Publié par : Loula la nomade | 1 mai 2007

Histoires de femme I

You asked me once if I could define myself in a sentence. I thought about it and then where to find the words that could be used?
Row, row your boat roughly down your soul. If there is one sentence that could define me, this would be it.
The need to release the sounds in my head became urgent. No, I am not an exhibitionist; I am simply seeking the company of words. Words, mine at least are without make-up. Without structure, they belong to no framework, no prerogative they are simply mine. Certain people think of me as rebellious and pretentious. Perceptions are so hard to break. They’re made of prejudice, intolerance. They obey to bias. It’s has been a while that I’ve decided not to answer this kind of violence.
Nevertheless, my friend, your voice reassures me and your remarks are like a sun shine in a gloomy day.
I am a nomad from the south, the east, the west and the north. My identity is not one but many. I carry many stories, many laughs and sometimes sorrow.
J’ai pensé à ce qui pourrait englober le tout. Ma vie pour une seule phrase, quelques mots tout aussi incisifs les uns que les autres qui serviraient de bistouri, de points de suture et pourquoi pas de pansement. Nordique, je suis devenue à force de courir pour échapper aux chimères. Du coup, je me suis débarrassée lentement de ma peau, de mon identité, de mon incohérence de métèque, de ma peau de judéo-musulmane. J’ai tenté de m’habiller de moules qui ne me convenaient guère. J’ai fait éclater les grottes qui n’ont donné que gravats alors que je cherchais l’émeraude à l’oeil de tigre. J’ai tout remis en question. La sainte famiglia, la sacro sainte pudeur, l’intouchable honneur. J’en avais hâte d’en finir avec les innombrables voiles qui ne faisaient qu’alourdir le quotidien, qui sclérosaient toute tentative d’innovation. J’avais mal, mal en moi, mal en ma terre, mal en mes racines. Du coup, j’ai effacé tantôt à coups de canif tantôt à coup de pinceau la grisaille de cette humanité qui tardait de devenir. J’étais devenue aigre. Et ce n’était pas pour rien que mon premier exil fut volontairement intérieur. Je me coupais d’eux, de leur vérité qui sonnait creux à mes yeux. Je ne voulais plus être des leurs. Mon premier exil fut fait de cacophonie, de silences lourds, mais j’étais enfin seule. Seule pour être enfin. Le devenir viendra plus tard entre la nostalgie de la terre que je retrouvais dans les bras de l’homme aux innombrables visages. Je me foutais bien de savoir qui il était en autant que je pouvais encore une fois humer le parfum de la terre lors des premières pluies. Vint l’exil, celui des catimini, du non dit, de l’impalpable irréparable, le point de non retour, mon refus de clamer leur bravoure. Les persiennes closes, celles des coeurs, celles de la raison dictée par d’autres raisons. J’ai fait mes bagages, fatiguée de les voir noircir la grisaille. Mais restait la terre, source de ma nostalgie et de ma mélancolie. Quand la terre gronde, je l’imagine m’appeler. Depuis, j’erre entre les lignes, entre les bombes de mon impatience, entre les tirs de ma conscience, les déflagrations de mes insouciances, les éruptions de mes passions. Je barbouille les murs meurtris du temps et me recompose avec l’illusion de l’errante. L’an prochain, l’an prochain et je continue avec mes espoirs accrochés à mes jambes. Orpheline de l’espace, je demande adoption à la terre et je continue mes errances à défaut de plonger dans la survie à outrance.


Réponses

  1. Magnifique portrait d’une femme qui sort à coup sûr de l’ordinaire… Heureux de constater que je ne suis pas seul à trouver dans l’errance la vraie liberté! Merci…

  2. Beau texte, dur peut-être mais qui se termine sur un extraodrinnaire appel à la vie : “je demande adoption à la tere et je continue mes errances”!

    Je ne peux dire comme pierre-léon que l’errance mène à la vraie liberté mais elle doit sûrement donner plus de bonheur que le regard vers le passé ou que l’admiration béate de son propre nombril!

    Une certitude : la femme que tu décris vit pleinement sa vie!
    ta vie

  3. C’est bien Loula: le vent souffle dans ta poitrine.
    Toujours aussi impatiente et attentive.
    Tout de bon à toi

  4. Je te dis chapeau bas pour avoir conquis ta liberté ce n’est jamais chose aisée.
    J’ai bp aimé ta dernière phrase : “je continue mes errances à défaut de plonger dans la survie à outrance”

  5. très beau texte loula, histoire d’un parcours, histoire d’une quête … mais déjà quand on sait que l’objet de notre quête est au fond de nous même, un bon bout du chemin est parcourus

    j’aime tes texte, j’aime le fait qu’il soient décousus, car ils me permettent de mieux m’y évader de mieux me les approprier de mieux m’y retrouver

    Mwah

  6. Tout doucement, voir inconsciemment peut-être, tu t’approches de … l’éternité, et de ta sérénité…!
    Toi, tu n’auras jamais besoin de te faire “analyser”…:)
    Grosses bises.
    CS
    (le film que je prépare parle qque part de celà…)

  7. Salut Loula,
    C’était beau :
    Peut-être si plus de personnes s’ouvraient à leur voix intérieure, il y aurait un peu moins de besoin de psy, drogues & alcohol.
    Le monde est bruyant & brouille cette voix. Il faut comme Loula, s’écouter de temps en temps et revenir au calme.
    Mwah & à bientôt,

  8. C’est tout simplement magnifique. Je t’embrasse très fort.

  9. C’est le genre de choses que j’aimerais bien faire. Se débarrasser de moi. Errer « seul pour être enfin ». Ne pas être du temps. Ne pas être des mêmes gens. Un instant, un instant seulement. La survie c’est épuisant, c’est crevant.
    salut la nomade.

  10. Bonjour les amis,

    Ouf, c’est fini:-) il est 18hes et j’ai enfin envoyé le projet. Je respire. Je vous reviens demain soir ou dimanche matin, promis.
    Merci de passer, de vous attarder et de partager. Merci de tant de gentillesse et de sensibilité.
    Même Patxi, mon héros est passé dire bonjour.
    Love you guys and girls, thanks a million and have a wonderful evening, moi je m’en vais de ce pas embrasser mes enfants et mon mec. Et déguster une bonne Stella Artois bien froide. Kenza, es-tu dans les parages? Si oui, bip bip me in an hour and I will bip back.
    Mwah
    Mwah

  11. wawww Loula la nomade est de retour.
    heureux loula que t’es de retour. c’est même la suele bonne nouvelle du jour.

  12. Welcome back :)
    Mouahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh


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