tard de se reposer. On court, on court. On s’arrête par moments, mais on finit par reprendre la course. On fait dans le marathon alors que la vie devrait être une marche dans les bois, sur les dunes, ou au bord de l’eau. On s’entête et c’est reparti! On croit que notre mission est d’être toujours présent, pas sur tous les fronts, mais être présent. On se croit éternel ou plutôt surhumain. On oublie que le corps fatigue. On l’a tellement rodé ce corps, qu’il nous suit la plupart du temps sans trop rechigner.

Chacun de nous y va de sa vision du monde. Je ferme les yeux et me mets à fredonner While My Guitar Gently SWeeps.

Je lui dis que plus j’y pense plus j’ai envie de prendre une pause. Ne rien faire. Il me demande si je veux vivre avec des dizaines de milliers de tomates en moins. Je lui réponds que nous avons déjà été des étudiants pauvres, un jeune couple pauvre et de jeunes parents pauvres selon nos critères d’aujourd’hui. J’en viens à regretter de ne pas l’avoir assez encouragé à aller au Pérou ou encore à accepter l’offre du Caire ou de lui dire tout simplement que vu que nous avons essayé la vie corporative pourquoi ne pas essayer la vie tout court. J’en viens à me demander si tout cela vaut la peine. La baraque confort souvent désertée, les escapades dont on rêve, mais qu’on ne peut prendre parce qu’il y a toujours une réunion, un voyage, une mission.

Puis, le temps passe. Telle l’eau, il nous file entre les doigts. Les enfants grandissent et on en vient à regretter ces années où ils nous suivaient partout. On en revient à regretter leurs questionnements et jusqu’à leurs crises de pleurs. Le temps vogue vers une autre dimension et l’on se dit que la traversée ne pourrait qu’être belle.

Posted by: Loula la nomade | 7,04, 2008

Humeur du jour

Autour de moi, il n’y a que maladie et mort.

Posted by: Loula la nomade | 6,04, 2008

Cuba: aux dernières nouvelles..

Un brin de changement à Cuba. En premier, un memorandum qui annonçait que les Cubains pourraient enfin acheter au pays même lecteurs DVD, puis l’annonce sur les téléphones cellulaires. Par le passé, seuls les étrangers pouvaient acheter des cellulaires et des lignes téléphoniques, la plupart du temps, le téléphone reste avec la personne que nous employons ou que nous connaissons et cela s’avère vital car les lignes téléphoniques normales ne peuvent installées partout à travers le pays. Les frais sont chers et payables en CUC (peso convertible). Et hier, on annonçait que les Cubains pouront enfin êtres hébergés dans les hotels. Auparavant, les Cubains n’avaient pas le droit d’y passer la nuit. La question est de savoir si les Cubains pourront payer en peso et non en CUC car ils n’ont pas tous en leur possession des pesos convertibles. Cuba change lentement, mais le changement y est palpable. De Novembre où l’on pouvait sentir une certaine crispation, la seule fois où j’ai ressenti une sorte de malaise c’était à la douane et je n’avais strictement rien à cacher et étais en possession d’une liste approuvée par le gouvernement cubain. Mais, comme tous les douaniers du monde, ceux de Cuba font parfois dans l’excès de zèle, on ne peut donc reprocher à quelqu’un de faire son boulot surtout quand les subtilités linguistiques peuvent constituer un obstacle.

Dans les magasins à souvenirs, les portraits d’Ernest Hemingway (sur cartes postales, affiches, T-Shirts) commencent à faire concurrence à ceux d’Ernesto Guevara. Se préparerait-on à dire bienvenue aux Etats-Uniens si leur gouvernement pouvait changer d’avis. Car l’embargo s’il est appliqué à certains domaines ne vise pas les produits agricoles et agro-alimentaires. Les Cubains des US of A sont, eux, privés de visites libres à Cuba. Une visite tous les trois ans, tant pis donc pour ceux qui perdent un parent ou encore ceux qui “s’amusent” à y aller en empruntant une voie aérienne via le Mexique et qui ont le malheur de dire qu’ils y ont séjourné ( à Cuba), car Big Brother veille et les interrogatoires peuvent durer des heures. Qu’à cela ne tienne, Cuba se prépare à construire plus d’une trentaine de complexes balnéaires.

