Il n’y a que ce grand monsieur, Orson Wells et Woody Allem qui m’émeuvent. Je repasse ce petit bijou comme pour exorciser cette folie qui nous guette.
chaplin discours ds “the great dictator”
envoyé par discodisc
Je sais, je suis égoiste comme pas une. Une vraie racaille:-), je faisais le ménage dans mes archives et je tombe sur ceci. C’est un mélange fiction réalité. En fait, le seul texte coupé en deux qui ait du vrai. Bref, c’était il y a une vie et heureusement que j’ai eu le réflexe de ne pas suivre. Il m’aura fallu des années avant de découvrir bien amèrement que même sous des visages angéliques BCBG se cachent parfois les pires des désillusions. J’ai aussi appris que mon prénom avait été gravé sur une arme., ce qui fut pour moi le plus cinglant des réveils. Bref, ce ne sont point des confidences, je hais les confidences et les fleurs bleues. J’ai fait mon apprentissage à la dure en cassant la rocaille qui m’enveloppait et j’en ai marre de cette bienveillance complice qui trouve tjrs des excuses. Surtout pas de questions d’ordre privé, cela fait longtemps que je n’y réponds plus surtout concernant ce chapitre.
Ce soir me revient le goût de me réconcilier avec ou divorcer de mes passés amoureux. J’ai envie de les conjuguer au présent. Impact. Et si le sang n’était qu’encre? Et si les mots n’étaient que cendres? Et si l’étreinte n’était qu’illusion? L’illusion un paradis? Ce même paradis un pays? Seulement, le paradis n’est point au bout du chemin. Il est ici prêt à être conjugué et vécu au présent. Je sais que mon pays n’est qu’une terre morcelée. Mon continent, un monde à la dérive. Une dérive faite de tabous, d’images truquées, de préjudices. Mais, je suis là toujours avide de danser au rythme de ses musiques.
Ce soir, je suis sur la Main. Tu es là aussi, absent durant le dernier repas. Entre deux gorgées, tu élabores ton plan. Du même coup, tu effaces l’histoire commune. Tu rejoindras le maquis et bien entendu tu donneras des nouvelles de temps en temps. In vino veritas et le vin n’a plus aucun effet sur moi alors que tu t’enivres déjà du mythe. Je suis là à nous demander si nous sommes. Tu as un halo de pseudo pureté et je deviens tout à coup démoniaque. Je serai Lilith à tout jamais et me chasserai de ton jardin d’Eden. Nous rentrons et tu vérifies si ton passeport est crédible. Tu refais le tour de ce qui fut notre univers. Tentant de ne rien oublier, d’emporter avec toi ce qui te ramènerait vers moi, dis-tu, à chaque caresse. Tu es déjà loin. Tétanisée, j’assiste à ton suicide, à notre mort. J’avorte ce qui aurait pu être. Je saigne les faux espoirs. La raison curette l’œuf de nos ultimes baisers. Tu veux communier une dernière fois avant le martyre et pour la première fois je ris. Ma voix prend enfin un sens, de la résonance. Elle emplit la pièce, les lieux et jusqu’à ta tête que tu essaies de protéger. Ton regard est vague, le mien bouillant. Ton corps tend vers moi, mais je ne suis plus là. Je ne pleure plus comme à chaque dispute, je ne me leurre plus. Je sais qu’en quittant le seuil de ce présent, je serai passé, alors à quoi bon ? Tu parles de foi, de mission et de contrat. Tu parles de camps, d’armes et d’anéantir les subversions.
Ce soir, je nous répudie, je me divorce pour mieux te laisser aller vers ta sépulture. Tu me regardes et tu réalises que je suis devenue ta pire ennemie. Je suis la sonde de tes tourments, de tes errances, de tes fantasmes.
Communion ? Ce soir, je vais me perdre dans les yeux d’autres au-delà de toi et de tes armes chimériques. Hors de nos conceptions. Je sors et j’erre dans cette ville mal aimée, mal caressée et trop fardée à mon goût. J’erre pour te perdre, pour me démarquer de ta fuite insensée. De bouches en cœurs. De peau en parchemins. De sensations en frissons. Je te retrouve, tu m’échappes. Je me retrouve pour enfin te perdre. Je flotte enfin hors de toi, hors de nous. Exit l’œuf. Il pleut sur le présent les semences de perdition. Halte ! Je crève la bulle. Nous mourons. Comme un ouragan, je t’avorte et saignent une fois de plus mes illusions.
Je m’assois sous un tilleul et j’attends que le soleil revienne.
-Quand tu auras fais le tour de l’imaginaire, envoie-moi une carte postale et décris-moi les couleurs.
-Lorsque j’aurai fait le tour de l’imaginaire si un jour j’y parvenais, je ne pourrai te le décrire puisque ce dernier est infini.
-Lorsque tu auras serpenté les sentiers rocailleux, tu me raconteras le clapotis de la source et la végétation verdoyante.
-Si un jour, je revenais du maquis, je te prendrais par la main et te ramènerais dans la montagne.
-Un soir lorsque ta quête tirera à sa fin, pense à cueillir un bouquet de pensées. Tu les offriras au vent qui les transportera à quelqu’un d’autre que moi.
Jimmy m’écoute, me love tout contre lui et me dit :
- Il ne faut jamais croire que le premier amour est le dernier. Il n’est que les premiers pas dans un sentier fleuri qu’il nous faudra apprendre à entretenir. Ex nihilo nihil.
+++
Une ruelle, perdue dans le quartier de l’oubli. Sous le seul lampadaire, viennent se rencontrer les nostalgiques avant de disparaître dans l’obscurité de la nuit. La rue est sans cesse balayée par les vents. Les sables amnésiques viennent la recouvrir à chaque fois que gronde l’oubli. Les gens du quartier l’ont surnommée ainsi à cause des souvenirs ensevelis sous les attaques répétées des vents temporels. L’oubli n’est pas une faculté donnée a tous. Certains reviennent le soir guetter les fantômes de leurs jours heureux. La nostalgie n’est jamais difficile a reconnaître. Maladroitement, cette dernière tente de cacher son désarroi qui la ronge et la nourrit. Un air de dignité sur un fond de tristesse résignée.Il n’est pas un jour où ne viennent des êtres à la recherche du bonheur égaré et luttant contres les vents de l’intolérence, ils s’affairent à reconstruire le temps d’un regard des châteaux de poussière. Ils restent là des heures durant à observer, le regard mort, cette rue pourtant bien ordinaire.
Et lorsque passe un sourire, ils ne manquent pas de verser une larme. Le sol de la rue regorge de rivières nommées amertume, de sources maquillées d’amour. Et les marées n’en finissent pas de balayer ces demeures luttant contre les omissions de l’existence.A la recherche d’un signe auquel je pouvais m’accrocher, j’ai élu demeure dans cette impasse. Depuis, je survole leurs souvenirs. J’ai vécu les histoires des autres, vu leurs songes, leurs larmes sont devenues miennes. Semblable à ces murs dont la peinture s’écaille au rythme des saisons. Algues sur parois humides. Ici, nous n’avons pas de noms. Personne ne nous adresse. Et lorsque quelqu’un nous fait don de ses souvenirs nous l’intégrons tout simplement. Je ne veux plus me souvenir du mien. A quoi bon après tout, puisque je vis au milieu de temples en ruines et de déités déchues.Vivre sans amarres me paraissait bien plus douloureux.Ailleurs, les arbres ploient sous le poids de leur parure. Le manteau blanc recouvre le sol. Une jeune femme me prête son regard. Pour elle, je m’amuse à dessiner sur la neige immaculée mots et signes venus de loin. Bientôt, il sera minuit. L’heure de toutes les folies, de tous les interdits. Elle dévalera la ruelle en imitant l’envol de l’aigle et son cri brisera le silence bleu. Elle semblera hésiter et pensera que tout ceci relève de l’onirique, qu’elle ne voudra plus rêver. Elle dira qu’elle est lasse de survoler les mêmes tours, les mêmes regards, les mêmes murs. Elle aura juste envie d’envoyer balader tout ça. Il est minuit et les âmes se terrent. A travers les persiennes de leurs coeurs emmitouflées, les êtres jugent. Elle dit que la vie est une sorte de théâtre à ciel ouvert où l’improvisation est de rigueur. Que nous sommes semblables à ces roches que les incessants fracas du temps finissent par éroder. Que ce serait puéril que de résister à la flamme qui brûle en soi. Le bonheur élude ceux qui le recherchent ardemment. Elle me prête ses mots et m’investit à son tour. Les zones de grisailles’estompent et au loin scintille une étincelle. L’horizon des uns fait le malheur des autres semble me dire son regard. Sur cette grande piste qu’est notre éphémère passage, les corps s’attisent, les esprits dansent. Ce qu’on pensait hier être unique est aujourd’hui insipide. La dague qui, aujourd’hui, lacère nos chairs ne sera qu’un léger frémissement demain. L’on pense avec tort ou avec raison que rien ne se défait et encore moins puisse être refait. Elle me parle du titan tapi en elle qui excise ses moindres fantasmes. Elle est enfant du vent que nul n’arrivait à maîtriser et encore moins emprisonner. J’aurais voulu être elle. Etre ce sud, ce nord, cet est et cet ouest qui ferait claquer les persiennes closes.Radeaux tissés de rêves, nous traversons l’océan qu’est devenu l’impasse de l’oubli. Bientôt, la tempête se lèvera, mais qu’importe il y a si longtemps que nous avons cessé d’exister.