J’ai toujours visité ce magnifique pays dans le cadre du travail et cette année, je veux y aller en vacances, que voulez-vous j’aime ce pays et ses habitants. Si seulement ma fille acceptait d’ y aller L’irréductible refuse de me dire le motif de son refus catégorique. Si vous avez des conseils du genre : comment “menacer votre fille de vous suivre en vacances, please leave a comment :-) , ceux qui comme elle préfère la Toscane ou la France, do not overdo it car je veux passer mes vacances à Cuba :-) .

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Posted by: Loula la nomade | 1,04, 2008

Au-delà du dôme III

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Les Anciens se refusaient à nous expliquer pourquoi la dispute avait éclaté. Ils se contentaient de répéter: “Malheureusement, le camp adverse pensait autrement; il en voulait à notre intégrité.” Quiconque menaçait notre intégrité était un ennemi et quiconque remettait en question cette explication un traître.

Nous avions grandi avec ce mélange de crainte envers la pensée subversive et de méfiance envers l’Autre, notre frère. Inutile de nous hasarder dans les labyrinthes de la pensée importée, les grandes pancartes et les discours nous rappelaient que nous étions victimes de la cupidité du camp adverse.

Seul le fou du Dôme disait autrement. Certes, disait-il ils ne se sont pas mis d’accord, mais cela valait-il la peine d’alerter les autres Dômes? Les Dômes, hier frères de sang, s’entredéchiraient pour deux oasis. Il avaient tous fait le chemin un peu plus au sud. Ils avaient été invités par le sage devenu premier président de son pays. Ce sage, socialiste par ailleurs, voulait garder de bonnes relations tant avec le Dôme de l’Aigle qu’avec les autres forces qui volaient sur le ciel de cette grande étendue tels des oiseaux de proie. Hôte, il avait invité le Ras Tafari à faire l’arbitre dans une de ces innombrables joutes que connurent les Dômes une fois l’Empire “parti”.

Le représentant du frère avait comme défendeur le Rayess de la cause pandôme qui rêvait de voir une seule terre de l’est à l’ouest; l’Orateur: avocat bouillonnant rendu président et ayant décidé de devenir communiste. Ces derniers soutenaient le frère qui répétait à qui voulait bien l’entendre que notre Dôme allait évacuer les deux oasis ce que nous niions avec force.

Le Conseil du Dôme décida de couper tout lien diplomatique avec les pays du Rayess et du Lion. S’ensuivirent quelques bombardements, puis plus rien.

Bien entendu, nous continuions à importer du Dôme de l’Orateur. Ce dernier avait, avec son Conseil, une vision sur ce que la solidarité devait être. Bien que des mouvements continuaient de combattre l’Empire il se devait de différencier entre les mouvements de libération dits de confiance et les clowns. Il basait son support sur la reconnaissance internationale de ces mouvements de libération avec pour vision une similaire à la sienne et que ces derniers reconnaissent le leadership de son Dôme.

Pourquoi? Demandions-nous au fou.

Le fou nous expliquait que les rapports ne furent pas toujours difficiles. Qu’il y eut une période où nous entretenions de cordiales relations et ce même au début du blocus de l’Empire voisin de l’Orateur. Mais, nous avions, selon ce dernier, envahi les dunes de sable, plus impardonnable nous nous étions portés volontaires, en répondant à un tyran , en allant camper nos effectifs militaires aux côtés des armées de l’Empire à Shaba (Katanga) combattre des exilés qui avaient le soutien de l’Orateur. Le fou se hâtait de nous dire que si l’Orateur avait jugé bon de donner son soutien, son compagnon de route, aujourd’hui disparu ,ne donnait pas cher de la vision de ces exilés.

Chaque fois que nous écoutions le fou, nous revenions déboussolés. La politique et les guerres étaient et demeuraient des jeux de pouvoir opaques que nous craignions. Nous nous quittions en nous promettant de ne pas jouer à la guerre comme les grands.

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