Ils sont là à me dévisager. Certains me sourient et leurs lèvres ouvertes dévoilent des dents immaculées… des requins ils attendent la saignée pour mieux déchiqueter mon âme en lambeaux. Pourtant, je n’essaie pas de m’échapper gardant encore cet absurde espoir que tu puisses faire partie de la meute… qu’un regard te dévoile à moi.. Que cesse ma quête. Impossible. Je t’imagine, ils me musèlent, je tends vers toi, ils m’emprisonnent. Mais aucune des prisons ne pourrait t’éloigner de mes pensées, tu es ma liberté que je chanterai comme un cri de guerre contre la horde des aveuglés, certains ne doutant jamais de rien, chevauchant les steppes désertiques de leurs petites vies rangées, ordonnées, leurs sabots soulevant la poussière qui retombe après un envol forcé. Ils me tenaillent de leurs petites certitudes nauséabondes qu’ils aiment à clamer lorsque le silence se fait d’or. Ils violent, déchirent la paix, réduisent en miettes la tranquilité. Fais-les taire ces voix croassantes qui n’en finissent pas d’enlaidir le doux parcours que pourrait être la vie. Ecartelée, ligotée de barbelé. Tilelli, manifeste-toi, je les vois s’approcher, leurs dagues brillantes prêts à m’offrir en holocauste, mais je ne suis point colombe. Je suis la honte qui leur monte au nez. Le sacrifice rituel, on m’a brûlée mais aucun feu ne saurait me marquer au fer rouge. Leurs incantations nasillardes déchirent la nuit bleue.
-Exorcisons-la. Vocifère le freluquet endimanché dans son habit blanc.
Faîtes de moi un mur que les enfants barbouilleront de leurs graffitis. Vous tenterez de tuer chacune de leur initiative. Chaux blanche par dessus rimes innocentes. Tuez-moi et je serai maison abritant ceux que vous désirez anéantir.
L’être à tout faire, choisi pour la fonction a les traits fatigué d’avoir trop mutilé. Hagard, il m’empoigne la main tout d’un coup miniscule dans la sienne. L’étau se reserre, ses ongles sous les miens.
-Extirpons le mal, mieux, effaçons jusqu’à son souvenir! Gueule le minus investi de fonction pseudo divine. Mais avant, je veux écouter cette catin! Nous connaissons la sentence aussi prendrons-nous, nous assemblée pure, le temps d’écouter ses aveux, ton salut, Loula ne peut se gagner que par le sang.
Il recommence sa litanie, me crache ses mots puants, la pièce s’emplit d’effluves ordurières. Les autres l’écoutent avec crainte et admiration. Ce sont les nouveaux disciples, les centumvir, prêts à gagner leur arpent de paradis.
Je ne me sens plus, les voix sont lointaines. Je n’aperçois que leurs antennes de cérambycidés. Le minus se transforme en céraste, quelques boucles sur son front dégarni, deux cornes, ses yeux miniscules… tout en lui rappelle le serpent venimeux. Ses mains tentacules hypnotisent ses subalternes. Des mots incompréhensibles éruptent de sa gueule, un petit potentat de plus.
Le cerbère m’emprisonne toujours la main.
Mes pensées te rejoignent, liberté, sur cette île imaginaire. Aveuglée, je tatonne, mes mains tendues à ta recherche. Mais l’océan de la bêtise me happe déjà. La morsure vénimeuse. Le poison qui court dans mes veines. Un autre dessein, une vie prochaine.




L’ovation debout !
Par marsha le 17,04, 2007
à 3:03
Très émouvant comme tu dis
Ah charlie chaplin c’est un précuresseur ce Monsieuren plus du “dicateur” j’adore son film “les temps modernes” !
Have a nice day lalla ENJOY & MWAH
Par une marocaine le 17,04, 2007
à 8:56
“ce soir je suis sur la main”
généreuse Loula….
Par kb le 17,04, 2007
à 9:33
Thank you for your generosity,
Mwah
Par Loula la nomade le 17,04, 2007
à 6:53